Logements sociaux

Posté par kahasane le 6 octobre 2016

L’idée de construire des logements dits sociaux et de les attribuer à une certaine catégorie de personnes, des salariés, qu’ils soient de la fonction publique ou du privé, qui autrement ne pourrait jamais être propriétaires est une bonne chose, et c’est grâce à ce genre d’initiatives que beaucoup de Djiboutiens sont aujourd’hui logés, le prix est élevé et sur le long terme, ils ne sont pas gagnants, mais au lieu de payer un loyer, au moins, ici, ils seront sûrs d’être propriétaires, un jour. Mais ces dernières années, une certaine surenchère a vu le jour, l’acquisition de ces logements, (surtout la cité Hodan) qui ne devrait être ouverte qu’à une certaine catégorie de la population, a été élargie à toute personne ayant les moyens. Au départ, les candidats devaient faire un dépôt de 500 000 FDJ, je crois, et beaucoup de salariés se voyaient déjà à la remise des clés. C’est vrai, ce n’était pas beaucoup. Mais c’était trop beau pour être vrai. Quand la SID a vu le succès de ces logements de Hodan, elle a augmenté le prix et de 500 000 FDJ, le dépôt est passé à 2 000 000 FDJ. Plus de critères, les salariés moyens largués, ou obligés de s’aligner. Les parents voulant réserver un logement à leurs enfants, encore étudiants, eux-même déjà propriétaires, et pouvant prendre deux ou trois maisons, les cadres supérieurs ayant déjà accès aux prêts bancaires avec facilité, les grands commerçants, multi-propriétaires, tout le monde voulait investir, les logements sociaux sont devenus un placement idéal pour beaucoup de gens. Un couple pouvait obtenir deux logements juxtaposés, les raser complètement, et en faire sortir un immeuble totalement différent du voisinage et le mettre en location. La Diaspora est entrée aussi dans la danse. C’est vrai, difficile de trouver un terrain, à Djibouti, quand on n’est pas sur place, et ensuite, les Domaines, toute la paperasserie, et enfin comment trouver la personne à qui on peut faire confiance et qui construira la maison de vos rêves ? Ici, rien de tout cela, un logement à la clé, qu’il faut certes réaménager complètement, et ensuite mise en location, on est loin, très loin des logements sociaux. Je n’ai absolument rien contre la diaspora, mais je pense que les Djiboutiens, travaillant et vivant à Djibouti, devraient être prioritaires, pour ce genre d’habitations. Pour le salarié djiboutien, qu’il soit dans le public ou dans le privé, son rêve de devenir propriétaire s’est éloigné. Car avancer cette somme, pour ensuite faire des travaux pour rendre l’endroit habitable, ce n’était pas possible, beaucoup d’entre eux ont abandonné. D’un établissement public, avec des financements publics, la SID est devenue une société immobilière quelconque, n’obéissant qu’aux lois du marché de l’offre et de la demande. Et pourtant nous avons tous entendu des responsables politiques se succéder à la télévision, soutenant à quel point ces projets ont soulagé les Djiboutiens, et absorbé la crise immobilière. Surtout pour vendre d’autres projets en gestation. A cela il faut ajouter que l’environnement de ces logements n’a pas été viabilisé, entre ciel et pierres, aucun effort pour rendre l’endroit agréable, pas d’arbres, pas d’aires de jeux, rien que le caillou, mais comme je l’ai déjà, pour certains habitants, il fallait avant tout être propriétaire et on ne peut pas les blâmer. Pour les autres, c’est un investissement comme un autre. Une société publique, voulant faire les choses dans les règles, auraient dû prendre en compte, les revenus des demandeurs, ne pas dépasser une certaine fourchette, ne pas attribuer à des personnes déjà propriétaires, ne pas en faire un placement immobilier. L’acquéreur doit habiter le logement, si c’est pour louer, c’est que le besoin n’existe pas. La plupart des personnes qui ont obtenu ces logements n’entrent pas dans ces catégories, mais on est à Djibouti, me dira-t-on, qu’est ce qui marche comme il faut ? D’où les techniques pas très morales pour décourager tous ceux qui devraient être éligibles, Il faut savoir qu’à l’époque où ces logements étaient attribués, un jeune couple, ayant à deux un salaire de 300 000 FDJ ne pouvait pas s’en offrir. Et pourtant, dans un pays pauvre comme le nôtre, ce couple fait partie des nantis, voilà pour ce qui du social. C’est vrai, tout le monde veut mettre son argent dans du tangible, et une maison est par essence un bien qui rassure. C’est vrai beaucoup de gens qui n’ont pas accès à des crédits très élevés, préfèrent s’engager auprès de la SID, et avoir l’assurance d’être propriétaire. Et la societé immobilière, établissement public, à financement public, a joué sur ce besoin existant, en montant les enchères, obligeant les plus désespérés à s’endetter, deux fois, une fois auprès de la banque, pour avoir le dépôt et une deuxième fois, sur le long terme, auprès de la SID. Nous n’avons pas compris la notion d’habitat social, ou peut-être sommes nous une société sortant à peine du nomadisme, et ayant toujours un besoin à combler ? Nous ne comprenons pas encore cette distinction et cette différentiation entre les différentes couches de la société Djiboutienne. Et aujourd’hui, nous entendons parler de la création d’une fondation Droit au Logement, et mea culpa, j’ai tout de suite adhéré, un peu trop vite, peut-être? Loger tous les Djiboutiens, c’est une idée géniale, mais que faire de tous ces salariés, fonctionnaires ou du privé, qui eux ne sont pas propriétaires encore ? Vont-ils participer à cet élan citoyen ? Ne serait-ce pas ironique, pour eux qui ne sont pas propriétaires, d’aider d’autres à le devenir, ce serait de l’altruisme, qui en est capable ? La vie est faite de rêves, on se fixe des caps à atteindre, des choses à accomplir, faire des études, avoir un travail, se marier, avoir des enfants et devenir propriétaire, des choses simples, au fond.

 

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