la maturité politique et nous

Posté par kahasane le 20 décembre 2012

Ces jours-ci en marge des événements organisés pour le 40e anniversaire de la langue Somalie, j’ai eu l’occasion de bavarder avec des gens venus de la région, et évidemment, la discussion a bifurqué vers la politique.  Tous ces gens sont en admiration devant notre président, et son action. Ils sont en admiration devant tout ce qu’il a accompli, et les changements intervenus dans notre pays ces dernières années. C’est un peu normal, ce sont nos hôtes et ils ne peuvent pas nous critiquer, ce serait assez mal venu d’ailleurs, et nous ne le supporterions pas. Mais devant tant d’éloges, nous restons sceptiques. Nous essayons de leur parler des aspects critiquables de notre société, mais ils nous  disent   que ce n’est pas cela le plus important et qu’il ne faut pas qu’on s’empresse de copier des modèles  pour lesquels nous ne sommes  pas prêts, que nous sommes  un petit  pays et que pour l’instant il faut continuer à le construire, ce qui, d’après eux, est en bonne voie. Quelques uns de nos concitoyens et moi-même avons essayé de les arrêter, mais ils n’ont rien voulu entendre et ont répété que nous sommes  inconscients de la chance que nous avions.

Et en fait, voilà la clé du mystère. Ces pays ont tous traversé des périodes de guerre, la Somalie n’en a pas encore fini même si on dirait que le pire  est derrière elle, (Que Dieu nous entende). Pour ces pays, le plus important c’est la paix. Et pour l’instant,  ce qu’ils nous disent, c’est de savourer cette paix, et de ne pas chercher autre chose. Mais je ne suis pas d’accord, ce n’est parce qu’on va agiter le spectre d’un conflit qu’on va contenir  une population qui peut aspirer à un changement politique, à des députés représentatifs, à la lutte effective  contre la corruption, à des hommes politiques qui savent qu’ils ont des comptes à rendre et peuvent être démis s’ils ne donnent pas satisfaction ?

Est-ce qu’il faut revenir à dire que la démocratie selon Périclès, ne sied pas en Afrique, comme nous le montre tous les jours, ce qui se passe en Egypte ? L’alternance du pouvoir ne passe pas forcément par le rapport de force, mais ces somaliens ne sont pas d’accord avec nous, et nous disent que le plus important est  ce que nous avons, et que le reste viendrait avec le temps, que c’est inévitable, que la maturité politique viendrait en temps voulu avec une population de plus en plus instruite, et qui comprendrait enfin qu’un parti politique  n’est pas une association de gens de la même ethnie ou tribu, mais des gens qui partagent les mêmes idées ou intérêts.

Peut-être ont-ils raison, peut-être devrait-on  laisser les choses telles qu’elles sont, en commençant par des associations, des groupes d’action, par le bas, en quelque sort, le temps d’atteindre cette maturité politique à laquelle on aspire.

Quand on voit un pays comme la France qui se dit être démocratique depuis un certain temps et quand on voit pourtant à quel point la population est désabusée par les partis politiques classiques,  on se dit qu’on a du chemin à faire.

Donc pour l’instant, comme on n’a pas ce qu’on veut, on devra se contenter de vouloir ce qu’on a.

 

 

Une Réponse à “la maturité politique et nous”

  1. alimia dit :

    je suis tout a fait d’accord avec vous et j’ajouterai si vous me le permettez que l’illusion de l’application de la démocratie en afrique ,proche orient , pays islamiques etc….. ils n’y a que les plus démunies qui le payes surtout ces dernier temps alors je prefere garder ce que j’ai en main tout en imposant petit à petit la vraie démocratie par le bas en attendant la maturité politique et sociale

    merci pour ces articles qui expriment nos convictions

 

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