les feux tricolores à Djibouti

Posté par kahasane le 16 octobre 2012

LES FEUX

 

Djibouti s’est doté de feux  tricolores, c’est agréable, ça y est, nous vivons dans une capitale  moderne. Le seul problème c’est que la plupart de nos concitoyens ont eu le permis, disons-le franchement, dans une pochette surprise.

Ces feux donc posent des problèmes énormes.

D’abord, les couloirs : les conducteurs ne savent pas ce que c’est que de se rabattre à droite ou à gauche, ou de se mettre dans le couloir de  gauche quand on tourne à gauche et dans le couloir de droite quand on tourne à droite, en mettant les clignotant et le bon,  alors, dès que les feux passent au vert, celui qui voulait tourner à droite mais qui est dans le couloir de gauche, n’a pas d’autre choix que de couper la route très vite aux autres, ce qui peut  provoquer des accidents, ou d’attendre  et de laisser toutes les voitures ;  là il bloque la circulation et provoque l’ire de tous les autres automobilistes et le temps que toutes les voitures passent, le feu est redevenu au rouge et le pauvre conducteur est toujours coincé.

LES FILES MULTIPLES : quand les feux deviennent rouges,  personne ne veut  être en arrière, C’est comme un rallye, tout le monde doit  être sur le starting-block, donc il y a des doubles, triples ou même quadruples files  si nos chers chauffeurs de bus sont dans l’histoire.  Nous voici, tous prêts, un œil sur notre  voisin, un œil sur le feu et «  « à vos marques, prêts, partez ». Schumacher n’a qu’à bien se tenir.

Nous n’avons pas encore compris que c’est un mouvement rotatif, que les feux deviennent rouges, oranges et verts et ainsi de suite, et que ce n’est pas peine de se presser,  qu’à une ou deux minutes près, nous arriverons tous à destination. Ceux-là même qui semblent si pressés vont quelques mètres plus loin, vous bloquer, parce qu’ils viennent de rencontrer une veille connaissance et évidemment cela ne leur viendrait jamais à l’esprit de se ranger sur le côté.

 

LES REGARDS : c’est aussi quelque chose d’assez désagréable, et là aussi, l’habitude aidant, on se débarrassera de cette manie qui est de regarder la personne qui est stationnée juste à côté, ce sont quelques minutes, une ou deux, insupportables, l’autre jour, mon fils m’a dit  «  le monsieur t’a regardé et puis a dit quelque chose à son voisin et s’est mis à rire » :

LES PIÉTONS : Ils sont complètement déconnectés, la plupart d’entre eux ne comprennent pas pourquoi tout d’un coup toutes ces voitures déferlent, les petits bonhommes rouges ou verts n’ont aucun sens pour eux. Et leur vie est en danger.

Et les automobilistes, après avoir vécu les starting-blocks,  les regards qui tuent et alors qu’ils se disent que la route est enfin pour eux  sont ulcérés quand ils voient des gens traverser tranquillement la route,  alors que le bonhomme est … rouge ! où étaient-ils pendant que ces automobilistes étaient coincés, sous ces feux maudits  et qu’ils les scrutaient quitte à avoir un torticolis  ou qu’ils regardent leurs voisins d’infortune, en chien de faïence, le bonhomme était vert, mais non, la plupart du temps, ils ne connaissent pas la signification des couleurs et ils sont étonnés quand ils nous voient déferler comme des furies, se demandant ce qui nous a retenus tout ce temps, et pourquoi tous tout d’un coup nous nous ruons vers eux.

Les Djiboutiens étaient déjà des chauffeurs exécrables, sans civisme ni respect pour les autres, nous sommes capables de stationner devant une porte bloquant ainsi les gens, nous sommes capables de laisser nos voitures en plein milieu de la route, gênant les autres et les obligeant à des détours, nous sommes capables de nous garer au bout d’une rue, gênant toute voiture qui voudra tourner, nous avons l’impression d’être seuls sur la route chaque fois que nous prenons la voiture et le respect d’autrui est une notion que nous n’avons pas encore intégrée, nous mettons le signal à droite alors que nous voulons tourner à gauche et vice versa, nous dépassons une voiture qui veut tourner, risquant tous les jours des accidents graves, donc  alors que nous étions bardés de tous ces handicaps, des feux ont fleuris un peu partout dans la ville sans qu’on prenne la peine d’expliquer, supposant que les Djiboutiens ont tous voyagé à l’étranger et connaissent la signification de ces signalisations.

 

Messieurs les instigateurs de cette belle idée, il aurait fallu pour parfaire le tout, accompagner cette révolution, car c’en est une,  de spots télévisés expliquant aux gens la signification des feux, les couleurs, quand on doit traverser et quand on doit attendre, tout ceci devrait être accompagné d’une campagne de sensibilisation à la télévision. Vous avez supposé que tous les usagers de la route, piétons et automobilistes, sont coutumiers des feux.

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage …. »

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