Transports en commun

Posté par kahasane le 23 février 2016

 

Depuis quelques années, les Djiboutiens ont des problèmes de transport,  il est fréquent de voir des dizaines et des dizaines de personnes tout au long des rues, de la place Harbi, au rond poind d’Einguela, de la FNP jusqu’à l’UNFD,  enfin dans beaucoup d’endroits, à attendre le bus, des bus qui  deviennent de plus en plus rares et une population qui ne cesse  d’augmenter.  Et ces gens peuvent attendre des heures, avant de pouvoir trouver leur bonheur.

Certains préfèrent même marcher, quand la distance est raisonnable.

Ce sont  surtout les quartiers de Balbala qui sont les plus touchés,  même si aucun quartier n’est épargné,

Au début quand on voyait  les attroupements, on se disait qu’on commençait à être touché  par les pénuries comme toutes  les grandes villes du monde, cette pénurie n’est plus anecdotique mais devient un vrai problème de société, surtout pour les étudiants des universités et des lycées.

Il faut savoir qu’il   n’y a  pratiquement plus de classes qui peuvent commencer à 7H30, professeurs et élèves étant systématiquement en retard.  les élèves ou les professeurs qui habitent à Balbala et qui travaillent ou étudient dans un établissement de la ville, ne doivent  même pas songer à rentrer, s’ils doivent revenir l’après-midi. Il y a même des enseignants qui  ont  préféré se faire muter dans les districts, pour échapper à ce casse-tête.

Certains cyniques diront que nous sommes entrain d’adopter un style de vie occidental et que nous finirons par avoir des journées continues.  Pourquoi pas ? Mais où vont rester ces gens qui ne rentrent pas chez eux ? Si nous adoptons ce mode de vie, il faudrait qu’une certaine logistique se mette en place pour assurer la restauration de ces gens.

Je me rappelle il y a quelques années des enseignants squattant la salle des professeurs, avec des sandwiches, mais c’était il y a déjà quelques années, et il n’était que quelques uns à être concernés. Aujourd’hui, même l’élève qui est au lycée d’Etat et qui habite au Q. 7, a du mal à rentrer et à revenir à l’heure. Certains chefs d’établissement ont mis en place une distribution de sandwiches, pour des élèves venant des localités comme Damerjog. Mais pour ceux qui habitent Djibouti et ses alentours, rien n’est prévu.  Il n’y a  pratiquement aucun de point de vente, à côté d’aucun lycée de Djibouti, sauf les beignets habituels. Il faudrait penser un jour doter nos universités et nos lycées de cafétérias, de manière à faciliter la vie de tous ces étudiants et professeurs.

Le manque de bus est devenu une contrainte constante  à prendre en compte pour chaque déplacement pour tous les Djiboutiens n’ayant pas de véhicule.  Il faut voir les sortes d’émeutes à la place Harbi aux heures de grande affluence, pour mesurer l’ampleur de la situation que vivent beaucoup de nos concitoyens.

Il faut voir les empoignades qu’il y a aux heures de pointe, où ni les personnes âgées ni les femmes ou enfants ne sont épargnés,  l’altruisme ne résiste pas à une heure  d’attente sous le soleil.

Cette année, au moment du bac, les candidats ne pouvant rentrer chez eux, ne pouvaient pas non plus manger sur place, même les marchandes de beignets fuient la canicule,  alors imaginez l’élève qui étant parti à 6 heures du matin de  chez lui pour être à l’heure, et ayant fini à 12h, reprenant quelquefois à 14h30mn, et ayant quelques biscuit pour seule nourriture.  Chacun comprendra que ce problème touche plus particulièrement les enfants issus de familles les plus démunies.

Quand on a construit  les lycées et les collèges, je ne sais pas si ceux qui ont fait  cela avaient une vision de l’avenir, de la démographie, de la disposition des quartiers, il est sûr qu’il aurait  choisi la proximité de quartiers à forte densité. Il est vrai qu’on n’avait pas prévu la désertion des établissements publics. Aujourd’hui le lycée de Gabode et les collèges portant le même nom, sont des zones résidentielles dont les enfants fréquentent exclusivement les collèges et lycées privés. Il en est de même pour les collèges de Hodan 1, 2, 3, qui n’accueillent aucun élève des quartiers dans lesquels ils sont implantés. Tout cela n’a pas beaucoup de sens.

En fait ce problème de bus, empoisonne la vie de bon nombre de nos concitoyens, et il faudra chercher des solutions ou au moins essayer d’alléger tous les problèmes annexes que cela crée.

Ils sont de plus en plus nombreux à en souffrir en silence. Parlons-en, évoquons des solutions, ce n’est sûrement pas facile, mais il faut faire l’effort de s’y intéresser au moins, pour montrer à cette population qu’on ne les oublie pas.

 

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