Le Code de La famille

Posté par kahasane le 9 janvier 2016

Pendant des décennies et des décennies,  les femmes ont souffert,  surtout en matière de divorce, rien ne les protégeait, la pension alimentaire  n’était pas une obligation pour les maris, qui pouvaient donc se remarier sans que leur budget ne soit  amputé et la femme se retrouvait à s’occuper seule des enfants. Il y toujours  des pères responsables qui malgré un divorce continuait à s’occuper de leurs enfants, mais ils n’étaient pas nombreux à le faire  et souvent cela dependait de leur bon vouloir.

Le Code de la Famille a donc sûrement été élaboré pour corriger ces anomalies, il fallait trouver un moyen d’obliger les hommes de subvenir aux besoins de leurs enfants  après un divorce, car on sait que  les Djiboutiens en général divorce d’une famille, pas seulement d’une femme.

En fait, ceux qui ont fait ce code  sont partis de bons sentiments, on peut au moins leur reconnaitre ce mérite, et ont voulu reparer des injustices. Et ils ont eu raison.

Ils ont  voulu aider les femmes et les enfants,  Ils ont voulu rappeler à ces hommes que leurs devoirs de père ne s’arrêtaient pas après un divorce.  Donc la question a été tranchée. En théorie, tout était bon, mais la pratique a laissé entrevoir des anomalies. A Djibouti, on ne fait pas les choses à moitié, autant les femmes étaient lésées, autant tout d’un coup, ce fut tout pour les femmes, laissant peu de perspective aux hommes.

Ce code de la famille a été une aubaine, j’attirerai les foudres de mes congénères si je le remettais en question et ce serait d’ailleurs injuste pour toutes ces femmes qui grâce à ces pensions alimentaires, arrivent aujourd’hui à élever leurs enfants dans la décence.

Mais une loi doit protéger tout le monde. Le monde a changé, chez nous aussi des changements sociologiques se sont opérés,  et une loi doit évoluer aussi, pour s’adapter.

Certains d’entre nous aujourd’hui reprochent à ce code d’être figé. On a voulu punir les mauvais pères mais quelquefois on a puni aussi les bons pères.

Il serait peut-être temps aussi d’écouter la voix de hommes, de certains du moins,  ils ont des plaintes à formuler, ils aimeraient que le droit de garde ne soit pas systématiquement favorable aux femmes, mais qu’on puisse aussi les écouter.  Aujourd’hui dans le cas de divorce, la garde des enfants est confiée à l’épouse, une pension alimentaire aussi, si l’homme est propriétaire de son logement, ou si c’est un logement de fonction, c’est l’épouse et les enfants le gardera aussi. C’est une bonne chose, mais les abus existent, rien n’est parfait sur cette terre, et sans dire du mal de certaines femmes, quelquefois tout cela n’est pas mérité.

Je me rappelle du cas d’ une épouse qui était partie en Europe, chercher l’asile, et l’homme continuait à payer la pension dont les bénéficiaires étaient les parents de l’ex-épouse. Il a fallu des années avant que l’époux puisse annuler ladite pension.

Il ne faut pas réparer  une injustice en créant d’autres injustices. Certes il y a des cas où le père, rechignant à payer la pension, invente et calomnie son ex-épouse, mais il arrive très souvent qu’un père constate que les  enfants sont  négligés, que les  resultats scolaires  dégringolent,

Les pères qui font ce genre de constat, ne savent pas vers qui  se tourner,la justice a toujours du mal à revenir sur sa décision ou à réouvrir le dossier. Souvent on les accuse de ne pas avoir tourné la page du divorce.

Une  nouvelle génération d’homme a vu le jour, dans notre pays, le couple travaille, et souvent avec de plus en plus de femmes diplomées, avec les mêmes responsabilités, les pères s’impliquent de plus en plus dans la vie de leur enfant.

Sans aller jusqu’à faire la cuisine, ni aider aux tâches ménagères, certains hommes ne rechignent pas à s’occuper de leurs enfants, même chez nous, les pères sont de plus en modernes, et s’impliquent de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants.

Quand un divorce  arrive, ces pères aimeraient continuer à avoir un droit de regard sur leurs enfants, sur leur bien-être, sur les résultats scolaires, et quand ils constatent un dysfonctionnement, ils aimeraient que la justice ne soit pas si obtuse, ils aimeraient qu’on les écoute. Dans ce pays, il n’y a jamais d’enquête sociale, peut-être parce que ce serait difficile à mettre en place.

Pour la garde des enfants, les pères sont toujours discriminés, partout dans le monde, c’est ainsi, des stéréotypes selon lesquels les pères sont moins bons parents que les mères.

Le code de la famille aurait dû être entouré de certaines dispositions. pour protéger les pères  et surtout pour prévenir les abus.

Certains pères se plaignent et pensent que le droit de garde devrait être revu en cas de plaintes. Certains ont des problèmes pour que leur droit de garde soit effectif,

Il est toujours difficile de savoir qui a raison et qui a tort.

Qu’on ne se meprenne  pas sur ce que j’ai dit, je n’ai rien contre le code de la famille, mais il faudrait aussi protéger les hommes, ceux de bonne foi, et surtout les enfants.

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Djibouti Télécom ou la grosse arnaque

Posté par kahasane le 18 décembre 2015

Djibouti télécom ne changera jamais, et nous on se laissera toujours avoir, situation de monopole oblige, ils resteront les mêmes, et nous seront  toujours là, demandeurs, parce que nous n’avons  pas le choix.

Il est bizarre qu’une agence aussi importante, en tout cas les services qu’elle fournit le sont, fasse aussi peu de cas de ses usagers.

Aucune obligation de résultat n’incombe aux gens  qui travaillent dans cette entreprise publique.

Que l’on soit en colère ou pas, on aura toujours en face de nous des jeunes gens, qui nous regarderont d’un air désolé, sirotant leur coca, ou café, ou continuant leur conversation téléphonique, se demandant pourquoi nous venons les embêter dans leur quiétude. Notre colère ne les touche pas, ils ont l’habitude, et franchement, ils se moquent des clients à satisfaire, ou de toute autre notion de marketing, ils sont souvent embauchés  car leur père ou leur mère ou leur oncle est intervenu ou quelque chose de similaire, ne passent pas de concours, ne présentent pas de dossier et une fois qu’ils sont là, savent que c’est pour la vie,  on n’exige rien d’eux. Nous sommes à leur merci.

Quand vous vous  rendez dans cette agence pour un problème, et Dieu sait à quel point les problèmes sont nombreux avec eux,  et pendant que vous attendez d’être servie, vous  écoutez les plaintes des Djiboutiens, les mêmes phrases reviennent « nous sommes trop gentils, nous acceptons tout, nous ne nous plaignions jamais, c’est ainsi partout,  tous les services nous traitent de la même manière alors que nous leur ramenons de l’argent» comme un leitmotiv, ces phrases on les entend toujours, et bien sûr  le changement, on a compris, n’est pas entre nos mains, il n’est d’ailleurs pas pour demain.

Avant de vous rendre chez eux,  il faut faire du yoga, sinon, la colère est au rendez-vous, vous vous  demandez comment autant de gens, sans aucune utilité peuvent se retrouver dans un même service. Pour le même problème, d’un agent à l’autre, vous pouvez avoir plusieurs réponses différentes, et dont aucune ne contient la solution de votre  problème.

Quand vous avez une ligne en panne,  n’espérez jamais  une assistance technique rapide, et par rapide, entendez dans les deux semaines.

N’espérez jamais régler votre problème au téléphone, c’est peine perdue aussi.

Quand vous avez un modem, qu’ils  vous ont vendu qui ne fonctionne pas, là aussi, un employé vous assurera qu’il a tout arrangé, mais en général, une semaine et plusieurs aller retour, sont  le délai naturel, pour une réinitialisation.  L’employé qui vous reçoit est toujours pressé de se débarrasser de vous pour  retrouver son film en streaming.

Quand  vous demandez un branchement alors  que vous avez tout payé,  vous pouvez rester pendu à votre téléphone, tous les jours, rien ne se fera, il faudra faire appel au système D.

Pour une autre panne de l’internet, un mois, ou plus, et là aussi le miracle ne se produira que quand vous trouverez une connaissance et que vous  vous  mettrez  à  la harceler, et même là, même quand les  techniciens sont là, si on veut que le travail avance, d’autres méthodes font leur effet très vite. Sinon, il leur manque toujours un câble, un matériel, que sais-je !

Pourtant ils sont nombreux, les employés de cette agence, trop nombreux pour le travail qu’il y a affaire, en surnombre, derrière chaque guichet, il y a plusieurs agents qui se tournent les pouces.

Quand  vous arrivez pour signaler la panne d’une ligne, la première question que vous posentles agents   est :  « vous êtes sûrs que votre téléphone ne marche pas ? » Car auparavant ils vous on demandé le numéro et l’ont composé, et évidemment, cela  a sonne,  il n’y a pas encore une fonction qui fait dire au téléphone «  Attention, je sonne mais je suis en panne »

Et là vous le regardez et vous lui dites, « Non, j’avais quelques heures à tuer, et je me suis dit tiens, pourquoi n’irais je pas à ce mur de lamentations qu’est Djibouti Télécom ? C’est ce qui manque à ma journée pour être parfaite

L’employé qui vous reçoit, ne goutant pas trop, au sarcasme  vous dit «  je vous parle sérieusement ». Mais moi aussi, avez-vous envie de répondre.

La patience étant une de nos  qualités premières dans ce pays,  vous leur expliquez pourquoi  vous êtes là,  que cela  fait  plusieurs fois que vous revenez  et voir quelqu’un vous demander si vous êtes sûre de ce que vous dites, a le mérite de vous énerver.

En général, l’employé vous répond « rentrez chez vous, le temps que vous arrivez, votre ligne sera reparée, » ce n’est jamais vrai.

Ce n’est pas normal, mais qu’est ce qui est normal dans ce pays ?

Pour l’internet, là aussi, les problèmes sont fréquents. Le pire c’est quand vous avez un abonnement étudiant, qui tant bien que mal  fonctionne, mais pour votre malheur, un jour, sous la pression des enfants,  vous  décidez d’ augmenter le débit. Vous payez une somme de  de 4000fdj à peu prés, plus l’abonnement et on vous promet un débit de 1Go, ou plus, je ne sais pas, et une vingtaine de Go de téléchargement.  Pendant quelques jours, vous avez un internet un peu plus rapide que d’habitude, tout le monde est content. Mais  après  ces quelques jours d’euphorie,   vous basculez dans le monde de Kafka

Sept jours exactement plus tard, l’internet est coupé. Vous allez à l’agence, et là on vous apprend que  vous avez téléchargé pour 22 Go, Evidemment vous dites que ce n’est pas possible, qui peut télécharger 22 Go, en une semaine ? L’employé, en face de vous, n’a pas d’explication, aucune preuve de ce qu’il avance, aucune relevé de facture, mais il vous le dit,  et à part le croire, et franchement,  vous êtes fatiguée de confrontations, et des « je veux voir le chef » chef qui d’ailleurs, à part tournoyer  dans son grand fauteuil tout neuf ne vous apprendra rien. L’employé vous dit  que vous êtes coincée. Il vous confirme que vous avez pris une formule plus chère, pour avoir moins que ce que vous aviez,  c’est à dire pas de vidéo, pas de streaming, ni YouTube, vous lui demandez, donc si à part consulter des sites, (info et autres) vous  pouvez  faire autre chose, l’employé vous dit que non. Vous lui demandez si vous pouvez retourner à la formule antérieure, il vous dit que non.

Quand vous lui demandez ce que vous avez gagné en augmentant le débit, il n’a pas de réponse, Mais vous payez encore, l’internet est coupé et vous n’avez pas envie d’affronter à la maison un adolescent accro à FB, et tout le reste, Vous dites aux enfants, plus de vidéo, plus de streaming, rien, juste consultation des pages. Vous imposez un contrôle strict, mais, 5 jours, plus tard, plus de net. Et là vous vous demandez ce qui se passe, ce n’est pas normal, vous allez voir le chef, il n’a aucune explication,  et vous rencontrez à l’accueil, des gens qui ont le même problème. Cela vous rassure, vous n’êtes pas complètement idiote, mais  vous comprenez tout d’un coup que c’est la nouvelle arnaque made in Djibouti Télécom. Toujours plus proche de nous, n’est ce pas ?

 

 

 

 

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culture

Posté par kahasane le 7 décembre 2015

En cette période de  de baisse de moral, pourrait-on  compter sur la culture pour nous élever ?

En cette période de tribalisme et autres cause de scission et de fracture entre les Djiboutiens,  en cette période d’errements, de désagrégement , ne serait il pas  utile de faire depoussiérer la vie culturelle de notre pays et ainsi renforcer le lien social?

En cette période, de  doute existentiel, où la médiocrité  est érigée en vertu cardinale et s’impose en  nous  tirant vers le bas,  en cette période de corruption de valeurs, de morale malmenée, ne faudrait-il pas opérer une certaine renaissance culturelle, ne faudrait-il pas s’accrocher à une  identité culturelle ? Une chanson, une histoire qui ressurgit de notre enfance, tout cela forge notre identité culturelle et notre appartenance à un pays, une tradition, quelque chose qui nous unit.

En cette période de  quête de nation, nous absorbant en en  son sein, en cette période de morosité ambiante,  nous voudrions quelque chose qui transcende tout cela

Nous avons besoin de quelque chose qui nous élève, « au dessus de ces miasmes morbides », pour citer Baudelaire.

La vie culturelle de notre pays se trouve entre les mains de l’IFAR, cet institut français, qui essaie de créer quelques événements dans un désert  culturel, Et heureusement que l’IFAR existe !

Notre ministère de la culture est sorti du paysage, totalement, à part l’organisation du Hadj, on se demande à quoi il sert. Au fait pourquoi ne pas juste dire « Ministère des Affaires Religieuses » ? Tout ceux qui se démenaient à l’époque de Somali Pen, maintenant qu’ils ont obtenu leur promotion, n’ont plus besoin de se fatiguer et peuvent se reposer sur leurs lauriers.

Des générations de Djiboutiens ont grandi sans cinéma et c’est toujours le cas, nous sommes devenus une société avide, ne courant que derrière l’argent ; tout ce qui ne rapporte pas de l’argent n’a pas lieu d’être.

Dans nos écoles, non plus, rien, aucune activité de fin d’année,  pas de clubs de lecture, pas de clubs d’échec, qui sait si on n’a pas chez nous aussi des Kasparov ? Rien pour développer la culture cinématographique et l’éducation à l’image, pas de projection de vidéos, au ministère de l’éducation nationale, les seules activités périscolaires, sont les sports.

Du côté de l’Université, rien à signaler, nos docteurs préfèrent admirer leur diplômes qui nous coutent si chers, sur leurs murs, mais sortir des cours et faire de l’université un lieu de rencontres culturelles, de débats littéraires, tout ce dont nous aurions besoin,  concours d’écritures de nouvelles pour les jeunes étudiants, ce n’est pas dans leurs préoccupations immédiates. La culture est absente de l’Université de Djibouti,

Il est temps d’avoir un ministère de la culture digne de ce nom qui s’attache à créer des lieux de culture,  comme un cinéma, un musée, nous avons certainement des peintres, ou des musiciens, qui ont juste besoin d’un coup de pouce, que serait devenu le cinéma européen sans les subventions ? Certes, nous n’avons pas les mêmes moyens, mais à notre niveau, nous pouvons aussi faire quelquechose.  la culture n’est pas un concept européen, ni occidental, les hommes de tous temps ont aimé dessiné, laisser des traces de leur passage. D’ailleurs, des peintres comme Picasso se sont beaucoup inspiré des masques africains.

Ce ministère pourrait organiser  des journées de l’Art, où les participants exposeraient le leur, danse, dessin, peinture, et autres, en laissant libre court à leur imagination. Ainsi on verrait  la  naissance de talents cachés.

Il pourrait s’atteler à la création d’un musé,  nos voisins, les Ethiopiens, mettent dans leurs musées, toutes les choses qui ont fait partie de leur passé, des sorte d’ecomusée, pourquoi ne pas en faire autant, de manière à montrer à nos enfants comment leurs ancêtres vivaient, avec quoi ils mangeaient, et comment ils s’habillaient ?  Nos enfants n’ont plus de références surtout par rapport à nos langues, plus d’histoires à raconter, tout cela a été balayé par Dora l’exploratrice et autres dessins animés.

 

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Environnement

Posté par kahasane le 5 décembre 2015

Qui n’est pas ému pas le cri déchirant qui sort des entrailles de notre   planète,  elle se meurt, elle crie au secours, mais elle sait que le mal est fait, elle sait que tous les soins qu’on lui apportera et toutes les prières qu’on dira pour elle, vont arriver trop tard, elle sait qu’elle perd ses réserves d’eau, elle perd sa couverture végétale.

Elle voit ses géants, ces glaciers qui formaient autrefois d’énormes blocs, tanguer au dessus des mers, et s’effilocher petit à petit, elles voit les hautes montagnes comme le Kilimanjaro perdre leurs neiges légendaires,  ces neiges éternelles comme le disait Hemingway, si insolites qui penserait voir de la neige en Afrique, cette neige scintillant au soleil, elle est  entrain de  partir,  devenant un filet d’eau rejoignant ces mers, qui n’arrêtent pas de gonfler elles, quitte à quelquefois    envahir les terres, elle perd sa verdure, les arbres sont gris, chez nous, à  cause des sécheresses successives qui frappent les pays de l’Afrique de l’Est.

Je ne suis pas une spécialiste de l’environnement, juste une citoyenne de cette planète, et qui même à son niveau, n’arrive pas à faire grand-chose, et d’ailleurs tout le monde  lui dit que c’est trop tard, de toutes façons. Les pluies se sont rarefiées,  surtout en  Afrique de l’Est, les sécheresses se suivent et se ressemblent, elles font des victimes, humaines, mais en bétail aussi  et provoquent des exodes ruraux, jetant dans les villes et  dans les camps de fortune des familles entières.

Ces pluies qui dans ma langue maternelle, ont tellement des noms, celle du matin, celle du petit matin, celle de l’après midi, celle du soir, celle qui rugit, celle qui embrase le ciel avec ses éclairs, ou celle qui arrive tout doucement le soir, et qu’on entend à peine ruisseler surtout dans les pays limitrophes, et qui laisse des odeurs, de terre humide qu’on ne cesse de humer le matin quand on se réveille, Ces pluies dont bientôt on ne se rappellera que les noms, le Gu’, le Deyr, Karan et autre. Il n’y a plus de Mahigaan, ni de Dambarsame,  tellement chantés par les poètes, aujourd’hui les pasteurs des régions de la Corne d’Afrique, récitent des Rob doon, et autres incantations.

Nous n’avons jamais été des régions de grande pluies, ni Djibouti ni  Somalie,  contrairement à d’autres pays de l’Afrique de l’Est, un peu mieux lotis, mais  la situation s’est aggravée. Le rechauffement climatique est déjà là, les étés sont de plus chauds, et le petit air frais qu’on sentait le matin à Djibouti en saison fraiche  et mêmes les ondées matinales sont des histoires du passé.

L’été dernier, nous avons suffoqué, nous ne sommes pas de gros pollueurs étant donné que nous ne somme pas industrialisés, mais à notre niveau nous causons des dégâts  à notre environnement immédiat et j’ai l’impression que nous ne sommes pas conscients de la gravité de la situation. La coupe des arbres se poursuit allégrement, sans qu’ aucune législation ne vienne contrecarrer, mais un père qui nourrit toute sa famille sur la vente de ce bois, se moque de la désertification, la désertification, c’est dans son foyer qu’elle aura lieu, s’il ne nourrit pas ses enfants. Donc l’argument environnement ne marchera avec lui, il faudra créer d’autres activités génératrices de revenus.

Nous avons envoyé une délégation, à Paris, mais nous avons du travail à faire chez nous,

Agissons pour faire interdire les sacs qui déparent et qui tuent le bétail et vont même chercher les espèces aquatiques au fond des mers.

Empêchons les pêches illégales, qui font disparaitre de nos mers, des espèces rares, ces pêches faites par des étrangers, sans aucun respect pour l’environnement, et l’eco-système cette mer sans surveillance, on nous montrait il y a quelques années des bateaux yemenites surpris entrain de pêcher illégalement, mais ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.

Nous sommes champions des lois et des décrets, pour nous donner, bonne conscience mais le corollaire, c’est d’appliquer ces lois et poursuivre les contrevenants. Il était questions de faire des Iles Mouchas, une aire marine protégée, car elles abritent des espèces rares, mais le projet n’a pas vu le jour.

La responsabilisation de la population incombe à nos gouvernants, par une sensibilisation, régulière, nos comportements sur les plages, les déchets que nous laissons. On a entendu ici et là, des projets consistant à la plantation d’arbres, je ne sais pas si cela a vu le jour, dans les districts.

Nous avons toujours pensé que la pollution, responsable de la dégradation de l’environnement, toucherait les pays responsables, malheureusement, même si nous n’avons pas profité du developpement économique, nous en subissons les conséquences, et encore plus que les pays pollueurs, car notre capacité de résilience et d’adaptation est plus faible. La malédiction des pays pauvres, en somme.

 

 

 

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La malédiction Walaaldon

Posté par kahasane le 15 octobre 2015

 

Chaque société a ses codes, ses petites habitudes ou travers,  une manière de vivre ou d’être, tout simplement.

Chez nous, la plupart du temps, quand on voit un haut cadre se démener, quand on le voit souvent à la TV, prendre  la parole, sortir du lot, en quelque sorte, on se dit « tiens,  c’est peut-être lui ou elle (maintenant que les femmes ont aussi leur chance), le prochain ou la prochaine ministre de telle tribu ». Oui, nous africains, on voit tout de suite grand.  On se perd en conjectures, quelquefois on se trompe, et quelquefois c’est même quelqu’un d’improbable qui surgit, celui ou celle auquel  personne n’aurait pensé,  mais on ne peut s’empêcher de  s’adonner à ce petit jeu, à l’approche de chaque remaniement ministériel ou échéance électorale. Cela alimente les discussions autour du café, dans les bureaux.

Mais voilà,  les Walaaldon échappent à toutes ces devinettes, les membres de cette tribu échappent à ces tourments, à ce suspense,  rien de tout cela ne vient les perturber. Ils sont sereins.

Pendant que les hauts fonctionnaires des autres tribus se démènent, eux sont dans la quiétude la plus absolue. Ils sont loin de toutes ces spéculations, de cette frénésie qui touche  le pays de temps en temps.

Tous ces gens qui multiplient les activités diverses  pour  occuper l’espace médiatique et ainsi, attirer l’attention, très peu pour eux.

Les tours dans les mabrazes et les sit-in chez les sages de la tribu, ils ne connaissent pas, Les Walaaldons ont échappé à tout cela, les veinards, pourrait-on se dire.

Mais bizarrement, ils ne sont pas plus heureux  pour autant.  Sous cette sérénité affichée se cache une certaine frustration.

C’est en tout cas ce que m’expliquait un collègue, il  me disait que c’était dommage de se sentir éliminé, largué d’office, sans appel.

Quand je lui dis que ses chances d’accéder à un tel poste étaient certainement infinitésimales, il me répondit qu’aussi infinitésimales soient-elles, elles étaient là.

En fait, continua-t-il, c’est le fait d’être hors course, d’emblée, c’est de ne pas  être  saisi par cette excitation chaque fois qu’un remaniement pointe son nez, , c’est d’être absent des conversations, Pour nous, il n’y a pas eu de surprises, ces dernières années, me confiait-il.

Je ne comprenais pas sa déception, après tout,  les probabilités d’accéder  à un poste ministériel étaient  minimes, et puis il y a tellement d’autres postes intéressants et même plus stables.  Il y a les ambassades, loin des regards, une fois qu’on est en place, on peut y rester des années, moins aléatoires qu’un portefeuille ministériel et où on n’a absolument rien à faire.

On connait tous ces gens attendant éternellement ce fameux portefeuille, imaginez leur déception, chaque fois, se faisant confectionner un costume qu’ils ne porteront jamais.

Mais mon collègue n’était pas convaincu.

Et finalement en suivant son raisonnement, j’ai compris que ce qui chagrinait  nombre de ces  hauts fonctionnaires  issus de cette tribu, depuis quelques années était de savoir que leurs noms n’allaient même pas effleurer les esprits. Leur irritation était tout à fait légitime.

D’ailleurs,  « Toi tu es ministrable, »  est une blague qu’on ne leur fait plus, c’est vrai pourquoi remuer le couteau dans la plaie ?

Et c’est ainsi pour l’instant, j’invite mon collègue à être patient,  les choses changeront sûrement, comme c’est dans la nature des choses, et il reviendra dans la course, et aura cette chance, si infinitésimale qu’elle soit.

 

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la baisse des carburants

Posté par kahasane le 12 octobre 2015

J’étais entrain de regarder la RTD, comme d’habitude  je ne fus  pas déçue,  le sujet choisi pour le débat m’avait paru assez trivial, vu l’ampleur de la crise politique dans laquelle nous nous trouvons, mais pourquoi pas ?

Mais je ne pensais pas que cette émission, assez consensuelle allait soulever des questions cruciales pour la société Djiboutienne.

Donc il y a une semaine, l’émission Xog-ogaal  présentée par la RTD, a voulu s’intéresser à la baisse du carburant, la mesure phare que l’Etat a mis en place.

Comme il fallait s’y attendre, très peu d’épiceries ont suivi cette recommandation de l’Etat, pourquoi le feraient-ils ?

Cette mesure était certainement bien, mais  comment le ministère du Budget a-t-t’il voulu la faire respecter ? En comptant sur la bonne volonté de certains épiciers, cela marche quelquefois. Sinon la grande majorité a passé outre. Alors évidemment l’idéal aurait été de contrôler et de mettre une amende sur le champ, sans interventions ni passe-droit, en tout cas une certaine sévérité affichée aurait persuadé les épiciers de se plier à la volonté de l’Etat. Mais nous savons tous, qu’il n’en est rien.  Tout le monde contourne la loi, et quand je dis tout le monde, je fais allusion à ceux qui sont censés la faire respecter aussi, alors pourquoi s’acharnerait-on contre des petits  commerçants?  On veut compter sur la délation, mais  j’imagine mal quelqu’un aller jusqu’au commissariat dénoncer la boutique voisine, et de toutes façons, je doute fort qu’un policier accompagne cette personne pour constater le fait. L’idée d’installer des pompes, une dizaine selon le Ministre de l’Energie, ne serait pas mal, mais ne pourront jamais rivaliser avec les épiceries, car une dizaine, comme il l’a annoncé, cela ne sera pas suffisant.  Les pompes rendent service aux gens qui ont des voitures, et qui peuvent une fois pour tout, remplir un récipient.

En fait, cette mesure partie certainement d’une bonne intention, ne profite pas vraiment à la tranche de population qui en aurait le plus besoin,  cette dernière étant  tributaire des épiceries de leur quartier. En effet, vivant sur les prêts, tout au long du mois, ils sont à la merci de l’épicier qui à son tour peut leur imposer ses prix.

C’est ce qu’a fait à juste titre remarquer l’animatrice de l’émission.

Mais ce qui a retenu mon attention et que j’ai trouvé amusant est   que malgré un sujet aussi consensuel et sans danger, à priori,   les deux animateurs, sans le vouloir,  ont quand même soulevé deux grands problèmes de notre societé, la passivité de la société  Djiboutienne, le jeune animateur l’a répété, l’a reformulé, l’a mis dans la bouche d’un  téléspectateur intervenant, dont il a reformulé la phrase, le problème des Djiboutiens, c’est leur manque de réaction, c’est leur facilité à accepter toutes les injustices qui leur tombent dessus,  une sorte de fatalisme.

Ils ont aussi  mis aussi l’accent sur l’absence de l’Etat, partout, le manque de rigueur, le laisser-aller. Et l’incapacité de l’Etat à se faire entendre, à faire respecter les textes qu’il promulgue.

Mine de rien dans une émission qui parle de carburant et d’épiciers, ils ont fait le tour des problèmes du pays, en tout cas les plus saillants, et surtout, sans le vouloir.

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le voyage de la dernière chance

Posté par kahasane le 5 octobre 2015

Elle était jeune, originaire de la Somalie ou d’ailleurs, quelque part  dans la Corne d’Afrique,  sa famille avait fui des guerres et s’était retrouvée dans un village où ses frères et elle-même  avaient passé  toute leur enfance. Une fois, devenue adulte, elle ne voulut pas rester dans ce village,  étant la plus grande, elle promit à ses parents d’aller travailler dans les grandes villes de la région.  Elle avait  à peine une vingtaine d’années, mais elle était débrouillarde.

Elle trouva du travail. Quelques temps après, elle s’inscrit dans un cours du soir, elle était ambitieuse, pour elle-même et pour tous ceux qu’elle avait laissés derrière, Bientôt à côté de son cours de soir, elle découvrit  un cybercafé et  les réseaux sociaux. Après ses cours du soir, quelquefois elle s’arrêtait là, elle fit  ainsi la connaissance de beaucoup de gens, elle retrouva même des cousins, une partie de ces gens avait trouvé refuge en Europe. Ah l’Europe, elle en était fascinée. Ces cousins lui envoyaient des photos, tout paraissait si beau, leur vie ressemblait à un rêve,  ces quartiers populaires dans lesquels ils vivaient pour la plupart,  sur le papier glacé, ressemblaient à des banlieues cossues. C’est vrai qu’elle vivait dans une bicoque, mais elle avait un travail, elle était jeune, elle était en bonne santé, et l’avenir devant elle, mais cela paraissait si dérisoire, à côté de leur vie à eux. Elle continuait ses cours du soir, déterminée à apprendre à lire ne serait-ce qu’un peu,  elle écrivait déjà le somali, mais elle voulait apprendre l’anglais, elle avait un objectif, bien clair dans sa tête.

Elle rencontra sur un réseau social, un homme. D’après la photo, il avait l’air correct, bien plus vieux qu’elle, mais il vivait en Europe  et c’est tout ce qui l’intéressait. Au début, ses amies lui disaient de se méfier, mais elle s’investit dans cette relation, si cela marchait, il allait l’emmener en Europe.

Elle changea de travail, devint vendeuse, dans un magasin, elle arrivait à écrire et à utiliser une calculatrice. Son amour virtuel paraissait  sérieux. Il lui envoyait des poèmes, des paroles de chansons d’amour,  tous les soirs, elle  discutait   avec son ami.  Elle lui avait donné son  numéro téléphone et la première fois qu’il l’appela, la voix lui parut bien  rauque, elle sut qu’il était bien plus vieux qu’il ne le disait, mais tant pis,  il fallait qu’elle sorte de cette vie, le peu qu’elle gagnait, elle l’envoyait à sa famille,  qui n’arrêtait pas d’en redemander,  mais  elle non plus n’avait pas le choix, elle était leur bouée de sauvetage,

Ses cousins continuaient à lui envoyer des photos, la vie était merveilleuse dans ce continent, tout était vert, tout était propre, et les noms, si étranges, Sweden, Denmark, Norway, etc,. ces  noms tintaient  comme une douce musique à ses oreilles. Elle voyait ses cousines, quelquefois dans des parcs, avec des poussettes, elles lui montraient  la vie agréable qu’elles menaient, elles ne lui parlaient jamais de l’envers du décors, elles ne lui disaient pas que l’Europe, ce n’était pas forcément toujours ça.

Les choses s’accéléraient avec son copain, il voulait venir et se marier et pourquoi pas, il venait du Danemark, il allait l’y emmener, peu importe son âge, il avait l’air gentil, et puis une fois là bas, qui sait ce qui arriverait ? Il était séparé de sa première épouse, avec laquelle il avait eu beaucoup d’enfants  grands, certains aussi grands qu’elle.

II fixa la date de son arrivée, les choses se précisaient,  il annonça à sa famille la nouvelle,  cela ne choquait personne, il leur demanda d’organiser un grand mariage, car la jeune fille  voulait une robe blanche, elle  voulait vivait son rêve, même si le prince n’était pas aussi charmant qu’elle l’aurait rêvé,  mais il était gentil, il la regardait avec beaucoup d’amour. Il avait l’impression de rajeunir avec elle, une nouvelle vie s’ouvrait.

Le mariage eut lieu, il lui loua une petite maison, le  meubla avec tout le confort,  passa deux mois avec elle,  et avant de repartir  au Danemark lui promit de faire les papiers du  divorce, car il n’était que séparé,  les lois européennes n’acceptaient pas  la polygamie, il lui expliquait tout cela, pour lui dire que cela risquait d’être long, mais il allait revenir, sa famille était aisée, il pouvait se le permettre.  Elle n’allait manquer de rien. Elle acquiesça, évidemment. Il avait l’impression d’avoir comblé sa jeune épouse, à qui il offrait tout, mais le regard de la jeune femme restait lointain, absent. Au bout de deux mois, Il repartit, chargea la famille de veiller sur elle, sans non plus la surveiller.

Un beau jour,  une de ses nièces qui était allée la voir,   trouva  porte close, les voisins lui apprirent que la jeune femme avait déménage, la famille était étonnée, elle n’avait jamais parlé de déménagement, les rares fois qu’elle la voyait. Elle ne répondait plus au téléphone,  même à son mari, qui avait  appris la disparition de sa femme.

Un mois plus tard,  la jeune femme appela son mari, elle était enceinte, allait accoucher, et ensuite embarquer dans un rafiot pour l’Italie. Elle était en Libye. Il essaya de la dissuader,  lui dit qu’elle allait mourir et le bébé avec. Il lui jura qu’il avait commencé la procédure pour la ramener. Elle n’avait pas besoin de risquer sa vie et c elle du bébé. Elle lui dit que c’était trop long, et qu’elle ne craignait pas la mort, elle pouvait aussi bien mourir du paludisme  ou de n’importe quoi d’autre.

Elle avait tout vendu, tous les meubles, mais elle avait besoin de plus d’argent. Il lui raccrocha au nez.

Quelques semaines plus tard, le téléphone sonna chez le mari,  au milieu de la nuit, une dame qu’il ne connaissait pas.  Elle lui apprit la mort de sa femme et du nouveau-né. L’embarcation avait coulé, il y avait  beaucoup de victimes.  Elle  même faisait partie des survivants.

 

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Subliminal

Posté par kahasane le 22 août 2015

J’ai parlé dans un précédent article du conditionnement de nos concitoyens, et comment nous avons appris à penser de la même manière que nos dirigeants, comme des automates auxquels ont aurait mâché les mots et mis dans la bouche, n’ayant pas besoin de faire appel à leur intelligence une seule fois.

Quand on parle des  opposants, et surtout, du plus connu, j’ai nommé, DAF, la critique qui vient le plus souvent, est « DAF est tribaliste », et ceci décourage tout le monde, DAF est tribaliste et, si jamais il est élu aux plus hauts postes, il placera les siens, et dans cette société un peu égalitaire qu’on a, il est normal qu’on ne veuille pas de cet homme.

Et en regardant de plus près, quand il y a des événements comme les fêtes, indépendance ou autre, et qu’on regarde la télévision, on voit tous ces hauts responsables alignés, on se demande ce qui nous chiffonne,  on se dit que tous ces gens ont un air familier, entre eux, ils partagent quelque chose, ils ont un dénominateur commun.

Voyez vous-même, la garde républicaine, l’armée, la securité nationale, ou  d’autres services aussi importants ou des établissements publics, le Port, l’autorité du Port, l’Aéroport, l’EDD, recemment encore, DjibTELECOM, et d’autres domaines encore, la décence nous empêche d’enfoncer le clou.

Et quand je retourne voir les amies avec cette litanie de noms, comme si je venais d’avoir une épiphanie, elles me répondent, oui, oui, mais avec lui, ce serait pire, et je me rends que le conditionnement a bien marche,  les messages subliminaux qu’on nous envoie depuis des années, ont fait leur chemin dans notre subconscient et voilà qu’on sort du n’importe quoi, sans même se rendre de l’absurdité de nos théories.

Enfin, si DAF, arrive à faire mieux, s’il trouve des postes autres que ceux cités en haut, ce sera un petit génie, qui surpassera les maîtres en la matière.

D’un autre côté,  c’est le seul modèle qu’on a eu pendant les 38 dernières années,  donc il faudra s’attendre à ce qu’il perdure.

 

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L’opposition est morte, vive l’opposition!

Posté par kahasane le 27 juillet 2015

L’opposition nous a laissé tombés, elle a  cedé à ses dissensions internes, et elle a oublié, tous ceux  pour lesquell elle a incarné quelquetemps l’espoir.

Comme beaucoup de Djiboutiens, j’y ai cru un moment, même si je n’ai pas adhéré totalement, la savoir là était quelque chose de rassurant, c’est une sorte de rêve qui a tourné court, c’était une porte de sortie, qu’on l’emprunte ou pas, c’est une autre histoire, mais elle était là, et bon nombre d’entre nous, la regardaient, tentés.

Pourtant, on l’avait vu dès le départ, se tromper de discours, s’accoquiner avec tout ce qu’elle pouvait  trouver dans son passage, sans discernement, on l’a vu ne s’interesser qu’à une catégorie de gens, ne ciblant que les quartiers périphériques, comme si tout n’était qu’une lutte de classes, et oubliant la frustration qui grandissait chez une grande majorité de Djiboutiens,  oubliant de brasser large, ne proposant pas beaucoup de solutions à tous les problèmes qui gangrènent la vie de nos concitoyens et pourtant malgré ces lacunes, elle avait convaincu beaucoup de gens.

Beaucoup  y avait cru un instant, pour des raisons quelque fois ponctuelles, pensant qu’elle serait la solution à tous leurs maux,  mais le plus souvent, tous ces gens avaient besoin de changement, aspiraient à une alternance démocratique. Voyant tous les abus, ils se  disaient qu’une nouvelle équipe serait plus à l’écoute. Beaucoup de choses vont mal, on les a tellement énumerées, que ce n’est plus la peine de le  répéter, il serait bien de voir si d’autres pourraient   faire mieux.  Malheureusement tous ces espoirs viennent de s’effondrer, et nous  revoilà à notre point de départ. J’ai envie de dire « Tout ça, pour ça ! ». Toutes ces energies mobilisées, tous ces espoirs alimentés, est ce que c’était pour lâcher prise, à quelques mois d’une présidentielle, qui risque d’être sans surprise ? Une transition sans heurts, nous étions, presque tous, pour.

Sans heurts, car il faut dire que nous avons été conditionnés pour associer heurts et chaos à changement. Cela fait des années, qu’on nous brandit les pays voisins,  quand on est à court d’arguments, et même entre nous, on se rabat sur cette paix, pour justifier notre apathie, la paix nous doit beaucoup, il n’y a pas un peuple qui a autant sacrifié pour la paix.  Un éventuel conflit c’est cet épouvantail qu’on secoue dès qu’on commence à s’agiter un peu, récemment  c’est le Yémen qui est venu s’ajouter aux pays qu’on agite sous notre nez, nos hommes politiques nous connaissent bien, et nous sortent toujours le couplet « Regardez ce qui se passe autour de nous », et il ne nous reste qu’à acquiecer, et vaquer à nos occupations.

Pourtant  nos dirigeants étant certainement intelligents, savent qu’une paix durable n’est possible qu’avec une alternance politique  et qu’à la longue, sans cette dernière, ces épouvantails ne feront plus effet.

Ce système réposant sur les privilèges de certains et l’agacement de  tant d’autres, ne pourra durer eternellement. Très certainement, une autre opposition verra le jour, elle incarnera l’espérance,  une opposition politique, unie de plus en plus crédible, militante et active, et prête à gouverner, et avec à sa tête, un leader incontesté, une opposition responsable qui reconnaitra les actions positives du gouvernement mais critiquera celles qui lui paraissent peu satisfaisante, une opposition qui  par les voies les plus légales, revendiquera cette alternance à laquelle nous aspirons tous. Le choix sera donné à la population. On ne pourra pas eternellement refuser  au peuple, ce qu’il demande. On ne peut se dire que dans un pays, tout le monde adhère  aux idées d’un seul parti, ce serait naif de s’en persuader.

Ce sont des changements qui par la force des choses, arriveront.

 

 

 

 

 

 

 

 

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LE PROGRES

Posté par kahasane le 3 juillet 2015

Je lisais le journal le Progrès, allez savoir pourquoi, c’est d’aileurs la première fois, j e ne savais pas que ce journal était aussi lyrique, et aussi drôle.

L’editorial d’abord :

Le ton est donné, dès les premières lignes, cela commence par un « contexte s’emboitant tel un mille-feuille  à l’image des poupées russes», je croyais que le mille-feuille était ce gâteau fait de couches superposées que j’ai toujours du mal à manger, car très salissant, et les poupées russes, sont ces poupées qu’on met les unes à l’intérieur des autres, notre contexte est-il vu ainsi et pourquoi ? Allez savoir !

Si vous avez compris, cette phrase, prière de m’aider,

Ensuite on commence à parler des parades militaires, du 27 juin, « chaque homme et chaque femme avait le souffle coupé », les pauvres en plus de la chaleur, s’ils ne respirent plus,

Des mots agréables suivent « douce quiétude » c’est assez vrai, pourquoi pas ? Le climat ne s’y prête pas, mais imaginons cette douce quiétude.

Les « contributions » sont « reflexives » Je ne connaissais pas le mot, il parait que cela veut dire en philosophie, de la conscience qui se prend elle-même pour objet, je ne pense pas que nos journalistes voulaient allez aussi loin

Pour nos journalistes lyriques, ce matin du 27 juin a « des aurores »,  ce n’est plus un matin, une aurore, mais ce jour du 27 juin se trouve doté d’ aurores,

Quand on parle des opposants, voici ce qu’on dit :

Les opposants veulent «diviser les frères djiboutiens , partageant un même pays ». On peut habiter un même pays et vouloir différentes choses.

L’opposition est affabulée de bp d’adjectifs, elle est  «  dubitative, hasardeuse, retrograde»

Elle  est aussi « incapable de contre-offensive » cela veut dire qu’il y a eu des offensives contre elles ? Qui a commencé les hostilité ? Le Progrès nous éclairera.

L’opposition est « décousue », rien ne lui sera épargné !

 

Leur campagne est «prématurée et inutile », prématurée avez-vous dit ? Et pourtant, j’avais vu « démocratie » quelque part dans le journal. Le mot n’a pas le sens que je lui connais.

Ensuite, place aux envolées lyriques ; Nous sommes une  « exception dans l’histoire de l’humanité », au fond, pourquoi pas, chaque peuple est exceptionnel, en ce sens, où il ne ressemble à aucun autre,

Beaucoup de néologismes comme ce nouveau verbe « conscientiser » ;

Lors des assises de la fiscalité, le Président a eu un discours « poignant », notre fiscalité est à ce point mal en point ?

Les manifestations pour le 4ème  mandat « se multiplient et s’amplifient, crescendo » trois termes qui veulent dire la même chose, « se mulltiplient » suffirait.

Quand on s’engage dans des concepts philosophiques on parle  « démocratie universelle » ne serait-ce pas plutôt  les valeurs universelles de la democratie ?

Le colon quant à lui avait à notre égard « une hypocrisie déguisée » ???

Le developpement chez nous est « serein », chez d’autres, peut-être tourmenté, mais chez nous serein, calme, ont ils voulu sous-entendre qu’il est lent ? J’extrapole un peu,

« Notre pays emerge d’un pas sûr  vers la stabilté» ?  on ne peut pas émerger d’un pas sûr, on sort de l’eau et on se met débout, ensuite on avance d’un pas sûr,

Nos « paires » de la nations (confusion entre paire et pères, pensant sans doute à  Messieurs Hassan Gouled et AHMED DINI, paix à leur âme), ll’émotion sans doute

Profusion d’adjectifs, le terme « patriotique » revient souvent,

Aux « confins éloignés » confins c’est toujours éloigné, l’extremité d’un territoire, on a l’impression qu’il faut écrire plusieurs fois la même chose, pour donner du poids à ce qu’on veut dire, une tautologie, ce procédé rethorique qui veut qu’on dise la même chose, avec des mots différents.

On « partage en commun », commun est déjà dans partage, toujours cette envie de vouloir insister, à tel point que  que le discours se vide de son sens.

 

Devant le drapeau, c’est « l’extase », le mot est fort. J’ai regardé l’émission, je n’ai pas vu de gens extasiés ; Dans le paragraphe, le mot solennel revient plusieurs fois, le style est lourd, ampoulé,

Ensuite, le « bal » pouvait commencer ! Valse, tango ? Dans un bal on danse, à moins que ce ne soit une métaphore,   je n’ai pas vu de gens danser, et d’ailleurs sur les gradins, ce serait plutôt difficile.

La parade est « alléchante », là aussi, rien d’alléchant à une parade de l’armée,

Selon le journal on  doit« donner aux djiboutiens, le mieux vivre auquel ils aspirent, pour vivre pleinement  leur droit fondamentaux » ??? Où est passé la simplicité ?

Les citoyens quand à eux ne sont pas en reste : « ils endossent des choix »? Malgré eux,

La population est effervescente, c’est un adjectif que nos journalistes aiment bien accoler à la population, à force d’ être effervescente, elle risque de se dissoudre, principe chimique assez simple.

 

 

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