Education

Posté par kahasane le 9 mai 2016

 

Si on me demandait que faire pour redresser l’éducation nationale de notre pays, comme tout professionnel de cette institution, j’aurais sûrement quelques idées.

Le but de l’école est de transformer un enfant en adulte, en lui inculquant des savoirs qui feront de lui un être instruit, capable de réfléchir, de prendre des décisions et de faire des choix éclairés. L’école est en somme sensée apporter les savoirs nécessaires pour appréhender le monde.

Pour un pays, une population éduquée est un gage de développement,

Pour l’instant, notre éducation semble  ne pas remplir totalement ces objectifs. Et pourtant l’Etat n’a pas lésiné sur les ressources mises à la disposition de ce secteur.

L’objectif premier que je me fixerai est que chaque action entreprise ait pour résultat l’amélioration  des résultats scolaires des élèves.

Il faudra donc d’abord se pencher sur les causes de cet échec scolaire, des faibles performances de nos enfants, dans la plupart des matières.

Quelles en sont les cause ? C’est un problème récurrent auquel  on n’a pas trouvé des réponses, Pourquoi nos élèves en sortant du lycée sont ils si peu performants ? Pourquoi l’échec au bac est-il si élevé ?

J’aurai essayé de remonter les problèmes  à la source, en concentrant tous les efforts sur le primaire, la base. J’aurais crée des commissions, des groupes de travail composés d’inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, et je leur aurai demandé des rapports très détaillés, énumérant chacun des problèmes actuels et chacune des solutions préconisées.  J’aurai reconnu les mérites de ces professionnels, aujourd’hui relégués aux oubliettes,

Dans chaque corps,  j’aurais pris les meilleurs, les plus compétents, ceux qui sont respectés par leurs pairs, pour leur efficacité. Mon seul critère aurait été  la compétence.

Les programmes : J’aurais proposé un état de lieu sur les programmes, le contenu des enseignements prodigués à nos élèves. Des équipes auraient travaillé sur ces programmes pour évaluer leur pertinence.

La confection des programmes est confiée à un groupe de personnes, certes compétentes mais souvent sans regard extérieur et il serait temps d’élargir ce groupe de manière à ce que nous ayons des instances nationales de validation de programme composées d’universitaire mais aussi des personnalités de la société civile ou même des députés.

J’aurai proposé un plan de travail annuel, en concertation avec tous les responsables des départements. Chaque rubrique contiendrait les activités et les résultats attendus, le service en charge de chacune de ses activités aurait à rendre compte de des réalisations et éventuellement des contraintes rencontrées.

Chaque directeur ou chef de service, serait réellement en charge de son service, et aurait à rendre compte du travail accompli tous les trois mois, et chacun serait jugé sur ses performances. Les rapports d’activités seraient, lus, décortiqués et exploités.

Les performances de nos élèves sont mauvaises,  il faut trouver les raisons. L’école publique ne satisfait plus, il faut se demander pourquoi. Je le répète assez souvent, mais cela ne me dérange  pas de le redire encore une fois. Il  y a très peu de cadres du MENFOP qui ont leurs enfants scolarisés dans le public, il faut se demander pourquoi, ils  y travaillent, mais  estiment que l’école publique n’est pas assez bonne pour leurs enfants. Il faudrait faire en sorte qu’elle le devienne pour tout le monde           Ne voulant pas trouver des solutions pour notre école, nous l’avons tout simplement fuie.

La qualité des enseignants :

il faudrait commencer à d’abord résoudre le problème de l’orientation des élèves, mieux les orienter les bons élèves littéraires vers les classes littéraires, ensuite les meilleurs pourraient  aller en fac de lettres, et passer les concours de l’éducation.  L’enseignement ne devrait plus un pis-aller, quelque chose qu’on choisit par défaut.    Incitons les meilleurs élèves à aller vers l’enseignement. Cela passera par une revalorisation du métier.

Pour les candidats à ce métier  qui sortent des universités étrangères, il faudrait que le Menfop ait une liste des universités sérieuses de chaque pays, et qu’on n’accepte pas n’importe quelle personne qui débarque avec un faux diplôme. Chaque enseignant  a au moins en charge  250 élèves par an, s’il reste 10 années, imaginez le nombre d’enfants qui auront décroché à cause de lui.

Formation des enseignants : Ensuite je m’attellerai à ce que la formation professionnelle initiale soit au moins d’un an, et même de deux ans, quand le besoin en enseignants sera stabilisé,  avec des périodes de stages plus longues, dès la deuxième année. Le Centre de Formation qui a ouvert ses portes très récemment, remplirait sa vocation, et servirait aussi bien à la formation initiale qu’à la formation continue.  La formation est un des talons d’Achille de l’Education Nationale.  Je veillerai à ce que les enseignants aient des formations régulières, dont les dates seraient fixées dans un plan de formation annuel effectif.

Je ferai en sorte qu’en formation initiale des compléments académiques soient proposés.

Les concours auraient lieu dès la première semaine de Septembre ou même fin aout  de manière à que les cours de formation initiale ne commencent pas plus tard que  la deuxième quinzaine du mois de septembre ou au plus tard le 01 octobre.

Les concours des enseignants seraient organisés de manière à  ce que seule la note du candidat soit prise en compte, avec toute la transparence requise, pour que le mérite soit toujours notre objectif. Aucune personne non issue d’un concours organisé le plus légalement n’irait enseigner dans un établissement.

Pour les formations, je m’appuierais sur  les inspecteurs, formateurs et conseillers pédagogiques, mais je ferai aussi appel à des experts, qui seraient chargés de former nos futurs formateurs.

Ces enseignants stagiaires issus des concours seraient encadrés par des tuteurs, qui auraient un cahier de charge bien précis, et qui noteraient les performances de leurs stagiaires, et auraient à rendre compte à leur inspecteur desdits résultats.

La formation  continue doit être constante et  profiter à tous les enseignants sur tout le territoire, elle doit  être effective et ne doit pas être redondante, les modules doivent être réactualisés, l’analyse des pratiques constatées sur le terrain doit orienter la formation. Le travail doit se faire en équipe, au sein d’une même discipline, les équipes d’encadrement  doivent se concerter sur le contenu des formations.

Les titularisations : les titularisations ne feraient plus comme elles se font maintenant. Un jury serait désigné en début d’année ou en début de trimestre. Ce jury passerait en revue tous les enseignants  à titulariser  dans l’année, consulterait leur dossier, pédagogique et administratif, et ce n’est qu’une fois ce travail fait en amont que ce jury se prononcerait sur la titularisation d’un professeur.  Le dossier de formation, les notes du tuteur, les observations faites par les conseillers pédagogiques, les rapports du chef d’établissement qui seraient à exiger, tout ceci  serait  pris en considération.

 

L’école de toutes les chances : Dans notre pays, il n’y avait pas une réelle incidence entre le milieu socio-économique et les performances des élèves,  l’école était là pour offrir une chance à tous les enfants. Bon nombre de nos hauts cadres ou ministres sont issus des milieux les plus défavorisés.

Cette tendance est entrain de changer et une éducation à deux vitesses est entrain de s’installer. Il faudrait que nous soyons en mesure d’offrir la possibilité de réussir à tous les élèves. Le milieu socio économique détermine la réussite de l’élève. Notre rôle à nous est d’apporter une aide à ceux qui ne peuvent pas l’obtenir ailleurs. Il y a beaucoup d’enseignants qui sont dans des services où ils ne servent à rien, des anciennes institutrices qui végètent dans des secrétariats ou ailleurs, il faudrait que ce personnel soit utilisé pour apporter son aide aux enfants des quartiers les plus démunis. Les directeurs des écoles, les conseillers pédagogiques devront identifier les élèves les plus faibles, les constituer en petits groupes, et leur  apporter une aide à la lecture et au calcul, approvisionner  les bibliothèques et  inciter les élèves à lire. Je ne suis pas entrain de rêver, tous ces moyens existent, il suffit de les utiliser à bon escient. Il faudrait mettre dans certaines classes plusieurs intervenants. Ces aides  seraient  en phase avec les activités scolaires (aide aux devoirs, remediations pédagogiques). Dans les quartiers, où le plus souvent, les parents ne sont pas eux-mêmes des lecteurs, il faudrait offrir une possibilité de lecture aux élèves.

Dans les secteurs où les parents ne peuvent pas renforcer les  effets de l’établissement, par leurs propres moyens, il faudrait que les pouvoirs publics puissent pallier cette lacune de manière à réduire les inégalités entre les élèves

 

Un élève qui ne sait pas bien lire aura du mal à mener à bien les tâches les plus simples,  c’est la raison pour laquelle la lecture est primordiale.  Les élèves issus de milieu défavorisés mais aussi des régions sont souvent les moins bons dans ce domaine. Il faudra penser à apporter des moyens supplémentaires à ces enfants avant que ces faibles performances  ne deviennent un handicap pour la poursuite de leur cursus scolaire.

les volumes horaires : Je  reviendrai sur tous les programmes et sur les volumes horaires proposés dans nos lycées de manière à les rendre plus cohérents. Aujourd’hui l’élève djiboutien est surchargé de travail, les journées sont longues et les volumes horaires ont augmenté. Pourtant ses élèves vont tous à des cours de soutien, dès qu’ils sortent de cours, donc il y a un problème et il faudra y trouver des solutions, les enfants croulent sous le travail, et pourtant ce travail ne paie pas, car le taux d’échec au baccalauréat est très élevé, Une table ronde serait nécessaire pour se poser les bonnes questions. Ce pays est plein de talents, il faudrait mettre ensemble ces talents pour que notre éducation atteigne son objectif. L’université est coupée de nous, il faudrait qu’elle s’associe à nos efforts car notre combat est le même.

Quand il y a un constat d’échec, il faut réagir, créer de groupes de réflexions, il faut œuvrer à une transformation des pratiques  pédagogiques. Les mauvais résultats devraient nous pousser à réformer notre modèle éducatif.

Il faut motiver les élèves vers le travail avant que la démotivation ne s’installe et que l élève ne décroche complètement.

Les établissements : j’en ferais un lieu d’apprentissage mais aussi un lieu de détection de bons élèves, un lieu d’échange, je ferai en sorte que des clubs voient le jour, je commencerai par les petits collèges. Nous avons aujourd’hui un nombre incalculable de personnes ayant des compétences dispersés un peu partout, ces personnes seraient chargées d’animer ces clubs, mais  ces personnes seraient chargées aussi du soutien scolaire,  Il faudra à l’avenir songer à l’autonomisation de ces établissements

Aucun cours de soutien dans aucun établissement public ne serait payant.

Je ferai en sorte que le chef d’établissement ne soit pas juste un gardien des lieux mais un pédagogue, ayant un projet d’établissement, je susciterai l’émulation entre les établissements, pour qu’il y ait des saines  compétitions, entre eux, aujourd’hui ils le font en sports, c’est bien, mais le sport n’est pas la seule activité extra-scolaire qu’on peut proposer à des élèves.  Parmi eux, il y a certainement des poètes, des artistes, je ferai en sorte que les clubs attirent autant de talents variés.

Je ferai en sorte d’identifier les collèges peu performants et leur proposer des pratiques différentes, plus de soutien scolaires, plus de ressources, en matière de manuels, choix de professeurs chevronnés capable de redresser la situation

Les inspecteurs : Ils auraient retrouvé leurs fonctions régaliennes, réfléchir sur l’orientation pédagogique, sur les programmes, sur les réformes, sur l’audit des précédentes réformes. L’inspection deviendra un lieu de réflexion didactique et pédagogique, sous la supervision d’un inspecteur Général.

La réduction de l’échec scolaire est une étape pour améliorer la performance globale de l’éducation nationale.

L’amélioration du niveau du français ; J’aurai concentré mes efforts sur l’apprentissage du français, ce n’est pas la peine de faire de l’arabe et beaucoup d’anglais, si les enfants ne maitrisent pas la langue d’instruction. Il suffit de lire une note de service ou même d’écouter le journal télévisé pour se rendre compte à quel point le français est mal en point dans notre pays, et c’est un euphémisme.

Visites pédagogiques : J’aurais appuyé les équipes d’encadrement, et aurais augmenté leur cadence de travail, je ferai en sorte que les visites pédagogiques ne soient pas une fin en soi mais qu’elles débouchent sur une concertation des équipes d’encadrement qui donneraient lieu à des actions (revoir une progression, initier une formation sur un point donné…),

L’inspecteur général ; l’inspecteur général retrouverait lui aussi ses fonctions premières. Il travaillerait en étroite collaboration avec les inspecteurs et ne s’occuperait que de la pédagogie, du suivi des enseignements, de leur pertinence. Du contrôle des établissements scolaires…

Notation des professeurs : Les enseignants seraient contrôlés régulièrement, ils seraient sujets à des examens tous les 5 ans au moins et se verraient retirer leur titularisation en cas d’échec. Un contrat de performance serait proposé à chaque enseignant chaque début d’année.

Les enseignants Djiboutiens sont bons, leurs performances sont différentes selon qu’ils sont dans le privé ou dans le public, cela veut dire, que l’impunité ambiante et qui contrairement à ce qu’on pense est toujours d’actualité,  y est pour quelque chose.

Des progressions annuelles seraient mises en place pour chaque niveau et seraient suivies de près par des équipes d’encadrement, mais aussi par les chefs d’établissement.

 Assiduité : L’assiduité des élèves devrait être une affaire prise au sérieux et les parents auraient répondre des absences de leurs enfants,  un élève absentéiste ne peut jamais réussir.

L’absentéisme des enseignants qui contrairement à ce qu’on croit n’a pas baissé, devra être puni sévèrement, on devra sortir de l’angélisme, qui  engendre un certain laxisme des chefs d’établissements. I

Dans les secteurs où les parents ne peuvent pas renforcer les  effets de l’établissement, par leurs propres moyens, il faudrait que les pouvoirs publics puissent pallier cette lacune de manière à réduire les inégalités entre les élèves

Je demanderai aussi que les sciences et les mathématiques soient privilégiées, car pendant une décennie au moins, les étudiants Djiboutiens ont été orientés en classe de STG, sous prétexte que nous sommes un pays de service.

Je remettrai à jour les sorties scolaires, pour que les élèves fassent des découvertes, surtout dans le moyen, en SVT.

Pour les langues, je ferai en sorte que des salles audiovisuelles voient le jour, et que les agents des bibliothèques soient mis à contribution pour superviser ces séances,

Ne pensez pas que je suis irréaliste, tout ceci peut se faire, il suffit de faire de l’éducation et de l’amélioration des performances des élèves une priorité.

Enfin, je mettrai en place un système de detection de bons élèves, de très bons élèves, pour qu’ils ne soient pas perdus dans la masse, et qu’ils puissent bénéficier de bourses, d’aides,  une manière d’inciter la compétition entre les élèves.

L’enseignement des autres langues  Je me pencherais sur le cas de l’enseignement de l’arabe, car c’est un échec total, des élèves peuvent étudier cette langue pendant 7 ou plus, et sont incapables de lire une phrase. Il faudra  penser à une réforme de l’enseignement de cette langue, de manière à ce qu’elle soit profitable aux élèves.

De même que l’Anglais, ce n’est pas parce qu’on va augmenter le volume horaire qu’on obtiendra une meilleure maîtrise de cette langue mais en stimulant l’intérêt par des pratiques pédagogiques innovantes, et des enseignants formés et bien encadrés.

Le MENFOP bénéficie d’un budget colossal et on peut dire que l’Etat fait beaucoup d’efforts, mais ces efforts doivent  se voir sur le terrain.

Il y a des gens qui rêvent de Singapour et des pays de l’Asie, mais il faut savoir que c’est par l’éducation et une population ultra-compétente que ces pays ont réussi.

Réforme des lycées professionnels : Je mettrai la réforme des baccalauréats professionnels sur les rails, les baccalauréats professionnels, couplés avec une orientation adéquate et une campagne de communication de manière à effacer les à-prioris négatifs, devront permettre à beaucoup de nos jeunes d’avoir des diplômes professionnels et  de les rendre plus compétitif sur  le marché du travail qui est principalement  occupé par une main d’œuvre étrangère, il serait temps que nos jeunes acquièrent les outils nécessaires pour occuper ces postes.

Ce ne sera plus une voie de garage, ce ne sera pas facile, la plupart des pays ont essuyé des échecs avant de trouver la formule adéquate, mais avec des efforts constants, je suis sûre que nous y arriverons. Je mettrai à la tête de ces services, des cadres de l’éducation  ayant travaillé dans ce domaine ainsi que les inspecteurs de différents secteurs.

En résumé, je demanderai à tout le monde un effort constant,  les bons  résultats seront notre récompense, les seuls objectifs de ces gens seraient de rehausser un système éducatif mal en point, qui a besoin de remèdes de cheval pour retrouver un semblant de santé. Le  succès serait l’ affaire de tous.  L’emblème de l’éducation aurait alors tous son sens.

 

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