Beaucoup de bruit pour rien

Posté par kahasane le 16 mai 2014

 

Je fais partie de ces gens qui ont beaucoup applaudi la nouvelle administration du Ministère de l’Education et leurs actions,

Je fais partie des gens qui ont pensé que tout était mieux que ces défaillances qui prévalaient depuis quelques temps, tout sauf l’immobilisme du précédent Ministre, bref j’étais euphorique.

Je fais partie de ces gens qui pensaient que la venue d’une nouvelle équipe  vigoureuse, audacieuses, bousculant un peu les vieilles habitudes allait sauver ce ministère,

J’ai fait partie, je l’avoue, de leurs fervents défenseurs ;

J’ai fait partie de ces gens qui ont applaudi certaines mesure phares, le licenciement de ceux qui ont abandonné leur poste, le débusquage de ceux qui pendant des années, s’occupaient de leurs divers commerces, tout en restant salariés, les descentes fracassantes dans certaines écoles devenues des zones de non-droit.

J’ai fait partie de ceux qui ont applaudi certaines actions non déontologiques, conformes à aucune loi, ni texte, je fais partie de ceux qui ont accepté le non-droit pour la bonne cause,

J’ai fait partie de ceux qui ont cru aux discours enflammés, je fais partie de ceux qui ont cru y voir  de la passion, une envie de remettre sur pied une institution chancelante.

Je fais partie de ces gens qui ont applaudi quand on s’est posé des questions sur l’utilisation des fonds de l’ACSES, c’est vrai, je n’accuse personne mais cette opacité n’était pas souhaitable.

J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas très heureux des nominations, mais qui ont tempéré leur déception, en se disant pourquoi pas, si les technocrates éclairés ont laissé cet héritage, pourquoi ne pas donner leur chance à d’autres, moins brillants, moins expérimentés, mais insufflant du sang neuf à cette institution moribonde ;

Je fais partie de ces gens qui ont attendu, pensant que tout ce tintamarre dont tous les djiboutiens se gargarisaient, allait être suivi de quelque chose de plus durable.

Je fais partie de ceux qui ont donc attendu en vain, et qui comme la sœur Anne dans le conte de Barbe-bleu ne voient rien venir à l’horizon.

Je fais partie de ceux qui pensent que la cohérence de la politique éducative qui était déjà mal en point, a fini par se perdre dans les méandres d’un ministère déboussolé, en emportant avec elle, l’efficacité et la continuité , et ce sur  l’ensemble du pays.

Je fais partie de ces gens qui ont compris un peu, tard, je l’avoue, il arrive que notre bon sens se mette en veille,  je reconnais mes torts.

Je fais partie de ces gens qui auraient voulu entendre une seule fois quelqu’un s’inquiéter de l’encadrement des enseignants, de la qualité des enseignements et des manuels scolaires. La qualité de l’enseignant est la chose la plus importante dans le système éducatif ; elle a un impact sur les performances des élèves, et au final, tous nos efforts ne devraient  tendre que vers ce résultat.

Je fais partie de ces gens qui pensent que les résultats scolaires qui baissent, chaque baccalauréat et chaque BEF nous montrent le niveau catastrophique de nos élèves devraient nous alerter sur l’efficacité pédagogique des enseignements fournis, la manière dont ils sont fournis, et tous nos efforts devraient tendre vers le redressement de cette situation et rien d’autre.

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on devrait engager la réflexion autour de ce thème. Il faut se dire la vérité, aujourd’hui un jeune bachelier, ne parle pas français,  et malheureusement aucune autre langue, ils ont du mal à produire une phrase correcte dans leur langue d’instruction, d’ailleurs, c’est bien que la francophonie n’ait pas été célébrée, le français, nous ne le parlons plus. Le bachelier djiboutien a du mal à écrire aussi, il n’a pas de culture générale, pas de notions d’histoire, ni de géographie.

Je fais partie de ces gens qui se demandent où s’inscrit donc la lutte contre l’échec scolaire. Ceux qui ont de l’argent ont fui l’école publique, les autres ont trouvé des solutions à mi-chemin, bourrant leurs enfants dans les écoles de soutien. Les établissements publics qu’on fuit et les privés vers lesquels on se rue ont les mêmes enseignants, il est temps peut-être de se poser des questions.

 

Je fais partie de ces gens qui pensent que   l’essentiel devrait résider  dans l’amélioration des programmes, des collèges et lycées tournés vers la création d’un environnement propice à l’épanouissement  de leurs élèves et travaillant en parfaite harmonie avec les équipes pédagogiques (ce n’est pas un rêve). Ce ne sont pas que des mots mais des choses réalisables. Beaucoup d’enseignants sont encore le maillon faible de l’éducation, un groupe de gens qu’il faut reprendre en main et tout le monde s’entend sur cela (inspecteurs, conseillers pédagogiques et chefs d’établissements). Leur absentéisme chronique, leur manque de sérieux et d’implication et leur peu de rendement sont les éléments qui tirent tout le système vers le bas. Et toutes les descentes fracassantes,  n’ont pas servi à juguler ce phénomène.

Je fais partie de ces gens qui croient que les membres d’une  haute administration devraient prendre le temps de s’asseoir, on ne dirige pas un tel ministère débout, avec des actions au lance pierre qui n’ont que le temps de naître et de mourir sans qu’on ait pu mesurer leur impact.

Je fais partie de ces gens qui ne s’y retrouvent plus dans  ce bouleversement de hiérarchie, dans  ce télescopage des tâches, dans cette anarchie ambiante, je fais partie de ces gens qui cherchent encore des notes de service, de procès-verbaux, de rapports, du courrier, et qui sont un peu perdus dans cette oralité où tout se fait par des coups de fil.

Je fais partie de ces gens qui pensent que le service du personnel chargé de la gestion du personnel devrait s’occuper du personnel, c’est vrai, j’ai parlé plus haut des enseignants mais dans ce groupe, il y a des bons enseignants, ils ont baissé les bras : Dans les collèges et les lycées, la seule punition à laquelle fait face un enseignant laxiste et absentéiste est de se faire muter dans un autre collège où il va ruiner les perspectives de centaines d’autres élèves ou il se verra décharger des classes d’examen. Et c’est le sérieux qui se retrouva surchargé de travail, à sa place.  Les promotions farfelues, faites sur des raisons qu’il ne me parait pas utile d’étaler ici, ont aussi réduit à néant les perspectives d’avenir de beaucoup de gens.

Je fais partie ces gens, toujours optimiste, qui essaient de chercher les quelques bonnes mesures comme une aiguille dans une botte de foin, et qui ont du mal à en trouver, et même s’il y en a eu, comme les évaluations des établissements scolaires, mais qui savent que ces évaluations ne seront utiles que si elles sont exploitées et dans la plus grande équité,

Je fais partie de ces gens qui pensaient qu’il y aurait une réflexion autour de  l’orientation des élèves, que ce ne serait pas juste des services fantômes qu’on ne voit que sur le papier

Je fais partie de ces gens qui voient toujours autant de professeurs dans autant de cours de soutien, délaissant ainsi le travail pour lequel ils sont payés.

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Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on ne devrait pas abandonner les établissements  privés à leur propre sort car une grande partie de nos concitoyens envoient leurs enfants dans des établissements dont personne n’a vraiment le contrôle,

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on  a fait beaucoup de bruit pour rien pour paraphraser Shakespeare, et qu’on n’a réussi qu’à accumuler ressentiment, rancœur, et rages au sein du ministère, que les rares personnes qui avaient un certain amour pour ce métier sont entrain de baisser les bras et regardent  cette vénérable institution qui d’ailleurs commence elle-même à se demander ce qu’elle a bien faire pour mériter autant de calamités, en si peu de temps

Je fais partie de ces gens qui pensent que toutes ces gesticulations ne sont qu’une manière de cacher un profond désarroi, face à l’ampleur de la tâche, ce qui d’ailleurs ne trompe personne.

Je fais partie de ces gens  qui pensaient que nos hauts responsables partageaient cette vision de l’éducation comme tremplin  au développement humain, ces errements constants sont un frein à ce développement.

Je fais partie de ces gens qui se demandent où est passé la stabilité des équipes pédagogiques et éducatives, équipes pédagogiques au-dessus desquelles  est apparemment suspendue une épée de Damoclès dont la seule utilité jusqu’à présent est qu’elle a gelé toute activité chez ces gens, qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés,

Je fais partie de ces gens qui pensent que ce n’est pas en papillonnant d’établissement en établissement qu’on peut faire avancer les choses mais en restant dans son bureau et en exigeant des rapports sur les activités de chacun, chef d’établissement, CP, inspecteurs, chefs de service, etc. La mobilité n’est pas une qualité chez une équipe dirigeante. Je fais partie de ces gens qui pensent qu’il y a longtemps, que l’élève, personnage central du dispositif éducatif, est sorti du champ de vision, de nos responsables,

Je fais partie de ces gens qui doutent de l’impact de toutes ces actions hautement médiatisées. Ces visites impromptues seraient efficaces si les anomalies constatées étaient suivies d’actes.

Je fais partie de ces gens qui trouvent qu’il y a beaucoup de mouvements au ministère, beaucoup de réunions, beaucoup de choses, mais au final, rien n’a changé. Les projets d’établissements sont inexistants, les manuels du centre d’édition sont toujours aussi truffés de fautes et d’approximation et démontre l’amateurisme de ceux chargés de concevoir les programmes.

Je fais partie de ceux qui sont persuadés que la réussite éducative n’est pas l’objectif de cette administration, les initiatives sont en pannes, les parents, grands coupables qu’on ne voit qu’en fin d’année quand leur progéniture se retrouve exclu de leur classe, ne sont jamais concertés. D’ailleurs, il n’y a pas d’association de parents.

Je fais partie de ceux  qui trouvent dommage qu’on ait  préféré la visibilité à l’efficacité,  l’esbroufe à la compétence,

 

Tout ceci sera un jour fini, par contre, je plains tous ceux qui ont participé à cette mascarade sans en être l’auteur, ceux qui se sont prêtés au jeu,  sans en avoir été les instigateurs, ceux qui tel un caméléon, se sont adaptés à la situation, sans que cela les dérange, ceux qui n’ont pas tenu compte du temps qui passe et de la volatilité des choses, ceux-là y laisseront plus de plumes sans avoir vraiment rien gagné.

Je fais partie de ces gens qui n’absolvent  personne, nous sommes tous coupables, nous avons tous failli à notre tâche, les responsabilités sont partagées. Le Ministère de l’Education est un Ministère difficile, très peu de pays sont contents de leur système éducatif, mais il ne faut pas aggraver des situations déjà catastrophiques par de l’amateurisme, en jetant aux orties le peu de professionnalisme qui subsistait encore.

 

Je fais partie de ces gens qui devraient tourner le dos à ce maudit ministère et s’en éloigner.

 

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L’histoire continue

Posté par kahasane le 15 décembre 2013

Il  était une fois un petit commerce, se trouvant à proximité d’un plus grand, plus florissant, ce grand magasin avait beaucoup de clients, la ville et les alentours s’approvisionnaient chez lui, il était sans conteste le plus grand de la région, il était surtout l’unique magasin vendant de tout. On l’appelait le Géant.

Le petit commerce par contre, était en quasi-faillite, les propriétaires successifs n’arrivaient pas à en faire un commerce viable, il est vrai que le Géant avait des plus grands moyens,  pouvait lancer des publicités féroces,  son fond de roulement était quasi inépuisable, il pouvait  casser les prix, pour attirer les clients, offrir  des facilités de paiement, deux pour le prix d’un, des techniques de marketing que le Petit Commerce ne pouvait se permettre.

Mais pourtant il ne lâchait pas prise, et bizarrement le Géant avait une certaine appréhension, c’est comme si dans un rêve, le Géant avait vu qu’un jour, le petit commerce allait réussir à lui prendre toute sa clientèle, et les moyens que le Géant mettait pour détruire ce petit commerce, si dérisoire, étaient disproportionnés. Les clients n’avaient pas d’états d’âme quant à leur choix ; ils allaient tous vers le Géant, la vie était difficile, la crise économique était passée par là, et puis le Petit Commerce n’avait que très peu de produits en stock, ses prix  étaient élevés, et malgré toute leur sympathie pour ce petit commerce qui se débattait tant dans un combat inégal un peu comme celui du vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway,  se dirigeait néanmoins vers  le Géant.

Les choses continuaient ainsi, les gens de la région regardaient d’un air distrait cette lutte. Quelquefois le Petit Commerce restait fermé des années, ceux qui essayaient de le faire revivre étaient tout de suite approchés par le Géant, avec des offres alléchantes, des postes de chef de rayon dans le Géant même, des plans de carrière plus stables … etc.

Le local restait fermé mais l’enseigne était toujours là, quelques nostalgiques rodaient autour, rien que de voir le nom leur réchauffait le cœur, et leur rappelait des idéaux, des combats, une autre manière de faire du commerce, auxquels ils avaient cru. Ils avaient vu leurs rêves emportés par une logique commerciale implacable.

Et puis, Un jour, un homme d’affaire, auréolé d’une certaine renommée, ayant une réputation d’homme d’affaires au flair aiguisé, véhiculant avec lui un capital de confiance chez beaucoup de gens, déclara qu’il allait reprendre l’affaire, et qu’il s’associerait avec d’autres anciens gérants du petit commerce, ceux-là même qui avaient baissé les bras devant la concurrence de Géant, se sentirent tout de suite ragaillardis, un vent nouveau soufflait semblait-il, une certaine euphorie régnait, certains anciens responsables du Géant, licenciés, vinrent même rejoindre le petit commerce pour participer à sa réapparition. Des habitants de la ville, aussi, se dirent prêts à payer plus cher pour participer à la revitalisation du petit commerce.

Le petit commerce se remettait doucement à flots, beaucoup de gens étaient contents de le revoir ainsi, après tout il appartenait au paysage commercial de la région et apparemment il  n’avait  pas dit son dernier mot.  Beaucoup de jeunes et de moins jeunes s’associèrent au projet, promirent d’apporter leur aide, certains proposèrent de travailler sans salaire,  il fallait briser le monopole de ce Géant, son arrogance était insupportable, il fallait lui faire peur. Il fallait que les gérants du Géant regardent leur clientèle d’une autre manière, qu’elle ne leur soit plus acquise, il fallait qu’ils prennent ses doléances en compte, c’est vrai, le Géant n’était pas un magasin formidable, beaucoup de produits n’étaient pas de qualité, les prix pouvaient varier sans que l’on n’ait rien à redire, les employés n’étaient pas toujours corrects envers les clients, sachant qu’ils n’avaient pas trop le choix, qu’ils allaient toujours revenir, sinon mourir de faim. Mais avec un autre commerce à proximité, le Géant serait obligé d’écouter, de changer certaines pratiques, car sinon il perdrait  des clients, au profit de son concurrent. Certaines personnes étaient persuadées qu’elles iraient toujours vers le Géant, un certain conservatisme qui aurait du mal à s’en aller, mais, savoir qu’il y avait une autre offre à côté, c’était quand même agréable, même pour les plus irréductibles. Quelques vendeurs du Géant abandonnèrent leur place pour rejoindre le Petit Commerce, les gens de la région, qui n’était pas habitués à un tel esprit d’aventure, applaudirent, tout en continuant à acheter chez le Géant.  Les prix et les services qu’ils proposaient étaient imbattables surtout là, pour détruire le petit commerce, le Géant était même prêts à se ruiner.

Malgré cela, Le Petit Commerce commença à s’agrandir, les fonds commencèrent à pleuvoir,  des campagnes publicitaires furent lancées, à la télévision, à la radio, sur Ies réseaux  sociaux. Au début tout marcha à merveille, le Géant commença même à s’inquiéter,  à perdre des clients, beaucoup de clients,

Lors d’une foire, le Petit Commerce réussit même à vendre beaucoup de ses produits, à prendre des clients du Géant, les débats font encore rage, car le Petit Commerce soutient qu’il avait eu plus de clients mais le dumping fait par le Géant l’avait  mit à mal.

Mais malheureusement le Petit Commerce commença à péricliter très vite, comme si c’était son destin, une fois l’euphorie du début passée, les télévisions et la radios, n’acceptèrent plus de relayer leur publicité, eux même n’avaient plus rien à proposer, une fois le premier stock épuisé, malgré le fond de roulement dont ils disposaient encore, les  gérants  ne s’entendait plus ni sur ce qu’il fallait vendre, ni sur les techniques de vente, ni sur  les produits phares. I

Au lieu de parler de ce qu’il avait à proposer et de parler d’une autre façon de faire le commerce, parler de commerce équitable ou de commerce local, etc. Ils ne parlaient plus que du Géant, de ses pratiques, Mais cela les clients de la région n’avaient pas besoin de l’entendre, ils le savaient déjà, ils voulaient avoir un moyen de sortir de ça justement et ils voulaient que ces nouveaux commerçants leur proposent une autre manière de faire du commerce, de traiter les clients, d’être transparents, sur la traçabilité de leurs produits, sur les prix etc. A leur décharge, ce serait un doux euphémisme que de reconnaitre que le Géant ne leur facilitait pas la tâche.

Quand au Géant, un peu estomaqué par la Foire, il concéda quelques changements, pas de bouleversements majeurs, mais quelques avancées furent constatées, dans certains secteurs. Les clients restaient sur leur faim. Maintenant qu’ils pressentaient la disparition prochaine du petit commerce, ils savaient que le Géant reprendrait vite ses habitudes. En fait, c’était eux les perdants de cette lutte.

Pourtant ils n’avaient jamais souhaité la disparition du Géant, car s’il disparaissait et que les autres n’avaient pas à offrir tout ce dont ils avaient besoin, qu’est ce qui allait  se passer ? Ils ne voulaient pas de cette incertitude. Et puis de toute façon, il faudrait du temps pour que le petit commerce soit aussi bien achalandé que le Géant.

Ils   avaient compris que les nouveaux gérants  du  petit commerce n’avaient pas  ce qu’ils voulaient. Dans les conversations, le sujet fut clos. D’ailleurs une émission télévisée de détection de jeunes talents occupaient tout le monde.

Le Petit Commerce fit appel  à  un syndic de faillite, pour faire le tri des actifs et des passifs. On recherchait des repreneurs, mais personne ne se profilait à l’horizon.

Dans ce commerce, certains avaient mis de l’argent, d’autre leur réputations, d’autres encore leurs rêves, ceux-là furent les plus meurtris, d’autres trainaient déjà des casseroles et n’ont apporté que cacophonie, mais l’ homme venu du froid avait été averti, Il aurait fallu éviter les hommes avec passif, et d’autres pour lesquels le succès ne passait qu’à travers une fusion  avec le Géant. En tout cas c’était l’analyse des habitants de la région, amenés à commenter  l’énième épisode du malheureux petit commerce.

Les habitants de la région habitués aux multiples disparitions et renaissances du petit commerce, savaient que ce n’était qu’un chapitre qui venait de se terminer, l’histoire, elle, allait continuer.

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l’âge de raison

Posté par kahasane le 20 juin 2013

Que reste-t-il à faire maintenant que l’opposition est devenue ce no man’s land où les gens se perdent sans réellement trouver ce qu’ils cherchent ? Pourtant on ne pourra jamais accuser  ceux qui y ont adhéré, leur envie de croire en un autre modèle gouvernemental, meilleur, était  tout à fait légitime, malheureusement, ainsi que je l’ai répété inlassablement,  cette opposition n’est pas ce qu’il fallait, l’immobilisme politique non plus  n’est pas  ce qu’il nous faut.  Attendre en vain que les choses s’améliorent d’elles-mêmes et retourner à l’état antérieur à ces élections, n’est pas non plus une option.  En attendant, nous sommes obligés de nous contenter de nos dirigeants actuels en essayant de faire ce que nous faisons depuis quelques mois, pour certains, interpeller les dirigeants politiques sur toutes les questions sociétales que se posent les Djiboutiens. Car ce gouvernement a vraiment une chance incroyable, certains diront que la chance n’a rien à y voir, mais disons qu’aujourd’hui, il s’offre une deuxième  chance. Avec notre complaisance, un nouveau départ est possible, d’ailleurs avons-nous le choix ? C’est cela ou une anarchie, que certains appellent de tous leurs vœux mais  dont une majorité de  Djiboutiens n’en veut pas, l’avantage du parti politique au pouvoir depuis l’indépendance,  c’est qu’il a réussi à fédérer ses forces autour d’un seul homme, la faute des opposants, c’est qu’il n’ont pas réussi à sortir un seul homme du lot,  et les plus valeureux d’entre eux, les gens passionnés et animés d’un rêve de société meilleure,  ont été phagocytés par les plus anciens, et se demandent ce qu’ils sont allés faire dans cette galère.

Le parti au pouvoir et ses dirigeants  sont obligés maintenant de changer de modus operandi, s’ils ne veulent pas être largués très vite, ils doivent changer de discours, ce peuple a grandi, il est patient et pacifique, mais il ne faut pas prendre cela aussi pour acquis, il a d’ailleurs montré qu’il était prêt à leur donner une leçon en se jetant dans les bras du premier parti venu. Il faut que le gouvernement accompagne les Djiboutiens dans leur évolution et prenne en compte leurs demandes. Il faut écouter la population djiboutienne qui faute de journaux libres, s’exprime sur tout autre canal disponible, lui donner les libertés auxquelles elle aspire, les opposants, il   il faut leur offrir un cadre institutionnel et surtout il faut les accepter. La corruption, il faut la combattre.L’administration centrale, il faut la redresser,L’enrichissement illicite, il faut lutter contre.

En d’autres termes, il faut réinstaurer la confiance.

On sent des frémissements, mais il ne faut pas que ce soit juste des frémissements mais un vent porteur de nouveauté et qui ébranle toutes les forces d’inertie qui nous retiennent à terre.

Haroun al Rachid, calife de Bagdad, se déguisait en mendiant, pour s’enquérir des préoccupations de son peuple, c’était il y a 1300 ans à peu prés, aujourd’hui Dieu merci, il y a mille et une manière de prendre la température d’une société.

 

 

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la maturité politique et nous

Posté par kahasane le 20 décembre 2012

Ces jours-ci en marge des événements organisés pour le 40e anniversaire de la langue Somalie, j’ai eu l’occasion de bavarder avec des gens venus de la région, et évidemment, la discussion a bifurqué vers la politique.  Tous ces gens sont en admiration devant notre président, et son action. Ils sont en admiration devant tout ce qu’il a accompli, et les changements intervenus dans notre pays ces dernières années. C’est un peu normal, ce sont nos hôtes et ils ne peuvent pas nous critiquer, ce serait assez mal venu d’ailleurs, et nous ne le supporterions pas. Mais devant tant d’éloges, nous restons sceptiques. Nous essayons de leur parler des aspects critiquables de notre société, mais ils nous  disent   que ce n’est pas cela le plus important et qu’il ne faut pas qu’on s’empresse de copier des modèles  pour lesquels nous ne sommes  pas prêts, que nous sommes  un petit  pays et que pour l’instant il faut continuer à le construire, ce qui, d’après eux, est en bonne voie. Quelques uns de nos concitoyens et moi-même avons essayé de les arrêter, mais ils n’ont rien voulu entendre et ont répété que nous sommes  inconscients de la chance que nous avions.

Et en fait, voilà la clé du mystère. Ces pays ont tous traversé des périodes de guerre, la Somalie n’en a pas encore fini même si on dirait que le pire  est derrière elle, (Que Dieu nous entende). Pour ces pays, le plus important c’est la paix. Et pour l’instant,  ce qu’ils nous disent, c’est de savourer cette paix, et de ne pas chercher autre chose. Mais je ne suis pas d’accord, ce n’est parce qu’on va agiter le spectre d’un conflit qu’on va contenir  une population qui peut aspirer à un changement politique, à des députés représentatifs, à la lutte effective  contre la corruption, à des hommes politiques qui savent qu’ils ont des comptes à rendre et peuvent être démis s’ils ne donnent pas satisfaction ?

Est-ce qu’il faut revenir à dire que la démocratie selon Périclès, ne sied pas en Afrique, comme nous le montre tous les jours, ce qui se passe en Egypte ? L’alternance du pouvoir ne passe pas forcément par le rapport de force, mais ces somaliens ne sont pas d’accord avec nous, et nous disent que le plus important est  ce que nous avons, et que le reste viendrait avec le temps, que c’est inévitable, que la maturité politique viendrait en temps voulu avec une population de plus en plus instruite, et qui comprendrait enfin qu’un parti politique  n’est pas une association de gens de la même ethnie ou tribu, mais des gens qui partagent les mêmes idées ou intérêts.

Peut-être ont-ils raison, peut-être devrait-on  laisser les choses telles qu’elles sont, en commençant par des associations, des groupes d’action, par le bas, en quelque sort, le temps d’atteindre cette maturité politique à laquelle on aspire.

Quand on voit un pays comme la France qui se dit être démocratique depuis un certain temps et quand on voit pourtant à quel point la population est désabusée par les partis politiques classiques,  on se dit qu’on a du chemin à faire.

Donc pour l’instant, comme on n’a pas ce qu’on veut, on devra se contenter de vouloir ce qu’on a.

 

 

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La Belle Epoque

Posté par kahasane le 13 novembre 2012

Dans quelques décennies, quand des générations futures voudront étudier l’histoire d’un certain pays, elles seront effarées par l’analyse qu’auront  entretemps portée les historiens. Ils se demanderont  ce qui s’était passé, pourquoi le monde avait basculé dans le non-sens complet et pourquoi cela avait duré aussi longtemps, et comment cela a duré aussi longtemps, avec la bénédiction des instances internationales, qui n’y ont pas mis le holà et qui ont continué à alimenter ce non-sens.

Ils se demanderont à quel moment l’obscurité avait envahi le pays et avait aveuglé tout le monde, ils se demanderont où étaient les hommes et les femmes de bonne volonté, pourquoi par le silence et leur inaptitude à s’exprimer ils se sont rendus complices de ces aberrations, ils passeront des nuits entières à essayer de déchiffrer l’énigme que furent les années ……

Certains en étudiant l’histoire d’autres pays comme l’URSS, ou les années sombres des pays d’Amérique Latine ou tous ces pays qu’on ne peut tous énumérer  et qui ont tous un jour sombré dans les horreurs des massacres, tortures et autres abominations,  temporiseront et diront que comparé à ces pays, le nôtre  n’avait  connu aucune tragédie, et que  la seule chose qui  avait gangrené la population, c’était la bêtise et la médiocrité, l’acceptation d’un certain confort auquel on ne voulait pas renoncer, que les gens de cette époque était  forts  pour pérorer dans les cafés et les salles closes, mais qu’il  n’y avait pas beaucoup pour se lever et dire la vérité. Quelquefois il y avait eu  des noms qui restaient  sur les lèvres pendant quelques années, des gens qu’on aurait vus comme des sauveurs, mais ces sauveurs restaient planqués en Europe ou en Amérique du Nord, c’était plus sûr, et leur nom ne serait même pas retenu par l’histoire, car ils ne le méritaient pas.

On regarderait des vidéos et on verrait un état qui oscillait entre la modernité et l’archaïsme le plus féroce.

Ces jeunes étudiants n’arriveront pas à comprendre : cette clique gouvernante n’était même pas dangereuse, n’avait pas de sang dans les mains, ne faisaient pas peur. Les prisons étaient d’ailleurs vides, la justice se faisait sous un arbre entre sages des différentes ethnies, les crimes les plus hideux n’étaient pas sanctionnés. Il était tellement facile de se débarrasser de ces drôles de dirigeant d’un autre temps.

Quand ces étudiants regarderont les vidéos de ces années-là, des milliers de vidéos, ils reverront les mêmes femmes, aux châles et boubous bigarrés, arc-en-ciel, grosses lunettes noires, les mêmes hommes habillés en complet gris et beige, écoutant et applaudissant un de leurs. Ils   comprendront que dans les bidonvilles, les pauvres se gargarisaient de cela, le passe-temps de ces populations avait été certainement  de savoir qui était ce jour-là à la première place, qui n’était plus en odeur de sainteté, qui avait gagné une place et qui en avait perdu. Ils participeraient à des jeux dont ils ne connaissaient pas les règles et auxquels ils ne gagnaient rien ou si, car quelquefois pour remercier ces téléspectateurs assidus, une de ces dames, habillées d’or et de parure, descendait dans le bidonville distribuer des aides apportées par un organisme des nations-unies.

Qu’est-ce qui s’était passé dans ce pays ? Quelle drogue puissante avait endormi toute une population, qui pourtant, avait-on dit souffrait de beaucoup d’injustice ?

Dans les bouquins d’histoire, on avait gardé le nom du président, un homme débonnaire et souriant  qui n’aurait pas fait   de mal à une mouche, son épouse, toujours élégante, les autres, n’ont jamais marqué l’histoire, ni par leur acte, ni par des mots, c’est comme s’ils n’avaient jamais existé, l’histoire les avait effacés, réparant ainsi l’erreur qui avait été de les avoir un jour mis à des postes de haute responsabilité.

Les fastes de cette époque étaient décrits dans les livres,  ce qui à cette époque de sobriété, étonnaient les élèves. Quelques élèves érudits, comparaient leur pays à la France de la Belle-Epoque.

 

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Médiocratie

Posté par kahasane le 30 novembre 2016

Depuis quelques temps, dans un certain pays, non loin du nôtre, on entendait souvent circuler le terme de médiocratie, pour expliquer un peu cette léthargie, qui frappait le pays. Le pouvoir aux médiocres, en quelque sorte. Il ne s’agissait plus de la médiocrité ambiante dont tout le monde se plaignait. La médiocratie émergeait comme une nouvelle manière d’appréhender l’avenir et le monde. Si dans certains pays, les gens se bousculaient pour atteindre l’excellence, dans ce pays, on se contentait de gérer le quotidien. On ne sait pas d’où cela venait, peut-être était-ce une manière de réagir à un monde en perpétuel changement, il n’y avait pas encore assez de recul pour analyser le phénomène. Certains disaient que le pays ne stagnait pas, qu’il y avait des grands projets en cours, les infrastructures de la ville principale étaient constamment remises à neuf et embellies. Mais d’autres diront que c’était pour faire oublier l’essentiel. Les mauvaises langues sont partout. Les adeptes de cette doctrine étaient de plus en plus nombreux, ils se bousculaient au portillon, et maintenant qu’ils étaient appréciés à leur juste valeur, et que leur manière d’être était même reconnue comme une doctrine ils ne faisaient même plus semblant. C’était comme s’ils avaient obtenu une légitimité, Ils n’avaient plus besoin de faire des efforts pour briller, ce sont les autres qui se penchaient pour arriver à leur niveau ou s’accroupissaient, cela dépendait du chemin qu’on avait eu à faire. Dans les réunions, ils n’étaient plus relégués, au rang de figurants, mais parlaient et on les écoutait et on les applaudissait. Alors qu’à une époque pas si lointaine, on les aurait ignorés, là, on buvait leurs paroles. Ils n’étaient plus réduits au silence d’un regard courroucé. Si ailleurs, l’art oratoire était une qualité, si dans certains pays très avancés, on prenait des coachs pour soigner sa prise de parole, si on parlait de perfectionnistes, des stressés, des anxieux qui voulaient tout contrôler, chez les médiocrates on pouvait dire tout et n’importe quoi, le manque de préparation et l’approximation, tout ceci était même vu comme une certaine audace, un je-m’en-foutisme de bon aloi. Ce qui somme toute, n’était pas si grave. Quelle est l’importance de bien parler ou d’utiliser des phrases à la Proust, comme dirait une amie, l’essentiel est de se faire comprendre. L’époque était  aux phrases hachées. Au début, certains s’étonnaient et se disaient que cela n’allait pas durer, que ce n’était qu’une phase, qu’il y aurait un sursaut. Eh bien non. Au lieu du réveil attendu, les « gens normaux » se rendirent compte que le phénomène était là pour durer. Peu importe ceux qui auraient mal au dos, ou attraperaient un lumbago. Il n’était plus question de se redresser. Les « médiocrates »  proliférèrent, se multiplièrent, s’entourèrent de leurs semblables. Ce qui était bien, c’était qu’il n’y avait plus de clivage de régions, d’ethnies et autres. Toutes les composantes de la population de ce pays étaient bien représentées. Il y eut chez les « gens normaux » quelques résistances. Mais petit à petit, les défections commencèrent, il fallait bien vivre, les bons sentiments, cela ne nourrit pas son homme, et puis il faut toujours suivre la tendance et ne pas être le loup blanc. En tout cas, c’est ce que certains commençaient à dire en cédant à la médiocratie. Le plus dur, pour ceux là, c’était de jouer la comédie, car les médiocrates ne voulaient pas d’outsider. Il ne fallait pas remettre en cause les fondements idéologiques, Il fallait jouer le jeu et ne pas sortir du lot. Certains jouèrent si bien la comédie, qu’il fut difficile de les distinguer de leur nouvelle famille. .Bientôt le pays changea de visage. Les évenèments culturels disparurent, la lecture, les festivals, le français, langue d’instruction, tout ceci disparut. Le nivellement par le bas, était en marche. Plus de passion, pour quoi ce soit, plus de passionnés, les convictions étaient jetées aux orties. .Dans les établissements scolaires, à part le sport, tout le reste avait disparu. Petit à petit, même les plus irréductibles commencèrent à rendre les armes et à se ranger du côté de la majorité. Bientôt on ne put savoir qui était qui, ni qui fut quoi. L’uniformisation était réussie. Les médiocrates, car on ne peut pas traiter de médiocre, des personnes aussi ingénieuses, purent ainsi régner sans partage dans un pays acquis à leur doctrine.

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Les femmes de ménage

Posté par kahasane le 17 novembre 2016

Les femmes de ménage

Aujourd’hui quand des femmes se retrouvent quelque part, surtout celles qui sont éduquées, on s’attendrait à ce qu’elles parlent du dernier roman paru,  de la guerre au Moyen Orient, de leurs enfants, de la mode, de l’élection de Donald Trump, ou même de leur boulot, et bien non, la plupart du temps, elles parlent de leur femme de ménage.

Un groupe de femmes ayant toutes des postes de responsabilité se retrouve  ensemble et vous le verrez se lamenter du dernier méfait de la femme ménage: comment elle les a lâchées alors qu’elles étaient au travail, de la méridienne ou du beau vase qu’elle vient de casser Les conversations commencent toujours par « tu sais ce qu’elle m’ a fait ».

Les femmes de ménage sont devenues un casse-tête pour nous Djiboutiennes. C’était un petit luxe auquel on était habitué et qui est entrain de nous filer sous les doigts. Leur salaires augmente,  ce qui en soi est une bonne chose. Ce sont elles qui ont pris leur destin en main, car une revalorisation n’était pas dans nos projets immédiats. Nous avons été mises devant le fait accompli. Et c’est tant mieux, il n’ était pas normal que des personnes faisant autant de travail touchent aussi peu.

Les étrangers  avec souvent le double de ce que nous leur donnons ne leur demandent  pas la moitié du travail que nous leur demandons. Et qu’on ne vienne pas me dire que les étrangers expatriés pour la plupart, ont des salaires élevés, certains Djiboutiens n’ont rien à leur envier.

Nous leur accordons des jours de congé avec parcimonie. Avec cette combinaison de  salaire misérable et un travail qui n’en finit pas Il était normal qu’elles se secouent. Elles ont surtout compris qu’elles étaient essentielles à notre bien-être.

On va  les chercher dans les quartiers les plus improbables, elles nous regardent, nous toisent, pas impressionnées du tout, on peut  faire trembler un service, être directrice,  secrétaire général,  consultante, bardée de diplômes, on est toujours tout petit face à ces personnels de maison, de plus en plus fuyants.

Quand on va les chercher, c’est elles qui mènent la danse, ce sont elles qui posent les questions, imposent le salaire,  demandent  la taille de la maison, fixent les horaires de travail. A celle que veut à  un cours du soir et qui s’en va au milieu de l’après-midi, on dira oui. A celle qui est mariée et qui veut rentrer tous les soirs, pas de problème. Elle viendra tard le matin, évidemment, ce n’est pas grave.

Elles ont divisé le travail et nous avons accepté leur division. Cuisine ou ménage ou enfants ? Tout ce qu’elles veulent, pourvu qu’elles soient là. Deux ou trois fois par mois, toute leur famille est frappée de maladies les plus rares, et donc elles disparaissent. Comment peut-on empêcher quelqu’un d’aller voir son frère ou sa mère qui se meurent ? Quand ce ne sont pas les maladies,  c’est le mariage ou le deuil. C’est effarant le nombre de calamités qui les frappent.

Nous sommes à leur botte, et les enchères n’arrêtent pas de monter. La plupart d’entre elles n’aiment pas le repassage, apparemment le fer est un vampire qui les vide de leur sang, et je ne plaisante pas. Il y a même celle qui te dira qu’elle dira des allergies à cause de la Javel, et donc, un travail en moins.

Elles viennent chez nous, nous leur confions nos enfants, nos maisons, et en général et de plus en plus maintenant, leur seule caution, c’est une autre bonne ou   un « dilal » qui   peuvent disparaitre à tout moment, mais nous sommes dans l’incapacité de leur demander des garanties.

Elles demandent le nombre d’enfants, c’est la question qui tue toutes les mères de familles nombreuses, si elles pouvaient cacher  certains de leurs enfants, et  ne les sortir qu’ au fur et à mesure que la fille trouve ses marques, ce serait bien. Nous sommes prêtes à tout, pourvu qu’elles montent dans la voiture, sinon, demain, une galère qui n’a pas de nom va commencer, c’est comme si le monde s’écroulait, nous sommes devenus tellement esclaves de ce personnel de maison.

Si elle  dit qu’elle ne sait pas faire la cuisine, on lui dit que ce n’est pas grave, qu’ elle apprendra, de toutes façons, on ne mange rien de compliqué,

Pourtant la pénurie n’existe pas en la matière.

Sont apparus ces dernières années, le personnage du dilal, intermédiaire incontournable, pour celles qui veulent payer le prix fort. Quelquefois c’est lui qui marchande, et la femme de ménage ne viendra qu’une fois son accord donné.

Nous avons vécu dans la croyance que ce petit personnel  bon marché ne pouvait pas disparaitre,  et malgré tout le confort et l’électroménager, qui sont accessibles ce personnel est indispensable, peut-être à cause de la chaleur, ou l’habitude tout simplement. Il faudrait qu’on revoie nos modes de vie et qu’on pousse tout le monde à la maison à être plus responsable.

Il faut dire que nous avons changé. Chez nos parents, la femme de ménage était une personne faisant partie de la famille, elle vivait et partageait tout avec  la famille. Ces jeunes femmes qui avaient quitté les leurs et venaient des pays voisins, le plus souvent, retrouvaient un substitut de famille auprès des gens chez qui elles étaient, et puis en général, il y avait toujours d’autres cousines et personnes, on ne faisait plus la différence. Elles n’avaient pas de statut de femmes de ménage. Nous sommes à l’origine des sociétés où il n’y a pas vraiment  d’idéologie de classes, ou de distinctions sociales.

Aujourd’hui nous avons voulu jouer à l’européenne, nous avons voulu octroyer un statut différent à la femme de ménage, elles mangent entre elles, ont leur chambre, ou leur coin à elles, cela dépend des familles, elles sont éloignées de la famille avec qui elles ne partagent plus grand-chose, chez certains elles ont leurs propre plats.

Peut-être ont-elles plus de confort, souvent une TV, d’ailleurs beaucoup de femmes se lamentent, en pointant tous le confort qu’elles leur offrent, mais on oublie qu’on les a chassées du cadre familial, leur reléguant à un cadre d’employé, avec peu de protection.

Résultat, il n’y a  pas d’attache sentimentale. Alors que les femmes de ménage pouvaient rester des années,  devenant un membre de la famille, aujourd’hui on a du mal à les fixer, et même avec un salaire plus élevé,  rien n’est garanti.

 

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Logements sociaux

Posté par kahasane le 6 octobre 2016

L’idée de construire des logements dits sociaux et de les attribuer à une certaine catégorie de personnes, des salariés, qu’ils soient de la fonction publique ou du privé, qui autrement ne pourrait jamais être propriétaires est une bonne chose, et c’est grâce à ce genre d’initiatives que beaucoup de Djiboutiens sont aujourd’hui logés, le prix est élevé et sur le long terme, ils ne sont pas gagnants, mais au lieu de payer un loyer, au moins, ici, ils seront sûrs d’être propriétaires, un jour. Mais ces dernières années, une certaine surenchère a vu le jour, l’acquisition de ces logements, (surtout la cité Hodan) qui ne devrait être ouverte qu’à une certaine catégorie de la population, a été élargie à toute personne ayant les moyens. Au départ, les candidats devaient faire un dépôt de 500 000 FDJ, je crois, et beaucoup de salariés se voyaient déjà à la remise des clés. C’est vrai, ce n’était pas beaucoup. Mais c’était trop beau pour être vrai. Quand la SID a vu le succès de ces logements de Hodan, elle a augmenté le prix et de 500 000 FDJ, le dépôt est passé à 2 000 000 FDJ. Plus de critères, les salariés moyens largués, ou obligés de s’aligner. Les parents voulant réserver un logement à leurs enfants, encore étudiants, eux-même déjà propriétaires, et pouvant prendre deux ou trois maisons, les cadres supérieurs ayant déjà accès aux prêts bancaires avec facilité, les grands commerçants, multi-propriétaires, tout le monde voulait investir, les logements sociaux sont devenus un placement idéal pour beaucoup de gens. Un couple pouvait obtenir deux logements juxtaposés, les raser complètement, et en faire sortir un immeuble totalement différent du voisinage et le mettre en location. La Diaspora est entrée aussi dans la danse. C’est vrai, difficile de trouver un terrain, à Djibouti, quand on n’est pas sur place, et ensuite, les Domaines, toute la paperasserie, et enfin comment trouver la personne à qui on peut faire confiance et qui construira la maison de vos rêves ? Ici, rien de tout cela, un logement à la clé, qu’il faut certes réaménager complètement, et ensuite mise en location, on est loin, très loin des logements sociaux. Je n’ai absolument rien contre la diaspora, mais je pense que les Djiboutiens, travaillant et vivant à Djibouti, devraient être prioritaires, pour ce genre d’habitations. Pour le salarié djiboutien, qu’il soit dans le public ou dans le privé, son rêve de devenir propriétaire s’est éloigné. Car avancer cette somme, pour ensuite faire des travaux pour rendre l’endroit habitable, ce n’était pas possible, beaucoup d’entre eux ont abandonné. D’un établissement public, avec des financements publics, la SID est devenue une société immobilière quelconque, n’obéissant qu’aux lois du marché de l’offre et de la demande. Et pourtant nous avons tous entendu des responsables politiques se succéder à la télévision, soutenant à quel point ces projets ont soulagé les Djiboutiens, et absorbé la crise immobilière. Surtout pour vendre d’autres projets en gestation. A cela il faut ajouter que l’environnement de ces logements n’a pas été viabilisé, entre ciel et pierres, aucun effort pour rendre l’endroit agréable, pas d’arbres, pas d’aires de jeux, rien que le caillou, mais comme je l’ai déjà, pour certains habitants, il fallait avant tout être propriétaire et on ne peut pas les blâmer. Pour les autres, c’est un investissement comme un autre. Une société publique, voulant faire les choses dans les règles, auraient dû prendre en compte, les revenus des demandeurs, ne pas dépasser une certaine fourchette, ne pas attribuer à des personnes déjà propriétaires, ne pas en faire un placement immobilier. L’acquéreur doit habiter le logement, si c’est pour louer, c’est que le besoin n’existe pas. La plupart des personnes qui ont obtenu ces logements n’entrent pas dans ces catégories, mais on est à Djibouti, me dira-t-on, qu’est ce qui marche comme il faut ? D’où les techniques pas très morales pour décourager tous ceux qui devraient être éligibles, Il faut savoir qu’à l’époque où ces logements étaient attribués, un jeune couple, ayant à deux un salaire de 300 000 FDJ ne pouvait pas s’en offrir. Et pourtant, dans un pays pauvre comme le nôtre, ce couple fait partie des nantis, voilà pour ce qui du social. C’est vrai, tout le monde veut mettre son argent dans du tangible, et une maison est par essence un bien qui rassure. C’est vrai beaucoup de gens qui n’ont pas accès à des crédits très élevés, préfèrent s’engager auprès de la SID, et avoir l’assurance d’être propriétaire. Et la societé immobilière, établissement public, à financement public, a joué sur ce besoin existant, en montant les enchères, obligeant les plus désespérés à s’endetter, deux fois, une fois auprès de la banque, pour avoir le dépôt et une deuxième fois, sur le long terme, auprès de la SID. Nous n’avons pas compris la notion d’habitat social, ou peut-être sommes nous une société sortant à peine du nomadisme, et ayant toujours un besoin à combler ? Nous ne comprenons pas encore cette distinction et cette différentiation entre les différentes couches de la société Djiboutienne. Et aujourd’hui, nous entendons parler de la création d’une fondation Droit au Logement, et mea culpa, j’ai tout de suite adhéré, un peu trop vite, peut-être? Loger tous les Djiboutiens, c’est une idée géniale, mais que faire de tous ces salariés, fonctionnaires ou du privé, qui eux ne sont pas propriétaires encore ? Vont-ils participer à cet élan citoyen ? Ne serait-ce pas ironique, pour eux qui ne sont pas propriétaires, d’aider d’autres à le devenir, ce serait de l’altruisme, qui en est capable ? La vie est faite de rêves, on se fixe des caps à atteindre, des choses à accomplir, faire des études, avoir un travail, se marier, avoir des enfants et devenir propriétaire, des choses simples, au fond.

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Education

Posté par kahasane le 9 mai 2016

 

Si on me demandait que faire pour redresser l’éducation nationale de notre pays, comme tout professionnel de cette institution, j’aurais sûrement quelques idées.

Le but de l’école est de transformer un enfant en adulte, en lui inculquant des savoirs qui feront de lui un être instruit, capable de réfléchir, de prendre des décisions et de faire des choix éclairés. L’école est en somme sensée apporter les savoirs nécessaires pour appréhender le monde.

Pour un pays, une population éduquée est un gage de développement,

Pour l’instant, notre éducation semble  ne pas remplir totalement ces objectifs. Et pourtant l’Etat n’a pas lésiné sur les ressources mises à la disposition de ce secteur.

L’objectif premier que je me fixerai est que chaque action entreprise ait pour résultat l’amélioration  des résultats scolaires des élèves.

Il faudra donc d’abord se pencher sur les causes de cet échec scolaire, des faibles performances de nos enfants, dans la plupart des matières.

Quelles en sont les cause ? C’est un problème récurrent auquel  on n’a pas trouvé des réponses, Pourquoi nos élèves en sortant du lycée sont ils si peu performants ? Pourquoi l’échec au bac est-il si élevé ?

J’aurai essayé de remonter les problèmes  à la source, en concentrant tous les efforts sur le primaire, la base. J’aurais crée des commissions, des groupes de travail composés d’inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, et je leur aurai demandé des rapports très détaillés, énumérant chacun des problèmes actuels et chacune des solutions préconisées.  J’aurai reconnu les mérites de ces professionnels, aujourd’hui relégués aux oubliettes,

Dans chaque corps,  j’aurais pris les meilleurs, les plus compétents, ceux qui sont respectés par leurs pairs, pour leur efficacité. Mon seul critère aurait été  la compétence.

Les programmes : J’aurais proposé un état de lieu sur les programmes, le contenu des enseignements prodigués à nos élèves. Des équipes auraient travaillé sur ces programmes pour évaluer leur pertinence.

La confection des programmes est confiée à un groupe de personnes, certes compétentes mais souvent sans regard extérieur et il serait temps d’élargir ce groupe de manière à ce que nous ayons des instances nationales de validation de programme composées d’universitaire mais aussi des personnalités de la société civile ou même des députés.

J’aurai proposé un plan de travail annuel, en concertation avec tous les responsables des départements. Chaque rubrique contiendrait les activités et les résultats attendus, le service en charge de chacune de ses activités aurait à rendre compte de des réalisations et éventuellement des contraintes rencontrées.

Chaque directeur ou chef de service, serait réellement en charge de son service, et aurait à rendre compte du travail accompli tous les trois mois, et chacun serait jugé sur ses performances. Les rapports d’activités seraient, lus, décortiqués et exploités.

Les performances de nos élèves sont mauvaises,  il faut trouver les raisons. L’école publique ne satisfait plus, il faut se demander pourquoi. Je le répète assez souvent, mais cela ne me dérange  pas de le redire encore une fois. Il  y a très peu de cadres du MENFOP qui ont leurs enfants scolarisés dans le public, il faut se demander pourquoi, ils  y travaillent, mais  estiment que l’école publique n’est pas assez bonne pour leurs enfants. Il faudrait faire en sorte qu’elle le devienne pour tout le monde           Ne voulant pas trouver des solutions pour notre école, nous l’avons tout simplement fuie.

La qualité des enseignants :

il faudrait commencer à d’abord résoudre le problème de l’orientation des élèves, mieux les orienter les bons élèves littéraires vers les classes littéraires, ensuite les meilleurs pourraient  aller en fac de lettres, et passer les concours de l’éducation.  L’enseignement ne devrait plus un pis-aller, quelque chose qu’on choisit par défaut.    Incitons les meilleurs élèves à aller vers l’enseignement. Cela passera par une revalorisation du métier.

Pour les candidats à ce métier  qui sortent des universités étrangères, il faudrait que le Menfop ait une liste des universités sérieuses de chaque pays, et qu’on n’accepte pas n’importe quelle personne qui débarque avec un faux diplôme. Chaque enseignant  a au moins en charge  250 élèves par an, s’il reste 10 années, imaginez le nombre d’enfants qui auront décroché à cause de lui.

Formation des enseignants : Ensuite je m’attellerai à ce que la formation professionnelle initiale soit au moins d’un an, et même de deux ans, quand le besoin en enseignants sera stabilisé,  avec des périodes de stages plus longues, dès la deuxième année. Le Centre de Formation qui a ouvert ses portes très récemment, remplirait sa vocation, et servirait aussi bien à la formation initiale qu’à la formation continue.  La formation est un des talons d’Achille de l’Education Nationale.  Je veillerai à ce que les enseignants aient des formations régulières, dont les dates seraient fixées dans un plan de formation annuel effectif.

Je ferai en sorte qu’en formation initiale des compléments académiques soient proposés.

Les concours auraient lieu dès la première semaine de Septembre ou même fin aout  de manière à que les cours de formation initiale ne commencent pas plus tard que  la deuxième quinzaine du mois de septembre ou au plus tard le 01 octobre.

Les concours des enseignants seraient organisés de manière à  ce que seule la note du candidat soit prise en compte, avec toute la transparence requise, pour que le mérite soit toujours notre objectif. Aucune personne non issue d’un concours organisé le plus légalement n’irait enseigner dans un établissement.

Pour les formations, je m’appuierais sur  les inspecteurs, formateurs et conseillers pédagogiques, mais je ferai aussi appel à des experts, qui seraient chargés de former nos futurs formateurs.

Ces enseignants stagiaires issus des concours seraient encadrés par des tuteurs, qui auraient un cahier de charge bien précis, et qui noteraient les performances de leurs stagiaires, et auraient à rendre compte à leur inspecteur desdits résultats.

La formation  continue doit être constante et  profiter à tous les enseignants sur tout le territoire, elle doit  être effective et ne doit pas être redondante, les modules doivent être réactualisés, l’analyse des pratiques constatées sur le terrain doit orienter la formation. Le travail doit se faire en équipe, au sein d’une même discipline, les équipes d’encadrement  doivent se concerter sur le contenu des formations.

Les titularisations : les titularisations ne feraient plus comme elles se font maintenant. Un jury serait désigné en début d’année ou en début de trimestre. Ce jury passerait en revue tous les enseignants  à titulariser  dans l’année, consulterait leur dossier, pédagogique et administratif, et ce n’est qu’une fois ce travail fait en amont que ce jury se prononcerait sur la titularisation d’un professeur.  Le dossier de formation, les notes du tuteur, les observations faites par les conseillers pédagogiques, les rapports du chef d’établissement qui seraient à exiger, tout ceci  serait  pris en considération.

 

L’école de toutes les chances : Dans notre pays, il n’y avait pas une réelle incidence entre le milieu socio-économique et les performances des élèves,  l’école était là pour offrir une chance à tous les enfants. Bon nombre de nos hauts cadres ou ministres sont issus des milieux les plus défavorisés.

Cette tendance est entrain de changer et une éducation à deux vitesses est entrain de s’installer. Il faudrait que nous soyons en mesure d’offrir la possibilité de réussir à tous les élèves. Le milieu socio économique détermine la réussite de l’élève. Notre rôle à nous est d’apporter une aide à ceux qui ne peuvent pas l’obtenir ailleurs. Il y a beaucoup d’enseignants qui sont dans des services où ils ne servent à rien, des anciennes institutrices qui végètent dans des secrétariats ou ailleurs, il faudrait que ce personnel soit utilisé pour apporter son aide aux enfants des quartiers les plus démunis. Les directeurs des écoles, les conseillers pédagogiques devront identifier les élèves les plus faibles, les constituer en petits groupes, et leur  apporter une aide à la lecture et au calcul, approvisionner  les bibliothèques et  inciter les élèves à lire. Je ne suis pas entrain de rêver, tous ces moyens existent, il suffit de les utiliser à bon escient. Il faudrait mettre dans certaines classes plusieurs intervenants. Ces aides  seraient  en phase avec les activités scolaires (aide aux devoirs, remediations pédagogiques). Dans les quartiers, où le plus souvent, les parents ne sont pas eux-mêmes des lecteurs, il faudrait offrir une possibilité de lecture aux élèves.

Dans les secteurs où les parents ne peuvent pas renforcer les  effets de l’établissement, par leurs propres moyens, il faudrait que les pouvoirs publics puissent pallier cette lacune de manière à réduire les inégalités entre les élèves

 

Un élève qui ne sait pas bien lire aura du mal à mener à bien les tâches les plus simples,  c’est la raison pour laquelle la lecture est primordiale.  Les élèves issus de milieu défavorisés mais aussi des régions sont souvent les moins bons dans ce domaine. Il faudra penser à apporter des moyens supplémentaires à ces enfants avant que ces faibles performances  ne deviennent un handicap pour la poursuite de leur cursus scolaire.

les volumes horaires : Je  reviendrai sur tous les programmes et sur les volumes horaires proposés dans nos lycées de manière à les rendre plus cohérents. Aujourd’hui l’élève djiboutien est surchargé de travail, les journées sont longues et les volumes horaires ont augmenté. Pourtant ses élèves vont tous à des cours de soutien, dès qu’ils sortent de cours, donc il y a un problème et il faudra y trouver des solutions, les enfants croulent sous le travail, et pourtant ce travail ne paie pas, car le taux d’échec au baccalauréat est très élevé, Une table ronde serait nécessaire pour se poser les bonnes questions. Ce pays est plein de talents, il faudrait mettre ensemble ces talents pour que notre éducation atteigne son objectif. L’université est coupée de nous, il faudrait qu’elle s’associe à nos efforts car notre combat est le même.

Quand il y a un constat d’échec, il faut réagir, créer de groupes de réflexions, il faut œuvrer à une transformation des pratiques  pédagogiques. Les mauvais résultats devraient nous pousser à réformer notre modèle éducatif.

Il faut motiver les élèves vers le travail avant que la démotivation ne s’installe et que l élève ne décroche complètement.

Les établissements : j’en ferais un lieu d’apprentissage mais aussi un lieu de détection de bons élèves, un lieu d’échange, je ferai en sorte que des clubs voient le jour, je commencerai par les petits collèges. Nous avons aujourd’hui un nombre incalculable de personnes ayant des compétences dispersés un peu partout, ces personnes seraient chargées d’animer ces clubs, mais  ces personnes seraient chargées aussi du soutien scolaire,  Il faudra à l’avenir songer à l’autonomisation de ces établissements

Aucun cours de soutien dans aucun établissement public ne serait payant.

Je ferai en sorte que le chef d’établissement ne soit pas juste un gardien des lieux mais un pédagogue, ayant un projet d’établissement, je susciterai l’émulation entre les établissements, pour qu’il y ait des saines  compétitions, entre eux, aujourd’hui ils le font en sports, c’est bien, mais le sport n’est pas la seule activité extra-scolaire qu’on peut proposer à des élèves.  Parmi eux, il y a certainement des poètes, des artistes, je ferai en sorte que les clubs attirent autant de talents variés.

Je ferai en sorte d’identifier les collèges peu performants et leur proposer des pratiques différentes, plus de soutien scolaires, plus de ressources, en matière de manuels, choix de professeurs chevronnés capable de redresser la situation

Les inspecteurs : Ils auraient retrouvé leurs fonctions régaliennes, réfléchir sur l’orientation pédagogique, sur les programmes, sur les réformes, sur l’audit des précédentes réformes. L’inspection deviendra un lieu de réflexion didactique et pédagogique, sous la supervision d’un inspecteur Général.

La réduction de l’échec scolaire est une étape pour améliorer la performance globale de l’éducation nationale.

L’amélioration du niveau du français ; J’aurai concentré mes efforts sur l’apprentissage du français, ce n’est pas la peine de faire de l’arabe et beaucoup d’anglais, si les enfants ne maitrisent pas la langue d’instruction. Il suffit de lire une note de service ou même d’écouter le journal télévisé pour se rendre compte à quel point le français est mal en point dans notre pays, et c’est un euphémisme.

Visites pédagogiques : J’aurais appuyé les équipes d’encadrement, et aurais augmenté leur cadence de travail, je ferai en sorte que les visites pédagogiques ne soient pas une fin en soi mais qu’elles débouchent sur une concertation des équipes d’encadrement qui donneraient lieu à des actions (revoir une progression, initier une formation sur un point donné…),

L’inspecteur général ; l’inspecteur général retrouverait lui aussi ses fonctions premières. Il travaillerait en étroite collaboration avec les inspecteurs et ne s’occuperait que de la pédagogie, du suivi des enseignements, de leur pertinence. Du contrôle des établissements scolaires…

Notation des professeurs : Les enseignants seraient contrôlés régulièrement, ils seraient sujets à des examens tous les 5 ans au moins et se verraient retirer leur titularisation en cas d’échec. Un contrat de performance serait proposé à chaque enseignant chaque début d’année.

Les enseignants Djiboutiens sont bons, leurs performances sont différentes selon qu’ils sont dans le privé ou dans le public, cela veut dire, que l’impunité ambiante et qui contrairement à ce qu’on pense est toujours d’actualité,  y est pour quelque chose.

Des progressions annuelles seraient mises en place pour chaque niveau et seraient suivies de près par des équipes d’encadrement, mais aussi par les chefs d’établissement.

 Assiduité : L’assiduité des élèves devrait être une affaire prise au sérieux et les parents auraient répondre des absences de leurs enfants,  un élève absentéiste ne peut jamais réussir.

L’absentéisme des enseignants qui contrairement à ce qu’on croit n’a pas baissé, devra être puni sévèrement, on devra sortir de l’angélisme, qui  engendre un certain laxisme des chefs d’établissements. I

Dans les secteurs où les parents ne peuvent pas renforcer les  effets de l’établissement, par leurs propres moyens, il faudrait que les pouvoirs publics puissent pallier cette lacune de manière à réduire les inégalités entre les élèves

Je demanderai aussi que les sciences et les mathématiques soient privilégiées, car pendant une décennie au moins, les étudiants Djiboutiens ont été orientés en classe de STG, sous prétexte que nous sommes un pays de service.

Je remettrai à jour les sorties scolaires, pour que les élèves fassent des découvertes, surtout dans le moyen, en SVT.

Pour les langues, je ferai en sorte que des salles audiovisuelles voient le jour, et que les agents des bibliothèques soient mis à contribution pour superviser ces séances,

Ne pensez pas que je suis irréaliste, tout ceci peut se faire, il suffit de faire de l’éducation et de l’amélioration des performances des élèves une priorité.

Enfin, je mettrai en place un système de detection de bons élèves, de très bons élèves, pour qu’ils ne soient pas perdus dans la masse, et qu’ils puissent bénéficier de bourses, d’aides,  une manière d’inciter la compétition entre les élèves.

L’enseignement des autres langues  Je me pencherais sur le cas de l’enseignement de l’arabe, car c’est un échec total, des élèves peuvent étudier cette langue pendant 7 ou plus, et sont incapables de lire une phrase. Il faudra  penser à une réforme de l’enseignement de cette langue, de manière à ce qu’elle soit profitable aux élèves.

De même que l’Anglais, ce n’est pas parce qu’on va augmenter le volume horaire qu’on obtiendra une meilleure maîtrise de cette langue mais en stimulant l’intérêt par des pratiques pédagogiques innovantes, et des enseignants formés et bien encadrés.

Le MENFOP bénéficie d’un budget colossal et on peut dire que l’Etat fait beaucoup d’efforts, mais ces efforts doivent  se voir sur le terrain.

Il y a des gens qui rêvent de Singapour et des pays de l’Asie, mais il faut savoir que c’est par l’éducation et une population ultra-compétente que ces pays ont réussi.

Réforme des lycées professionnels : Je mettrai la réforme des baccalauréats professionnels sur les rails, les baccalauréats professionnels, couplés avec une orientation adéquate et une campagne de communication de manière à effacer les à-prioris négatifs, devront permettre à beaucoup de nos jeunes d’avoir des diplômes professionnels et  de les rendre plus compétitif sur  le marché du travail qui est principalement  occupé par une main d’œuvre étrangère, il serait temps que nos jeunes acquièrent les outils nécessaires pour occuper ces postes.

Ce ne sera plus une voie de garage, ce ne sera pas facile, la plupart des pays ont essuyé des échecs avant de trouver la formule adéquate, mais avec des efforts constants, je suis sûre que nous y arriverons. Je mettrai à la tête de ces services, des cadres de l’éducation  ayant travaillé dans ce domaine ainsi que les inspecteurs de différents secteurs.

En résumé, je demanderai à tout le monde un effort constant,  les bons  résultats seront notre récompense, les seuls objectifs de ces gens seraient de rehausser un système éducatif mal en point, qui a besoin de remèdes de cheval pour retrouver un semblant de santé. Le  succès serait l’ affaire de tous.  L’emblème de l’éducation aurait alors tous son sens.

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remaniement

Posté par kahasane le 9 mai 2016

On n’a pas envie de trop s’intéresser à ce remaniement qui pointe son nez, mais plus cela approche plus on se surprend à attendre, pourtant on est assez désabusé,
D’un autre côté, ces gens qui seront nommés auront des répercussions sur nos vies, celles de nos proches et sur tout le pays, et on ne peut rester complètement détaché,
Et puis une fois nommés, ils restent longtemps, trop longtemps au gout de la plupart de nos concitoyens, non pas qu’on voudrait qu’ils deviennent jetables comme des Kleenex, mais s’ils durent, ce n’est pas bon, ils ont tendance à se croire intouchables et s’approprient le poste
On ne va pas éreinter le gouvernement qui était en place mais à part quelques noms, c’était le pire qu’on ait eu, depuis les temps modernes, c’est-à-dire depuis 1999.
Je suis un peu méchante peut-être, mais en même temps, la plupart d’entre eux n’auraient pas parié sur leur avenir ministériel, donc quelque part, ils comprendront nos critiques.
Il y a trois ou quatre ou même cinq dont on souhaiterait le retour, ils ont été professionnels, ont pris leur rôle au sérieux, je pense qu’ils incarnaient bien le poste qu’ils occupaient
Certains ont réellement bien travaillé, et leur présence a fait la différence dans le département dont ils avaient la charge
Il y a ceux qui sont restés dans leur rôle de technocrate froid et détaché, sans se départir de cette posture, Dans un pays, où ministres et partis sont si liés, ils paraissent déplacés.
Il y a les hurluberlus, ayant commis beaucoup de maladresses, mais en même temps, ce n’était pas de leur faute. Jusqu’à aujourd’hui on se demande ce qui a motivé leur nomination, ils ont fait gaffes sur gaffes, mais on ne leur en voudra pas,
Il y a ceux qui sont tellement effacés qu’on oublie leur existence, leur ministère sont en pilotage automatique, ils n’ont marqué ni leur département ni les esprits,
Il y a les gentils, on les aime bien, mais on aimerait qu’ils rentrent chez eux s’occuper de leur famille, maintenant qu’ils ont de quoi voir venir,
Il y a ceux qui ont manqué de courage, qui ne sont pas battus pour que leur ministère rayonne alors qu’ils le pouvaient, qui ont choisi la facilité et se sont contenté des avantages du poste, qui ne se sont pas impliqués, qui n’y ont pas cru,
Il y a ceux qui tel Attila ont tout détruit systématique, et qui ont divisé nos concitoyens, qui nous ont éloignés les uns des autres, qui nous ont appris à être méfiants, ceux qui sont venu avec des desseins inavouables et ont dans la foulée fait des dégâts humains et intellectuels qui mettront des années à disparaitre, ceux là aussi, on aimerait qu’ils se reposent, trop de surmenage, et même pour eux ce n’est pas bon,
Il y a ceux qui ont essayé au début mais qui ont du mal à lutter contre les forces d’inertie, il y a ceux qui ont lâché trop vite, et ont préféré parader,
Il y a ceux qui n’ont jamais servi, ce n’est pas de leur faute, certains ministres sont entourés de poids lourds, dans l’ombre desquels, personne ne peut s’épanouir, ni même exister,
Il y a ceux qui ont été aussi folkloriques que leur noms, et qu’on se dépêchera d’oublier s’ils ne reviennent pas car la comédie peut durer, aussi,
Aujourd’hui on peut choisir d’entrer dans une nouvelle ère, se départir du passé et de ses errements. On peut se dire qu’on peut avoir des ministres plus professionnels, avec des feuilles de route, et des projets à mettre en place et mener à bien, on peut exiger des résultats, et sinon, remercier, ceux qui ont failli sans attendre des échéances électorales

On peut s’attaquer à la corruption, véritable grangrène qui ronge notre pays, on peut espérer que cette nouvelle entité de lutte créée ait les pleins pouvoirs, et qu’elle soit efficace, La corruption ne peut proliférer que dans un environnement où les institutions ne sont pas trop solides, surtout la justice. Donc sa lutte passera par des lois et leur application systématique.
On peut se dire que les conflits d’intérêts, les cousins ou frères qui tout d’un coup se découvrent la fibre commerçante dès qu’un proche accède au pouvoir, les magouilles, les gonflements des factures, toute cette corruption qui entourent les marchés publics, véritable plaie, appartiendra bientôt au passé.
On peut se dire qu’on contrôlera les appels d’offres et qu’on y mettra plus de clarté,
On peut espérer sortir de l’impunité, du tribalisme, on peut rêver d’une certaine responsabilisation et maturité de ceux auxquels sont confiées les affaires de l’Etat, On peut juger ces responsables sur leurs performances,
Mais quelque chose, une petite voix me dit au fond de moi, « rêve toujours ».

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l’administration djiboutienne

Posté par kahasane le 1 mai 2016

Une certaine catégorie de Djiboutiens vit mal,  ils n’ont pas une éducation correcte pour leurs enfants, ils n’ont pas de services de santé adéquats, ils ont des problèmes de transport, en fait chaque chose qu’ils font est un parcours de combattant.  Aller aux Finances chercher une fiche de salaire est difficile, ils doivent  faire la queue, faire leur demande et  revenir la récupérer le lendemain si le chef de service est là et qu’il l’a signée et si   le service informatique n’est pas tombé en panne. Mais il faut reconnaitre que  le service a connu des améliorations.

S’ils déménagent et qu’ils veulent changer leurs enfants d’école, c’est impossible, ce qui ne devait être qu’une formalité devient une affaire d’Etat. On devrait juste leur demander une facture d’eau ou d’électricité et faciliter le transfert de leurs enfants, mais non. Cette notion de service public et d’assistance à  notre prochain est inconnue.

C’est la raison pour laquelle, avant d’aller dans un service, on essaie de localiser quelqu’un qu’on connait,  pour nous faciliter la tâche. Mais tout le monde n’a pas cette chance.

Une administration publique devrait être accessible au public.

Le père qui a un petit boulot quelque part, à qui  on demande de déposer un dossier scolaire pour son enfant qui passe un examen, et qui doit aller dans plusieurs services, ne pourra jamais le faire en une journée, systématiquement il faudra qu’il y retourne plusieurs jours, or son travail ne lui permettra pas. On rencontre souvent ces parents désabusés et perdus, pour lesquels on n’a pas de solutions.

Les services de l’administration sont en déshérence totale et les problèmes kafkaïens qu’on y rencontre, peuvent remplir des pages et des pages. Malgré tout cela, il y a des services qui ont fait des efforts, même si les résultats ne sont pas aussi satisfaisants qu’on l’aurait souhaité.

Un ministère est toujours à la traine, il s’agit du ministère de l’intérieur, entre les arrondissements, où la corruption n’est même plus cachée, le district, les services de carte grise, du permis, et ainsi de suite.

La Direction de la Population est symptomatique de cette inefficacité qu’on a reprochée en haut lieu à l’administration de notre pays.

Si vous avez le malheur de perdre votre carte d’identité et que vous voulez la faire  refaire, vous vous demanderez où vous avez atterri et pourquoi les choses sont ainsi? Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez nous ? Quand tout d’un coup, vous vous retrouvez au milieu d’ une masse de gens et qu’ un policier vous repousse comme si vous étiez une horde de délinquants, et non des usagers d’un service public, cherchant juste à récupérer une pièce d’identité ?

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Les directeurs qui se sont succédé et ont  eu chacun leurs lots de citriques.

Il y a quelque temps, j’ai déposé une demande de renouvellement de carte d’identité auprès de l’arrondissement de mon quartier et  j’ai oublié de la récupérer. Entretemps, on l’a renvoyée à la population, bref, j’ai dû affronter ce service. J’ai repoussé cette épreuve, mais je n’avais plus le choix.

Arrivée devant  le guichet de la carte d’identité, je me suis rendue compte que je ne m’en sortirai pas facilement.

D’abord, il faut  faire la queue devant un guichet où il est écrit « Accueil », deux jeunes filles officient derrière,  les gens se bousculent pour  arriver jusqu’à elles et leur poser leur question. Ces deux jeunes filles vous renvoient la plupart du temps, chez une de leur collègue  assise juste derrière. Mais pour atteindre cette jeune fille, qui est pourtant si proche, il faut aller vers une porte tenue par deux policiers. Cette porte  donne accès aux autres services de la direction.

Donc toutes les personnes qui ont besoin du directeur et de ses collaborateurs et les gens qui ont juste besoin d’un simple renseignement sont logés à la même enseigne.

Je me suis demandé pourquoi à côté des filles de l’accueil, on n’avait  pas mis aussi l’autre fille, chargée de regarder le suivi de votre dossier sur ordinateur ? Une grande majorité de gens sont orientés vers cette jeune fille, qui avec son ordinateur a accès, aux différents dossiers des usagers et qui peut satisfaire leur demande, soit en leur indiquant  les pièces manquantes, soit en  les orientant vers un autre service, ou pourquoi ces filles à l’accueil ne sont pas équipées d’un ordinateur qui leur permettrait de satisfaire  toutes les demandes ? Sans avoir à affronter deux policiers  qui n’ont   rien compris à leur tâches, qui vous traitent comme si vous étiez des moins que rien ? Pourquoi faire de cette employée, le Saint-Graal, un chemin semé d’obstacles, le premier obstacle étant une foule de gens agglutinée autour de policiers qui les tiennent à distance et qui les repoussent sans aucun ménagement ?

Pour ces policiers, les usagers d’un service public dans une administration et un mouvement de foule à la Place Harbi, qu’il faut contenir sont  la même chose.

Evidemment, ces policiers laissent passer toute personne qu’ils connaissent.

Les gens continuent à affluer, les policiers sont vite dépassés, et font virevolter leur gourdin. La foule ne diminue pas.

Les policiers excédés, repoussent tout le monde, l’un se met au milieu, tandis que l’autre garde la porte.

Celui qui est au milieu est vite entouré par une marée humaine qui tend vers lui des petits bouts de papier où sont écrits les références de leur dossier,

Il y a des moments comme ça, où la dignité de l’être humain est mise à mal, mais on a l’impression que les Djiboutiens en redemandent.

Je suis restée à l’écart,  mais je savais bien qu’il fallait un moment ou un autre, se jeter dans l’arène.

Je retourne voir la jeune fille du guichet et lui dit qu’il n’est pas possible d’entrer dans ces conditions, elle m’apprend que de toutes façons, la jeune femme qui fournit les informations dont tous ces gens ont besoin, n’est pas là, donc ils se  bousculent, transpirent,  sont traités comme des animaux et attendent pour rien.

La direction de ce service apparemment ne s’est jamais penchée sur les conditions d’accueil de ces usagers, et même si elle les voit ne s’est pas sentie concernée, car il n’est pas normal qu’un service soit si mal géré.

Très peu de gens repartirons, satisfaits, et ayant obtenu ce qu’ils sont venus chercher,  et seront obligés de revenir une deuxième et troisième fois avant d’obtenir ce qu’ils voulaient.

 

Le Président de la République a admonesté ces administrations et on espère qu’il a été entendu. Chaque service que nous demandons à l’administration  est une épreuve et cela ne devrait pas l’être.

Nous qui sommes  fonctionnaires, nous arrivons toujours à faire appel à nos amis ou autres, mais il y a un bon nombre de nos concitoyens qui sont tous les jours confrontés à ces difficultés, nous ne sommes pas un grand pays, moins d’un million de personnes, pas difficile à satisfaire, c’est la compétence et la volonté des gens en place qui manquent, c’est surtout aussi l’impunité qui prévaut dans les services de l’administration où aucun contrat de performance n’est imposé. Les promotions à des hauts postes sont souvent faites d’une façon tribale, chaque ministre venant quelque part, voulant nommer les siens, au détriment de ceux qui sont là, au détriment de l’ancienneté et la compétence. Celui ou celle qui est parachuté ainsi, n’a même aucune légitimité auprès de ses subordonnés, qu’il connait à peine et avec lesquels il aura du mal à travailler et auprès desquels il aura du mal à s’imposer.

Ce personnel parachuté est souvent sans formation préalable.

Il n’est pas dit que tout ceci est irréversible, nous pouvons faire mieux, nous pouvons prétendre à des meilleurs services. La plupart du temps, les gens ne sont pas obligés d’attendre des employés qui se sont le plus souvent éclipsés, ou qui quelquefois s’enferment dans le bureau, en donnant ordre de ne pas être dérangé, alors que des gens  croupissent sous le soleil, à les attendre.

La direction de la population n’est pas seule en cause, il y a en beaucoup qui auraient besoin d’un toilettage extrême.

Pour avoir l’émergence d’un service public de qualité, il faudra commencer par les ressources humaines, principales sources d’ennui.

En fait notre administration souffre de clientélisme, de favoritisme, de népotisme, du fait de caser parents et amis sans prendre en considération l’efficacité ou les résultats. Si nous nous débarrassons de tout cela, tout ira bien.

 

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L’Opposition : Chronique d’une mort annoncée

Posté par kahasane le 14 mars 2016

Depuis quelques mois on assistait à une lente décomposition de l’opposition, des dissensions internes, un semblant d’unité  qui a volé en éclat, un manque de leadership, des ambitions différentes, tout cela ne pouvait que présager qu’elle s’efface du paysage politique de notre pays. Pour l’instant. Elle pourra toujours, comme le phénix, renaitre de ses cendres. Elle l’a déjà fait, dans le passé.

L’opposition est arrivée en 2013 , une coalition abritant sous son aile plusieurs partis, anciens et nouveaux, elle est arrivée dans un pays en proie à des doutes,  décu de ses dirigeants, certains d’entre nous étaient plus que  tentés de rejoindre l’aventure USN,  beaucoup de gens fatigués de l’UMP et surtout du parti phare, le RPP, étaient prêts à se jeter dans les bras du premier venu. Ils n’avaient pas forcément envie de voter pour l’opposition, mais surtout contre l’UMP. un changement était plus que nécessaire, l’usure s’installait.

On n’a pas toujours besoin de raisons, dans l’histoire, on a vu des peuples voter contre ceux qu’ils adulaient il y a peu, pour des raisons diverses alors que  tout semblait aller pour le mieux.

Un dirigeant peut-être remercié alors qu’il était adulé. Qui aurait pensé qu’un Churchill pouvait perdre des élections, en 1945, alors qu’il était sanctifié par les Britanniques, les mêmes britanniques qui lui ont préféré un homme qui n’avait pas la moitié de sa popularité?

D’un autre côté, les Américains, pour éviter la lassitude du pouvoir et les multiples réélections, ont amendé leur constitution, après que Roosevelt ait été réelu 4 fois.  Il a sorti pourtant sorti son pays du marasme des années de la dépression. Mais ce n’est pas parce qu’on a réalisé des choses qu’on doit rester au pouvoir ad vitam aeternam, ont dû se dire les parlementaires américains qui ont proposé l’amendement à cette époque. Le 22eme  amendement  interdit à tout président de servir plus de deux mandats complets.

Tout en reconnaissant les acquis et les réalisations de notre Président, certains d’entre nous, ont   donc voulu voir autre chose. Depuis  1977, le même parti est au pouvoir, et il n’est pas interdit de vouloir un autre parti gouverner ce pays, ne serait-ce que pour comparer.

L’opposition avait donc beaucoup de chance.

Malheureusement elle  n’a   pu éviter  deux écueils au moins :

D’abord elle s’est acoquinée avec tout ce qu’elle pouvait trouver, des  deçus du gouvernement, des gens qui espéraient des postes ministériels et qui ne l’ont pas eu, ceux qui avait un litige personnel avec le Président, le seul dénominateur commun de tous ces gens, étant une certaine inimitié envers le Président actuel. Comme un fleuve en crue, elle a dragué tout sur son passage. Pour certains, les considérations tribales étaient au cœur des revendications.  Pour eux il n’était pas normal qu’une seule tribu soit au pouvoir pendant près de 40 ans. Malheureusement leurs revendications se sont arrêtées là, et souvent le discours qui revenait en boucle était non pas un état de lieu de tout ce qui n’a pas marché mais un décompte des années au pouvoir. On n’avait pas besoin de cela, on sait compter.

L’opposition a pris à son compte, l’adage qui dit « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Ce n’est pas aussi simple.

Parmi les opposants, il serait malhonnêtes de ne pas mentionner les gens de bonne volonté,   une minorité certes, qui réellement pensaient que ce pays avait besoin d’un autre leadership, d’une autre manière de gouverner, de voir la chose publique, une meilleure répartition de la richesse du pays, une société civile efficiente, des partis politiques responsables, acceptant l’autre dans sa différence et dans ses idéologies.  Mais dans la cacophonie ambiante, leur voix n’a pu être entendue.

Le deuxième écueil était qu’elle a toujours existé par rapport au gouvernement, lorgnant toujours vers ces dirigeants qu’ils dénonçaient pourtant, cherchant par tous les moyens à tirer parti de leur position d’opposant. On avait l’impression que pour certains, être opposant est une manière de monnayer leur retour. On avait l’impression que gouverner  était une option qui n’a jamais été envisagée.

A cela s’ajoute, le manque de leadership. Jusqu’à aujourd’hui à part les militants USN, très peu de  djiboutiens peuvent donner le nom d’un haut responsable de l’opposition mais aussi une ghettoïsation  du débat, le cantonnant aux quartiers périphériques de la ville, ramenant tout à une sorte de lutte de classes.

A leur décharge, on peut dire aussi que le gouvernement ne leur a pas rendu la tâche facile, faisant tout  pour les diviser ou pour réduire leur liberté.

Les dés sont jetés, les élections approchent, on ne peut spéculer sur la réussite de tel ou tel candidat,  même si le suspense n’est pas très intense. On voit le parti au pouvoir, mener cette campagne comme à son habitude, arroser des promesses et d’argent, les annexes, et revenir voir les gens qu’ils ont vus il y a trois, 5 ans, et plus, avec toujours les mêmes promesses. Le discours ne passe plus, la phrase qui revient, est « ils ne sont là que quand ils ont besoin de nous ».

Aujourd’hui notre pays est  stable, dans l’ensemble,  beaucoup d’efforts consentis dans beaucoup de domaines, on ne va nier les évidences et le gouvernement met souvent cette stabilité et ces réalisations en avant, il faudrait que l’opposition du pays, peu importe ses défaut, elle évoluera, puisse bénéficier d’un cadre institutionnel,  il faudrait que ce nouveau mandat, soit aussi cela de l’ouverture politique.

 

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Transports en commun

Posté par kahasane le 23 février 2016

 

Depuis quelques années, les Djiboutiens ont des problèmes de transport,  il est fréquent de voir des dizaines et des dizaines de personnes tout au long des rues, de la place Harbi, au rond poind d’Einguela, de la FNP jusqu’à l’UNFD,  enfin dans beaucoup d’endroits, à attendre le bus, des bus qui  deviennent de plus en plus rares et une population qui ne cesse  d’augmenter.  Et ces gens peuvent attendre des heures, avant de pouvoir trouver leur bonheur.

Certains préfèrent même marcher, quand la distance est raisonnable.

Ce sont  surtout les quartiers de Balbala qui sont les plus touchés,  même si aucun quartier n’est épargné,

Au début quand on voyait  les attroupements, on se disait qu’on commençait à être touché  par les pénuries comme toutes  les grandes villes du monde, cette pénurie n’est plus anecdotique mais devient un vrai problème de société, surtout pour les étudiants des universités et des lycées.

Il faut savoir qu’il   n’y a  pratiquement plus de classes qui peuvent commencer à 7H30, professeurs et élèves étant systématiquement en retard.  les élèves ou les professeurs qui habitent à Balbala et qui travaillent ou étudient dans un établissement de la ville, ne doivent  même pas songer à rentrer, s’ils doivent revenir l’après-midi. Il y a même des enseignants qui  ont  préféré se faire muter dans les districts, pour échapper à ce casse-tête.

Certains cyniques diront que nous sommes entrain d’adopter un style de vie occidental et que nous finirons par avoir des journées continues.  Pourquoi pas ? Mais où vont rester ces gens qui ne rentrent pas chez eux ? Si nous adoptons ce mode de vie, il faudrait qu’une certaine logistique se mette en place pour assurer la restauration de ces gens.

Je me rappelle il y a quelques années des enseignants squattant la salle des professeurs, avec des sandwiches, mais c’était il y a déjà quelques années, et il n’était que quelques uns à être concernés. Aujourd’hui, même l’élève qui est au lycée d’Etat et qui habite au Q. 7, a du mal à rentrer et à revenir à l’heure. Certains chefs d’établissement ont mis en place une distribution de sandwiches, pour des élèves venant des localités comme Damerjog. Mais pour ceux qui habitent Djibouti et ses alentours, rien n’est prévu.  Il n’y a  pratiquement aucun de point de vente, à côté d’aucun lycée de Djibouti, sauf les beignets habituels. Il faudrait penser un jour doter nos universités et nos lycées de cafétérias, de manière à faciliter la vie de tous ces étudiants et professeurs.

Le manque de bus est devenu une contrainte constante  à prendre en compte pour chaque déplacement pour tous les Djiboutiens n’ayant pas de véhicule.  Il faut voir les sortes d’émeutes à la place Harbi aux heures de grande affluence, pour mesurer l’ampleur de la situation que vivent beaucoup de nos concitoyens.

Il faut voir les empoignades qu’il y a aux heures de pointe, où ni les personnes âgées ni les femmes ou enfants ne sont épargnés,  l’altruisme ne résiste pas à une heure  d’attente sous le soleil.

Cette année, au moment du bac, les candidats ne pouvant rentrer chez eux, ne pouvaient pas non plus manger sur place, même les marchandes de beignets fuient la canicule,  alors imaginez l’élève qui étant parti à 6 heures du matin de  chez lui pour être à l’heure, et ayant fini à 12h, reprenant quelquefois à 14h30mn, et ayant quelques biscuit pour seule nourriture.  Chacun comprendra que ce problème touche plus particulièrement les enfants issus de familles les plus démunies.

Quand on a construit  les lycées et les collèges, je ne sais pas si ceux qui ont fait  cela avaient une vision de l’avenir, de la démographie, de la disposition des quartiers, il est sûr qu’il aurait  choisi la proximité de quartiers à forte densité. Il est vrai qu’on n’avait pas prévu la désertion des établissements publics. Aujourd’hui le lycée de Gabode et les collèges portant le même nom, sont des zones résidentielles dont les enfants fréquentent exclusivement les collèges et lycées privés. Il en est de même pour les collèges de Hodan 1, 2, 3, qui n’accueillent aucun élève des quartiers dans lesquels ils sont implantés. Tout cela n’a pas beaucoup de sens.

En fait ce problème de bus, empoisonne la vie de bon nombre de nos concitoyens, et il faudra chercher des solutions ou au moins essayer d’alléger tous les problèmes annexes que cela crée.

Ils sont de plus en plus nombreux à en souffrir en silence. Parlons-en, évoquons des solutions, ce n’est sûrement pas facile, mais il faut faire l’effort de s’y intéresser au moins, pour montrer à cette population qu’on ne les oublie pas.

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La route de Tadjourah

Posté par kahasane le 22 janvier 2016

 

Elle est belle la route de Tadjourah, surtout dès que la mer  s’invite au voyage   mes yeux ne peuvent plus quitter cette mer si   lisse et si limpide,

Au début elle  est proche et d’un bleu turquoise, cette couleur que, je croyais,  n’exister que dans les romans.

Elle est presque à portée de main, si proche de la route,   mais plus on monte en altitude et on aborde les multiples virages, plus elle s’éloigne, et change de couleur, elle dévient bleu très clair, presque blanchâtre, quand la lumière du matin vient à sa rencontre, et là, disparait et réapparait au gré des tournants,

Le Goubet et l’ile du Diable, deviennent visibles aussi, lieux de tant de légendes,

Aucun vent ne vient perturber  cette mer, sans  ride et sans  aucun murmure  on dirait qu’un drap a été mis dessus, un drap blanc, tiré méticuleusement, elle est silencieuse, en parfaite harmonie avec ce ciel, si bleu.

Quand onla  fixe un peu longtemps, elle  se confond avec l’horizon.

Le paysage est composé de failles, des collines abruptes, tournées vers cette mer dont les douces vagues viennent délicatement  mourir en contrebas.  La  terre est recouverte de croutes noires mais la mer est là, pour adoucir tout ce que ce paysage a de rugueux.

Quelquefois, le ciel devient sombre, et le soleil, avant de disparaitre sous ces nuages, jette avec toute ses forces ses derniers rayons, sur une partie de la mer qui ainsi se  détache  et devient lumineuse et le regard, charmé,  s’attarde  sur cette sorte de halo.

Baudelaire avait dit « Homme libre, tu chériras toujours la mer » Peut-être  est-ce son âme qu’on a envie de contempler?

Cette mer est belle,  cette région est belle, elle n’est pas verte, mais malgré tout elle reste majestueuse, comme si elle recelait de secrets venus de siècles passés, comme si elle avait été témoin de bouleversement climatiques, dont on voit la trace sur le sol,  mais la mer, elle, toute souriante, fait oublier   cette nature, un peu inhospitalière, les arbres, sont noueux, mais la mer, elle, est là, changeant de couleur , provoquant même une sorte de réverbération, avec ce soleil éclatant  du matin,

Quand on se rapproche de Tadjourah, elle arrête de jouer à cachecache et vient  se dévoiler à nos yeux, dans son immensité,  on a laissé derrière les routes sinueuses, les multiples virages, on peut suivre le voyage des vagues, qui n’ayant pas de vent pour les porter, viennent paresseusement se trainer jusqu’ au bord,

Mes yeux sont captivés, la mer a quelque chose de magique, charmeur, elle continuer à nous guider vers cette ville du nord,  de l’autre côté, il n’y a qu’un paysage vide, orné de quelques arbres, mais à droite, il y a cette étendue d’eau, qui, tout en nous berçant de ces clapotis presque imperceptibles, nous emmène à Tadjourah,

Enfin on est  arrivé, et la ville s’enorgueillit de ce bras de mer, c’est son charme à elle, les gamins jouent autour ou se baignent,  quelquefois, ils n’ont qu’un pied à mettre dehors pour la retrouver,  pourquoi bouderaient-ils leur plaisir ?

je n’ose imaginer le bonheur de ceux qui habitent au bord de cette mer,  qui s’endorment  la nuit avec  ce roulis incessant, et s’ils  éteignent tout,  ventilateurs et autre, ils peuvent  se contenter de l’écouter,  venir se jeter contre le mur,  quand le temps est au vent, et s’endormir avec cette musique.

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4ème mandat ou nouveau mandat?

Posté par kahasane le 21 janvier 2016

Enfin les choses se clarifient, (elles ont toujours été claires pour la plupart de gens)    la campagne va démarrer, pas d’opposants en vue,  quelques noms circulent, mais rien qui fasse peur à l’establishment. Néanmoins,  d’ici trois mois, tout peut changer,

Un 4ème mandat, certains préfèrent dire un nouveau mandat, le choix des mots est important, que va changer  ce quatrième mandat  exactement ?

On parle beaucoup de projets, de chantiers,  de réalisations et c’est vrai, qu’il y en a, ils sont nombreux, et  certainement, créateurs d’emplois, on l’espère en tout cas.  Mais moi, personnellement, égoïstement, en ramenant tout à moi, je me demande en quoi les réalisations vont  changer ma vie ? C’est vrai quelque part, la bonne santé économique du pays  rejaillira sur d’autres secteurs, mais je ne suis pas commerçante ni femmes d’affaires, ni restauratrice,   En  tant que fonctionnaire, ce qui m’intéresserait et le discours que j’aimerais entendre, est celui qui  concerne la santé, bien sûr, une sorte de CMU  a été créée, et les Djiboutiens se ruent vers AL Rahma, mais cette entreprise  ne constitue pas le système de santé pour lequel je paie tant, les djiboutiens, ravis au départ de cette prise en charge complète ont vite déchanté. Donc on est   obligé de se rabattre sur le privé et de payer, donc quelle solution ? A quoi les charges que je paye chaque mois  servent? L’idéal  serait que l’hopital Peltier revienne à la vie,  qu’il soit equipé avec du matériel qui marche, et qu’il soit confié à des gens compétents, surtout maintenant que tant de jeunes Djiboutiens, reviennent ou vont revenir, avec des diplômes de docteur en médecine,

L’autre discours qui m’intéresserait c’est celui qui concerne l’éducation. Si  on a fui l’école publique, il y a certainement des raisons et il faut chercher ces raisons. Ceux qui ont le plus fui sont ceux qui y travaillent, c’est comme si quelqu’un refusait de manger les plats du restaurant où il travaille, on s’en s’inquiéterait.

Pourtant le budget alloué à ce ministère  est colossal, la création d’une maison d’édition, pour la production de manuels fabriqués chez nous, à l’origine une bonne idée, un centre de formation pour les enseignants,  autre bonne idée,  mais il y a toujours un hic, on dépense beaucoup pour la réhabilitation  des écoles et collèges, malheureusement, tout cela ne constitue que des morceaux de puzzle, qui ne sont pas bien imbriqués,  Nous avons besoin de faire revenir les Djiboutiens vers leur école publique, cela devrait être un défi.

D’autres choses m’interpellent, la corruption, comme tant de djiboutiens, elle me dérange, car elle est un frein au développement, elle donne une mauvaise image de notre pays, elle trompe les générations futures, en leur faisant croire, que s’enrichir sur le dos de ses concitoyens est la norme alors qu’elle ne devrait être que l’exception. On a crée des entités, j’ai entendu cela à la télévison, j’ai entendu ici ou là des propositions, mais  ce n’est pas sorcier, nous ne sommes pas  encore arrivés, je crois, au stade on cache l’argent volé, dans les iles Caimans ou ailleurs. Pourquoi ne pas demander une publication des revenus et des biens que chaque personne possède avant d’entrer dans une haute fonction,  comment peut-on confier autant à des personnes sans audit, sans surveillance?

Un peu plus de moralité dans la vie publique ? pas mal, à mon avis, si son se penchait sur cet aspect là. Moins de conflit d’interêt?

J’aimerais qu’on s’attelle  aussi au problème du transport qui pourrit la vie d’une grande majorité de djiboutiens. Aujourd’hui les cours dans les collèges et lycées commencent systématiquement avec du retard  la première heure, et c’est même devenu l’excuse de tous les resquilleurs, « Impossible d’avoir un bus », une solution pour un  ramassage scolaire dans les zones les plus éloignées, une solution de respect de la carte scolaire, je sais que ce n’est pas facile, mais pourquoi a-t-on construit des collèges et lycées dans des zones résidentielles où les gens envoient systématiquement leurs enfants dans le privé ? (lycée de Gabode, CEM de GABODE1, Gabode 4), un peu plus de vision dans la construction des écoles , réduirait le nombre d’ usagers des transports publics.

Voilà des choses auxquelles je pense, moi et beaucoup d’autres.

J’aimerais une décentralisation effective, de manière à ce que nos régions se remettent à vivre, il n’y a pas de vie en dehors de Djibouti.

J’ai d’autres rêves mais ils sont trop utopistes pour les mentionner.

 

 

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