L’Opposition : Chronique d’une mort annoncée

Posté par kahasane le 14 mars 2016

Depuis quelques mois on assistait à une lente décomposition de l’opposition, des dissensions internes, un semblant d’unité  qui a volé en éclat, un manque de leadership, des ambitions différentes, tout cela ne pouvait que présager qu’elle s’efface du paysage politique de notre pays. Pour l’instant. Elle pourra toujours, comme le phénix, renaitre de ses cendres. Elle l’a déjà fait, dans le passé.

L’opposition est arrivée en 2013 , une coalition abritant sous son aile plusieurs partis, anciens et nouveaux, elle est arrivée dans un pays en proie à des doutes,  décu de ses dirigeants, certains d’entre nous étaient plus que  tentés de rejoindre l’aventure USN,  beaucoup de gens fatigués de l’UMP et surtout du parti phare, le RPP, étaient prêts à se jeter dans les bras du premier venu. Ils n’avaient pas forcément envie de voter pour l’opposition, mais surtout contre l’UMP. un changement était plus que nécessaire, l’usure s’installait.

On n’a pas toujours besoin de raisons, dans l’histoire, on a vu des peuples voter contre ceux qu’ils adulaient il y a peu, pour des raisons diverses alors que  tout semblait aller pour le mieux.

Un dirigeant peut-être remercié alors qu’il était adulé. Qui aurait pensé qu’un Churchill pouvait perdre des élections, en 1945, alors qu’il était sanctifié par les Britanniques, les mêmes britanniques qui lui ont préféré un homme qui n’avait pas la moitié de sa popularité?

D’un autre côté, les Américains, pour éviter la lassitude du pouvoir et les multiples réélections, ont amendé leur constitution, après que Roosevelt ait été réelu 4 fois.  Il a sorti pourtant sorti son pays du marasme des années de la dépression. Mais ce n’est pas parce qu’on a réalisé des choses qu’on doit rester au pouvoir ad vitam aeternam, ont dû se dire les parlementaires américains qui ont proposé l’amendement à cette époque. Le 22eme  amendement  interdit à tout président de servir plus de deux mandats complets.

Tout en reconnaissant les acquis et les réalisations de notre Président, certains d’entre nous, ont   donc voulu voir autre chose. Depuis  1977, le même parti est au pouvoir, et il n’est pas interdit de vouloir un autre parti gouverner ce pays, ne serait-ce que pour comparer.

L’opposition avait donc beaucoup de chance.

Malheureusement elle  n’a   pu éviter  deux écueils au moins :

D’abord elle s’est acoquinée avec tout ce qu’elle pouvait trouver, des  deçus du gouvernement, des gens qui espéraient des postes ministériels et qui ne l’ont pas eu, ceux qui avait un litige personnel avec le Président, le seul dénominateur commun de tous ces gens, étant une certaine inimitié envers le Président actuel. Comme un fleuve en crue, elle a dragué tout sur son passage. Pour certains, les considérations tribales étaient au cœur des revendications.  Pour eux il n’était pas normal qu’une seule tribu soit au pouvoir pendant près de 40 ans. Malheureusement leurs revendications se sont arrêtées là, et souvent le discours qui revenait en boucle était non pas un état de lieu de tout ce qui n’a pas marché mais un décompte des années au pouvoir. On n’avait pas besoin de cela, on sait compter.

L’opposition a pris à son compte, l’adage qui dit « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Ce n’est pas aussi simple.

Parmi les opposants, il serait malhonnêtes de ne pas mentionner les gens de bonne volonté,   une minorité certes, qui réellement pensaient que ce pays avait besoin d’un autre leadership, d’une autre manière de gouverner, de voir la chose publique, une meilleure répartition de la richesse du pays, une société civile efficiente, des partis politiques responsables, acceptant l’autre dans sa différence et dans ses idéologies.  Mais dans la cacophonie ambiante, leur voix n’a pu être entendue.

Le deuxième écueil était qu’elle a toujours existé par rapport au gouvernement, lorgnant toujours vers ces dirigeants qu’ils dénonçaient pourtant, cherchant par tous les moyens à tirer parti de leur position d’opposant. On avait l’impression que pour certains, être opposant est une manière de monnayer leur retour. On avait l’impression que gouverner  était une option qui n’a jamais été envisagée.

A cela s’ajoute, le manque de leadership. Jusqu’à aujourd’hui à part les militants USN, très peu de  djiboutiens peuvent donner le nom d’un haut responsable de l’opposition mais aussi une ghettoïsation  du débat, le cantonnant aux quartiers périphériques de la ville, ramenant tout à une sorte de lutte de classes.

A leur décharge, on peut dire aussi que le gouvernement ne leur a pas rendu la tâche facile, faisant tout  pour les diviser ou pour réduire leur liberté.

Les dés sont jetés, les élections approchent, on ne peut spéculer sur la réussite de tel ou tel candidat,  même si le suspense n’est pas très intense. On voit le parti au pouvoir, mener cette campagne comme à son habitude, arroser des promesses et d’argent, les annexes, et revenir voir les gens qu’ils ont vus il y a trois, 5 ans, et plus, avec toujours les mêmes promesses. Le discours ne passe plus, la phrase qui revient, est « ils ne sont là que quand ils ont besoin de nous ».

Aujourd’hui notre pays est  stable, dans l’ensemble,  beaucoup d’efforts consentis dans beaucoup de domaines, on ne va nier les évidences et le gouvernement met souvent cette stabilité et ces réalisations en avant, il faudrait que l’opposition du pays, peu importe ses défaut, elle évoluera, puisse bénéficier d’un cadre institutionnel,  il faudrait que ce nouveau mandat, soit aussi cela de l’ouverture politique.

 

 

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