l’administration djiboutienne

Posté par kahasane le 1 mai 2016

Une certaine catégorie de Djiboutiens vit mal,  ils n’ont pas une éducation correcte pour leurs enfants, ils n’ont pas de services de santé adéquats, ils ont des problèmes de transport, en fait chaque chose qu’ils font est un parcours de combattant.  Aller aux Finances chercher une fiche de salaire est difficile, ils doivent  faire la queue, faire leur demande et  revenir la récupérer le lendemain si le chef de service est là et qu’il l’a signée et si   le service informatique n’est pas tombé en panne. Mais il faut reconnaitre que  le service a connu des améliorations.

S’ils déménagent et qu’ils veulent changer leurs enfants d’école, c’est impossible, ce qui ne devait être qu’une formalité devient une affaire d’Etat. On devrait juste leur demander une facture d’eau ou d’électricité et faciliter le transfert de leurs enfants, mais non. Cette notion de service public et d’assistance à  notre prochain est inconnue.

C’est la raison pour laquelle, avant d’aller dans un service, on essaie de localiser quelqu’un qu’on connait,  pour nous faciliter la tâche. Mais tout le monde n’a pas cette chance.

Une administration publique devrait être accessible au public.

Le père qui a un petit boulot quelque part, à qui  on demande de déposer un dossier scolaire pour son enfant qui passe un examen, et qui doit aller dans plusieurs services, ne pourra jamais le faire en une journée, systématiquement il faudra qu’il y retourne plusieurs jours, or son travail ne lui permettra pas. On rencontre souvent ces parents désabusés et perdus, pour lesquels on n’a pas de solutions.

Les services de l’administration sont en déshérence totale et les problèmes kafkaïens qu’on y rencontre, peuvent remplir des pages et des pages. Malgré tout cela, il y a des services qui ont fait des efforts, même si les résultats ne sont pas aussi satisfaisants qu’on l’aurait souhaité.

Un ministère est toujours à la traine, il s’agit du ministère de l’intérieur, entre les arrondissements, où la corruption n’est même plus cachée, le district, les services de carte grise, du permis, et ainsi de suite.

La Direction de la Population est symptomatique de cette inefficacité qu’on a reprochée en haut lieu à l’administration de notre pays.

Si vous avez le malheur de perdre votre carte d’identité et que vous voulez la faire  refaire, vous vous demanderez où vous avez atterri et pourquoi les choses sont ainsi? Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez nous ? Quand tout d’un coup, vous vous retrouvez au milieu d’ une masse de gens et qu’ un policier vous repousse comme si vous étiez une horde de délinquants, et non des usagers d’un service public, cherchant juste à récupérer une pièce d’identité ?

.

Les directeurs qui se sont succédé et ont  eu chacun leurs lots de citriques.

Il y a quelque temps, j’ai déposé une demande de renouvellement de carte d’identité auprès de l’arrondissement de mon quartier et  j’ai oublié de la récupérer. Entretemps, on l’a renvoyée à la population, bref, j’ai dû affronter ce service. J’ai repoussé cette épreuve, mais je n’avais plus le choix.

Arrivée devant  le guichet de la carte d’identité, je me suis rendue compte que je ne m’en sortirai pas facilement.

D’abord, il faut  faire la queue devant un guichet où il est écrit « Accueil », deux jeunes filles officient derrière,  les gens se bousculent pour  arriver jusqu’à elles et leur poser leur question. Ces deux jeunes filles vous renvoient la plupart du temps, chez une de leur collègue  assise juste derrière. Mais pour atteindre cette jeune fille, qui est pourtant si proche, il faut aller vers une porte tenue par deux policiers. Cette porte  donne accès aux autres services de la direction.

Donc toutes les personnes qui ont besoin du directeur et de ses collaborateurs et les gens qui ont juste besoin d’un simple renseignement sont logés à la même enseigne.

Je me suis demandé pourquoi à côté des filles de l’accueil, on n’avait  pas mis aussi l’autre fille, chargée de regarder le suivi de votre dossier sur ordinateur ? Une grande majorité de gens sont orientés vers cette jeune fille, qui avec son ordinateur a accès, aux différents dossiers des usagers et qui peut satisfaire leur demande, soit en leur indiquant  les pièces manquantes, soit en  les orientant vers un autre service, ou pourquoi ces filles à l’accueil ne sont pas équipées d’un ordinateur qui leur permettrait de satisfaire  toutes les demandes ? Sans avoir à affronter deux policiers  qui n’ont   rien compris à leur tâches, qui vous traitent comme si vous étiez des moins que rien ? Pourquoi faire de cette employée, le Saint-Graal, un chemin semé d’obstacles, le premier obstacle étant une foule de gens agglutinée autour de policiers qui les tiennent à distance et qui les repoussent sans aucun ménagement ?

Pour ces policiers, les usagers d’un service public dans une administration et un mouvement de foule à la Place Harbi, qu’il faut contenir sont  la même chose.

Evidemment, ces policiers laissent passer toute personne qu’ils connaissent.

Les gens continuent à affluer, les policiers sont vite dépassés, et font virevolter leur gourdin. La foule ne diminue pas.

Les policiers excédés, repoussent tout le monde, l’un se met au milieu, tandis que l’autre garde la porte.

Celui qui est au milieu est vite entouré par une marée humaine qui tend vers lui des petits bouts de papier où sont écrits les références de leur dossier,

Il y a des moments comme ça, où la dignité de l’être humain est mise à mal, mais on a l’impression que les Djiboutiens en redemandent.

Je suis restée à l’écart,  mais je savais bien qu’il fallait un moment ou un autre, se jeter dans l’arène.

Je retourne voir la jeune fille du guichet et lui dit qu’il n’est pas possible d’entrer dans ces conditions, elle m’apprend que de toutes façons, la jeune femme qui fournit les informations dont tous ces gens ont besoin, n’est pas là, donc ils se  bousculent, transpirent,  sont traités comme des animaux et attendent pour rien.

La direction de ce service apparemment ne s’est jamais penchée sur les conditions d’accueil de ces usagers, et même si elle les voit ne s’est pas sentie concernée, car il n’est pas normal qu’un service soit si mal géré.

Très peu de gens repartirons, satisfaits, et ayant obtenu ce qu’ils sont venus chercher,  et seront obligés de revenir une deuxième et troisième fois avant d’obtenir ce qu’ils voulaient.

 

Le Président de la République a admonesté ces administrations et on espère qu’il a été entendu. Chaque service que nous demandons à l’administration  est une épreuve et cela ne devrait pas l’être.

Nous qui sommes  fonctionnaires, nous arrivons toujours à faire appel à nos amis ou autres, mais il y a un bon nombre de nos concitoyens qui sont tous les jours confrontés à ces difficultés, nous ne sommes pas un grand pays, moins d’un million de personnes, pas difficile à satisfaire, c’est la compétence et la volonté des gens en place qui manquent, c’est surtout aussi l’impunité qui prévaut dans les services de l’administration où aucun contrat de performance n’est imposé. Les promotions à des hauts postes sont souvent faites d’une façon tribale, chaque ministre venant quelque part, voulant nommer les siens, au détriment de ceux qui sont là, au détriment de l’ancienneté et la compétence. Celui ou celle qui est parachuté ainsi, n’a même aucune légitimité auprès de ses subordonnés, qu’il connait à peine et avec lesquels il aura du mal à travailler et auprès desquels il aura du mal à s’imposer.

Ce personnel parachuté est souvent sans formation préalable.

Il n’est pas dit que tout ceci est irréversible, nous pouvons faire mieux, nous pouvons prétendre à des meilleurs services. La plupart du temps, les gens ne sont pas obligés d’attendre des employés qui se sont le plus souvent éclipsés, ou qui quelquefois s’enferment dans le bureau, en donnant ordre de ne pas être dérangé, alors que des gens  croupissent sous le soleil, à les attendre.

La direction de la population n’est pas seule en cause, il y a en beaucoup qui auraient besoin d’un toilettage extrême.

Pour avoir l’émergence d’un service public de qualité, il faudra commencer par les ressources humaines, principales sources d’ennui.

En fait notre administration souffre de clientélisme, de favoritisme, de népotisme, du fait de caser parents et amis sans prendre en considération l’efficacité ou les résultats. Si nous nous débarrassons de tout cela, tout ira bien.

 

 

Lechoixdelasimplicite |
Enchemin11 |
Que permet l'environne... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Changersavie
| Lapilulerouge
| Petiteppsblog