la corruption

Posté par kahasane le 19 juin 2015

Je suis toujours éblouie quand je me promène dans certains quartiers de la ville et surtout, le quartier le plus chic, Haramous, éblouie et surtout contente, car imaginez que tous ces gens qui ont détourné  les deniers publics, il faut dire les choses comment elles sont, tous ces propriétaires ont détourné des deniers publics, tous ces gens auraient pu investir dans d’autres pays, ou acheter des actions, dans des multinationales, ou dans l’immobilier ailleurs, à Dubai, Paris, ou ailleurs, non ils ont préféré doter leur ville d’un  quartier chic, certes le quartier est un peu trop chic, au gout de certain, mais on disait la même chose du Héron, et puis finalement on s’est habitué, donc ce beau quartier, rehausse la qualité de notre ville et puis surtout, n’ayant pas de musées ni d’autres vestiges architecturaux à exhiber, nous avons nos belles villas, nous djiboutiens, nous nous sommes habitués, et passons même du temps à comparer les style de différentes maisons, et quand nous rencontrons l’une de nos amis, qui fait partie  de ces heureux propriétaires, nous la félicitons, nous nous extasions, oubliant que c’est avec nos deniers, que ces luxes ont pu voir le jour. Et quand, notre amie nous glisse d’une petite voix, c’est un prêt, évidemment, nous ne la reprenons pas, car bien, sûr on aurait pu lui dire, « non chère amie, ce n’est pas un prêt, aucune banque n’accorde de prêt pour des maisons aussi chères,  tu me voles, je suis d’accord, et tu as même ma bénédiction, mais ne  me prend pas pour une idiote ».

Quand des amis étrangers  viennent,  en plus des différentes plages, nous incluons ce quartier dans la promenade. Et là, les questions sont inévitables, « Vous avez beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires ?» on est obligé de leur avouer que ce sont souvent des fonctionnaires (ou des fonctionnaires-commerçants)qui possèdent ces belles villas,  tel a travaillé dans tel établissement public, tel a été … ou tel est chargé de tel ministère etc et nous égrenons les noms, car le pays est petit et nous nous connaissons tous, ». Ils sont de plus en plus surpris.

Ces étrangers évoquent alors les détournements de fonds et la corruption ou les abus de biens sociaux,  et nous demande comment cette corruption est perçue par la population.  Cette question est intéressante finalement. Je me demande si on se l’était déjà posée. La corruption fait tellement partie de notre vie, à tous les niveaux. Nous la pratiquons tous les jours, en utilisant t des biens de l’Etat pour une utilisation personnelle, cela commence par des petites choses, et le jour où on a accès à autre chose, on ne s’en prive pas en général. Très peu de gens échappent à ce fléau

Ces étrangers nous demandent comment des fonctionnaires peuvent s’enrichir sans être inquiétés ?

Ils nous demandent quels sentiments, cela nous fait, de voir tout cet argent qui aurait pu servir à nos hôpitaux, à nos écoles, à des espaces de jeux, pour tous ces jeunes qui tournent en rond dès que l’école est finie, finir entre les mains de quelques personnes ?  Tout cet argent qui auraient pu  être servi pour le développement, de tellement de secteurs, à la réhabilitation de certaines de nos routes ?

Nous sommes souvent un peu sonnés par toutes ces questions, et nous nous rendons compte, que nous avons finalement avalisé un système répréhensible, nous nous sommes dit que les choses étaient ainsi et qu’ils fallaient nous en accommoder.

Tous nos problèmes découlent de cette corruption qui fait qu’aucune somme ne va directement à sa destination, sans emprunter des chemins divers, elle empêche le développement, elle accentue la pauvreté, La corruption cloue les pays qui en sont frappés au sol et les empêche de décoller, quels que  soient les environnement favorables dont ils peuvent bénéficier.

Frantz Fanon a écrit : « le grand succès des ennemis de l’Afrique c’est d’avoir corrompu les africains eux-mêmes ».  La corruption est une  pratique mise en place par les colons,  pour s’acheter les faveurs de certains chefs de villages ou de tribus. Quand nous nous sommes débarrassés des colons, nous avons malheureusement gardé l’une de leurs tares les plus notables.

Les biens de l’état seront toujours détournés dans ce pays, il ne faut pas se faire d’illusions, quel que soit le gouvernement en place. Nous sommes devenus une société qui célèbre ses escrocs et ainsi le phénomène ne disparaîtra pas.

Nous ne pourrons lutter contre la corruption que si l’opinion se mobilise contre ce fléau, si nous l’acceptons comme nous le faisons actuellement, nous continuerons à créer un terreau favorable, et aucune génération ne sera épargnée.

Désolée d’être pessimiste, mais je ne vois pas de porte de sortie. Tous les censeurs, tous ceux qui vilipendent les dirigeants en place, deviennent déchainés dès qu’il voit le bout, d’un franc qui sort du Trésor et qui peut tomber dans leurs poches.

« ce ne sont pas toujours le mêmes qui vont manger » est une phrase qui revient chez certains « progressistes ». Il ne faut pas se faire d’illusions, au fond, on continuera, mais avec une autre équipe.

 

C’est toujours le petit peuple qui trinquera, celui-là même qui est le plus touché par la corruption, celui qu’on rameute pour les meetings et les manifestations, celui-là qui  au fond, n’a rien compris.

 

Publié dans Non classé | 2 Commentaires »

La Corruption

Posté par kahasane le 19 juin 2015

Je suis toujours éblouie quand je me promène dans certains quartiers de la ville et surtout, le quartier le plus chic, Haramous, éblouie et surtout contente, car imaginez que tous ces gens qui ont détourné  les deniers publics, il faut dire les choses comment elles sont, tous ces propriétaires ont détourné des deniers publics, tous ces gens auraient pu investir dans d’autres pays, ou acheter des actions, dans des multinationales, ou dans l’immobilier ailleurs, à Dubai, Paris, ou ailleurs, non ils ont préféré doter leur ville d’un  quartier chic, certes le quartier est un peu trop chic, au gout de certain, mais on disait la même chose du Héron, et puis finalement on s’est habitué, donc ce beau quartier, rehausse la qualité de notre ville et puis surtout, n’ayant pas de musées ni d’autres vestiges architecturaux à exhiber, nous avons nos belles villas, nous djiboutiens, nous nous sommes habitués, et passons même du temps à comparer les style de différentes maisons, et quand nous rencontrons l’une de nos amis, qui fait partis de ces heureux propriétaires, nous la félicitons, nous nous extasions, oubliant que c’est avec nos deniers, que ces luxes ont pu voir le jour. Et quand, notre amie nous glisse d’une petite voix, c’est un prêt, évidemment, nous ne la reprenons pas, car bien, sûr on aurait pu lui dire, non chère amie, ce n’est pas un prêt, aucune banque n’accorde de prêt pour des maisons aussi chères,  tu me voles, je suis d’accord, et tu as même ma bénédiction, mais ne prend pas pour une idiote.

Quand des amis étrangers  viennent, à part  les différentes plages, nous incluons ce quartier dans la promenade. Et là, les questions sont inévitables, « Vous avez beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires ?» on est obligé de leur avouer que ce sont souvent des fonctionnaires (ou des fonctionnaires-commerçants)qui possèdent ces belles villas,  tel a travaillé dans tel établissement public, tel a été … ou tel est chargé de tel ministère etc et nous égrenons les noms, car le pays est petit et nous nous connaissons tous, » , ils sont de plus en plus surpris.

Ces étrangers évoquent alors les détournements de fonds et la corruption ou les abus de bien sociaux,  et nous demande comment cette corruption est perçue par la population.  Cette question était intéressante finalement. Je me demande si on se l’était déjà posée. La corruption fait tellement partie de notre vie, à tous les niveaux. Chacun y contribue, en utilisant tous les jours des biens de l’Etat pour une utilisation personnelle, cela commence par des petites choses, et le jour où on a accès à autre chose, on ne s’en prive pas en général. Très peu de gens échappent à ce fléau

Ces étrangers nous demandent comment des fonctionnaires peuvent s’enrichir sans être inquiétés ?

Ils nous demandent quels sentiments, cela nous fait, de voir tout cet argent qui aurait pu servir à nos hopitaux, à nos écoles, à des espaces de jeux, pour tous ces jeunes qui tournent en rond dès que l’école est finie, finir entre les mains de quelques personnes ?  Tout cet argent qui auraient pu  être servi pour le development, de tellement de secteurs, à la réhabilisation de certaines de nos routes ?

Nous sommes souvent un peu sonnés par toutes ces questions, et nous nous rendons compte, que nous avons finalement avalisé un système repréhensible, nous nous sommes dit que les choses étaient ainsi et qu’ils fallaient nous en accomoder.

Tous nos problèmes découlent de cette corruption qui fait qu’aucune somme ne va directement à sa destination, sans emprunter des chemins divers, elle empeche le developpement, elle accentue la pauvreté, les services tels que l’éducation ou la santé sont touchés et paralysés. La corruption cloue les pays qui en sont frappés au sol et les empeche de decoller, quels que  soient les environnement favorables dont ils peuvent bénéficier.

Frantz Fanon a écrit : « le grand succès des ennemis de l’Afrique c’est d’avoir corrompu les africains eux-mêmes ».  La corruption est une  pratique mise en place par les colons,  pour s’acheter les faveurs de certains chefs de villages ou de tribus. Quand nous nous sommes débarassés d’eux, nous avons malheureusement gardé l’une de leurs tares les plus notables.

Les biens de l’état seront toujours détournés dans ce pays, il ne faut pas se faire d’illusions, quel que soit le gouvernement en place. Nous sommes devenus une société qui celèbre ses escrocs et ainsi le phénomène ne disparaitra pas.

Nous ne pourrons lutter contre la corruption que si l’opinion se mobilise contre ce fléau, si nous l’acceptons comme nous le faisons actuellement, nous continuerons à créer un terreau favorable, et aucune génération ne sera épargnée.

Désolée d’être pessimiste, mais je ne vois pas de porte de sortie. Tous les censeurs, tous ceux qui vilipendent les dirigeants en place, deviennent déchainés dès qu’il voit le bout, d’un franc qui sort du Trésor et qui peut tomber dans leurs poches.

« ce ne sont pas toujours le mêmes qui vont manger » est une phrase qui revient chez certains « progressistes ». Il ne faut pas se faire d’illusions, au fond, on continuera, mais avec une autre équipe.

 

C’est toujours le petit peuple qui trinquera, celui-là même qui est le plus touché par la corruption, celui qu’on rameute pour les meetings et les manifestations, celui-là qui  au fond, n’a rien compris.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Djibouti et le jeudi

Posté par kahasane le 5 juin 2015

 

Toujours agréable Djibouti un jeudi de début de mois. La ville est frénétique, effervescente, on commence la journée à la banque ensuite, ce sont les achats compulsifs, un supermarché du boulevard de Gaulle, dont je tairai le nom,  est pris d’assaut, les voitures sont en double ou triple file, les gâteaux disparaissent en un clin d’oeil,

Ensuite le khat, pour les hommes. Le soir, les épouses abrègent les parties de khat de leur cher mari, leur petite vengeance à elles, c’est le « Cheri, n’oublie pas le dîner des enfants ». C’est toujours ça de gagné, et c’est là, qu’on voit ces pauvres messieurs,  traînant le foutah, sacrifiant à cette corvée du jeudi. L’ennui se voit sur leur visage mais  c’est pour la paix des ménages, alors pourquoi pas ?

Il n’y a que deux deux restaurants qui tiennent la haut du pavé, en matière de fast-food, et une foule de djiboutiens de plus en plus adeptes de ça

C’est long, tout est long à Djibouti, on entend le mot « patience », la patience est la qualité la mieux partagée chez les djiboutiens, ils sont patients pour tout, ces hommes sourient, un peu gênés comme s’ils n’était pas à leur place,  c’est  une autre génération, leurs pères n’auraient  jamais fait ça. La file d’attente atteint la porte, ils se serrent pour laisser passer, un congénère, bienvenu dans l’arène, semblent-ils lui dire, quand ils le voient se glisser dans cette salle bondée.  Cette corvée du jeudi  dédouane ces mesieurs de beaucoup d’autres corvées, alors ils s’y prêtent patiemment.

Djibouti n’est pas grand, ces messieurs rencontrent toujours une connaissance, quelquefois ces hommes trainent les bambins aussi, l’épouse ayant dit, « emmène les enfants aussi », pendant qu’il y est , pourquoi pas ? Ces enfants sont toujours  un peu ronds, les hamburgers ne pardonnent pas.

Demain, c’est au tour du poulet rôti, toujours dans le même magasin, du boulevard de Gaulle, on depêche des extras tellement que la demande est grande.  Si le poulet commençait à manquer, il y aurait une révolution, un vendredi du début du mois. Là aussi, c’est la corvée des hommes, les femmes se vengent, elles n’ont que ces deux jours dans le mois. Les djiboutiens sont certes des maris gentils, mais les traditions séculaires ont du mal à disparaître.

Nous sommes des gens simples, prévisibles, rassurants, nous n’avons pas besoin de sociologues pour nous cerner, ou analyser nos habitudes, elles sont visibles à l’oeil nu.

Et puis, les premiers jours du mois, passés, cette euphorie s’apaisera, nous sommes reglés comme des horloges suisses, enfermés dans des carcans de détails insignifiants dont nous sommes   devenus prisonniers. Nous avons cru que nous sacrifions à une certaine modernité, mais nous avons crée des chaines invisibles,  pourtant si réelles, qui nous encerclent et nous empêchent de nous rendre compte de la superficialité de notre vie.

.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

laissez-passer

Posté par kahasane le 8 mai 2015

Il commence à faire chaud,  et on commence à évoquer les vacances, Beaucoup de familles Djiboutiennes, espèrent souvent passer les leurs dans les pays voisins fuyant   ainsi  la canicule. Elles n’ont souvent pas la climatisation et c’est la seule manière pour eux d’éviter les grosses chaleurs.

Cette catégorie de personnes  voyagent souvent avec des laissez-passer, c’est vrai, de tous temps, on a voyagé avec ce petit document,  pour les destinations  proches.

Il existe aussi une autre catégorie de personnes, à Djibouti, les dirigeants qui eux, vivent sur une autre planète, sont souvent très éloignés des préoccupations des habitants de ce pays, et n’ont pas calculé l’implication que pouvait avoir l’interdiction de délivrer ce fameux-laissez passez.   Leur imposer un passeport, c’est multiplier leurs dépenses, avoir son premier passeport, c’est compliqué, c’est long.  Cette mesure rend difficile la vie d’une catégorie de familles dont le revenu n’est pas élevé, avec souvent  un seul salaire. En général on prend un laissez-passer pour toute la famille, le photographe réussissant à intégrer tout le monde dans un même cliché.

Un gouvernement se doit de protéger les groupes de population les plus vulnérables,

Or, on dirait que  ce sont toujours les mêmes, qui sont affectés par la mauvaise gouvernance : ils subissent de plein fouet toutes les hausses de prix, les coupures d’eau, la désintégration de l’éducation publique, ils n’ont pas les moyens d’envoyer leur progéniture dans les écoles privées, ce sont eux qui sont touchés par la pénurie de bus,  ce sont eux qui dépendent des centres de soins et des hôpitaux publics, c’est une catégorie de Djiboutiens à qui rien n’est épargné.

Depuis  l’année dernière, c’est cette frange de la population qui est pénalisée, encore plus, ne pouvant plus partir en vacances.

La plupart de ces familles ne pouvant faire face aux frais de passeport, ont abandonné toute idée de voyage.

Cette année, le scénario se répète, les pouvoirs publics n’ont pas  encore daigné expliqué cette décision en utilisant la RTD.

Un gouvernement dont la moitié  de sa population est sous le seuil de la pauvreté devrait surtout prendre des initiatives en faveur de cette population et non  contre elle.

Le fossé se creuse de plus en plus entre les Djiboutiens, et l’incompréhension est totale entre les dirigeants politiques et les couches défavorisées, celles-là, même qu’ils iront courtiser bientôt.

Pourtant, la plupart de nos dirigeants ou élus parlementaires, sont issus de ces familles plutôt démunies, ils devraient être plus  sensibles aux  préoccupations de ces personnes.

 

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Elections Présidentielles

Posté par kahasane le 4 mai 2015

 

Je regarde ces jours-ci la télévision et je vois  de plus en plus de groupes de personnes, issus d’ association ou autres, etc, venir au micro de la RTD pour déclarer qu’ils  veulent que le Président se représente  pour  les échéances de 2016.

Cela me surprend assez et me semble aussi un peu pathétique, et surtout inutile.

L’élection présidentielle était controversée, en 2011, à cause de cette restriction du système de deux mandats, stipulée dans la constitution de notre pays.  Cette même constitution a été modifiée et  permet au président de se représenter.  Cette modification  a été votée par des députés, siégeant à l’assemblée nationale,  ces élus du peuples qui nous représentent.

Donc aujourd’hui, si le Président veut se faire réelire, il en a le droit, comme n’importe quel autre citoyen qui remplirait les conditions stipulées dans la constitution.  Et tout ceci ne devrait  pas nécessiter tant de mises en scène.

C’est pour cela que toutes ces apparitions télévisées, de tel ou tel groupe de la population, suppliant le Président de  continuer à diriger le pays,  n’ont pas lieu d’être et ressemblent un peu à des mascarades,  et croyez-moi, les Djiboutiens ne sont pas dupes. Elles dérangent tout le monde et surtout elles ont l’air d’être ce qu’elles sont, un peu tripatouillées, en tout cas, c’est l’impression qu’elles donnent. Elles sont contreproductives,   cette stratégie n’est pas  judicieuse.

Ceux qui  orchestrent ce tapage médiatique sont entrain d’envoyer des messages un peu brouillés à la population. Le Président n’a pas  besoin  de la bénédiction de la population  pour se représenter. La constitution l’y autorise, et puisque nous sommes un Etat de droit, c’est suffisant.

Le jour venu. une simple déclaration, à mon avis suffira, et une campagne basée sur un bilan qui est respectable, selon une grande majorité de Djiboutiens. Evidemment, il y a des dossiers qui fâchent, le Président a encore une année pour envoyer des signaux encourageants aux Djiboutiens, il en a les moyens. Et surtout, il a en face de lui, pour l’instant, une population qui a le pardon facile.

S’il se représente, le Président aura besoin de la population, pour leurs voix qu’ils accepteront de lui donner une quatrième fois ou pas. Il aura besoin de leur confiance, auront-ils envie de lui confier les rênes du pays  encore une fois ou pas ?

Le président peut profiter de la dislocation de l’opposition, et  pour l’instant à moins d’un deus ex machina, il n’a rien à craindre de ce côté. Il peut toujours dire qu’il est l’alternative au vide sidéral de notre paysage politique.

Il peut promettre de procéder à tous ces changements auxquels on aspire, nous l’avons fait savoir lors des deux dernières échéances électorales et les réponses que nous avons reçues  n’ont pas été à la hauteur de nos espérances.

Certains disent que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.  Il faut dire qu’on est désabusé, désorientés, déçus, mais nous sommes djiboutiens, et l’optimisme est une seconde nature

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Imagine

Posté par kahasane le 23 avril 2015

On rêve tous d’alternance, de changement, mais finalement, est qu’on y est prêt ? quel changement veut-on ? Radical ? Parce que nous risquons de déchanter très vite ; Nous avons pris  de plus en plus habitude  de vivre dans une sorte d’anarchie, donc comment redresser la barre ? Imaginons un instant qu’une autre équipe arrive au pouvoir,  une équipe sevère et rigoureuse, et qui voudrait remettre le pays aux normes internationales.

Cela sera difficile à s’y habituer.

Imaginons  qu’une opération similaire à celle de l’année dernière voit le jour, mais plus constante, moins médiatique et plus réaliste, et qu’on se mette à rehabiliter tous ces quartiers, imaginez qu’on dise aux habitantes de ne plus jeter des détritus devant leur porte sous peine d’amende ou de ne plus laisser l’eau couler de leur maison vers la rue, créant de petits ruisseaux qui, au fil des jours, changent  tellement de couleurss que toutes les nuances  de l’arc-en-ciel ont leur chance d’y figurer ? Et que cette amende soit effective, et que si elle n’est pas payée, il y ait une astreinte, que ce nouveau gouvernement, pour éviter, toute intervention, embauche des indiens,  chargés du recouvrement, et que cet argent ainsi récolte au lieu de repartir dans les poches des responsables du projet, soit réutilisé pour réhabiliter les quartiers, leurs canalisation, pour  planter des arbres, créer des petites aires de jeux, je rêve, oui mais en même temps, rêver est tout ce qui nous reste.

Imaginons que ce nouveau gouvernement, décidément, inhumain, décide de donner  des  amendes, à tous les mauvais conducteurs, à ceux qui se garent n’importe comment, et n’importe où, qui brûlent les feux rouges, que cette amende soit exigée,  que la voiture du contrevenant serait saisie en cas de non-execution , et que cet argent soit réutilisé pour rehausser le salaire de de nos policiers qui ne seraient plus obligés de s’adonner à des pratiques plus néfastes.

Imaginez que l’autre partie de cet argent soit utilisé pour installer des radars, qui flasheraient tous les contrevenants au code de la route, que tout le monde soit obligé de payer, sans exception, des amendes, proportionnelles aux infractions.

Imaginez que ce gouvernement, nomme un ministre de l’éducation compétent, qui lui-même nomme des directeurs compétents, des technocrates compétents, que la pédagogie redevienne au centre, imaginez qu’on éxige de tout le monde un travail visible, des manuels destinés à apprendre quelque chose aux élèves, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Que la qualité revienne au cœur, que la sérénité revienne  et que les caméras disparaissent,

Imaginez qu’on puisse renvoyer les gens, toute personne qui ne donne pas satisfaction dans son travail, après avertissements, peu importe le nombre d’enfants et les personnes  à charge, sans céder à l’arbitraire non plus,

Imaginez qu’on charge les élèves de la propreté de leur  établissement,

Imaginez qu’on autorise le personnel d’encadrement à faire des visites impromptues, qu’on exige des professeurs des classeurs avec des fiches mises à jour, une envie de transmettre, qu’on exige d’avoir des professeurs qui se posent des questions telles que ais-je motivé mes élèves, qu’ont-il appris aujourd’hui? dans la plupart des cas, nous avons des gardiens de  classes, malgré tout le matraquage médiatique, rien n’a changé, fondamentalement.

Imaginez que la justice tout d’un coup ne relâche plus des délinquants, sous pretexte, que leurs familles ont le bras long, que les procureurs puissent rendre des comptes, que les interventions se raréfient, le monde n’étant pas parfait, qu’elles ne soient plus systématiques,

Imaginez que les grandes entreprises publiques voulant devenir compétitives dans la région, commencent à fonctionner normalement, en n’embauchant que les meilleurs, à quelques exceptions près, et que ces directeurs au lieu de rester ad vitae aternam, puissent être congédiés en cas de mauvaise gestion, mais aussi remerciés avec des bonus en cas de gestion efficace, le bâton et la carotte en quelque sorte. Pour l’instant nous n’avons vu que la carotte,

 

Imaginez que les Ministres, aient un salaire, si élevé soit-il, mais un salaire, fixe, et  puissent vivre normalement,   que des objectifs leurs soient fixés, et qu’i ils puissent être démis en cas d’echec.

Imaginez qu’on leur demande, une déclaration de revenus, à leur entrée en fonction,

Imaginez  que ce nouveau gouvernement soit intraitable sur la corruption, mais alors intraitable, quitte à envoyer en prison, toute personne coupable,  oui je sais je pousse le rêve un peu loin,

Imaginez qu’il n’y ait plus de gens surpuissants, des barons, des gens contre lesquels on ne peut rien et qui font que ce pays quelquefois ne soit plus un état de droit, que nul ne soit au dessus de lois,

Imaginez qu’on revienne au respect de la hiérarchie,

Imaginez que les emplois fictifs disparaissent, ces gens qui touchent des salaires pour un travail qui n’existe pas, si tout travail mérite salaire, tout salaire devrait mériter un travail,

Imaginez qu’on devienne un pays normal, avec des lois, respectées par un grand nombre,

Imaginez que tout ceci soit mis en œuvre, on ne comprendrait pas, on deviendrait comme ces pays  un peu tristes, je serai obligée de me garer à un KM de mon magasin préféré, au lieu de me mettre en triple file, je n’accepterai jamais. Les règles, les lois, le travail, tous ces mots rébarbatifs dont j’ai oubliés le sens, et qui viendraient se glisser dans mon quotidien et me pourriraient la vie, je n’y suis pas prête.

On nous enlèverait tout ce qui fait notre charme, notre spécificité, notre exception culturelle, et nous n’y sommes pas prêts.

Je crois même qu’on serait au bord de la révolution, et on exigerai très vite que les choses reviennent à la normale, ou l’anormal, enfin, je me comprend.

 

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Cher pays

Posté par kahasane le 26 février 2015

Je suis toujours étonnée du discours lénifiant de mes compatriotes de l’étranger, qui dès qu’ils reviennent , sont éblouis par le pays, et les soi-disant progrès   que nous avons atteints. Ils disent « le Président a accompli un travail titanesque »et ils nous demandent de nous rappeler de tout ce qui a été construit, et des projets en cours, comment le pays est un havre de paix,  (hormis le malheureux épisode de Mai 2014), et c’est vrai, nous ne pouvons dire le contraire.

Ils nous disent que nous avons beaucoup de chance, dans un monde tellement tourmenté, d’avoir cette vie paisible.

On ne voit pas tout cela, on leur parle du parti unique, du manque d’alternance,  ils nous demandent à quoi sert une opposition, ce sont juste des gens qui veulent être au pouvoir, pour refaire les mêmes choses, ils nous exhortent à arrêter de poursuivre des chimères,  on leur dit  que rien ne marche dans l’administration, ils nous disent que, c’est à cause de nous, que c’est le travail de tout un chacun, d’être responsable.

Ils nous sortent le couplet de la paix, et à quel point elle est cruciale, ils voient tous ces magasins remplis, les voitures, une ville qui selon eux, se développe à une vitesse incroyable, les petites cités qui ont éclos, tous ces immeubles neufs dans le centre, une ville qui embellit à vue d’œil, etc.

Ils nous parlent de tous ces chantiers, créateurs d’emploi, on leur dit qu’ils sont créateurs aussi de corruption, mais ils nous disent  de nous réveiller, cette gangrène touche tous les pays du monde, un autre gouvernement en serait aussi touché et comble du cynisme, nous disent qu’elle aussi, crée de l’emploi, eh oui, le secteur du bâtiment, par exemple, je crois que cette dernière partie était surtout ironique.

On ne sait plus quoi penser, on se demande s’il faut partir, pour apprécier ce pays, on leur dit, vous allez voir, vous allez déchanter, quand vous aurez à renouveler votre acte de naissance, votre passeport, ou essayerez de  faire construire une maison,  et que vous trouverez des bureaux vides, ils nous disent que ce n’est rien, que ce sont des tares qui frappent toute l’Afrique et une partie de l’Asie et qu’il ne faut pas croire, que c’est parce qu’Ali ou Hassan ou qui sais-je encore remplacera l’actuel Président, que les choses deviendront tout d’un coup, rose, on leur dit que c’est l’impunité qui rend ces gens aussi improductifs, ils nous rétorquent que  le libre-arbitre existe, on leur dit beaucoup de choses, on prend des exemples, mais ils s’en tiennent à leur vision, idyllique et optimiste des chose.

Ils nous parlent de l’éducation,  et de tout ce qu’on voit à la télé, ces enfants qui travaillent sur des tablettes? on leur dit que c’est de la poudre aux yeux, ils ne sont pas convaincus, on se rend compte qu’une certaine guerre de la communication a été gagnée.

Ils nous parlent des infrastructures,  de cette population, qui sort, qui a des loisirs, on leur dit  que dans les quartiers périphériques, les gens sont toujours aussi pauvres.

Ils nous disent que la mobilité sociale existe, que le pays absorbe, qu’à cause de l’immigration effrénée, il y aura toujours une population nouvellement installée, avec des ressources limitées,  mais aussi des gens qui resteront sur le bord de la route,  qu’il en va ainsi, partout dans le monde.

On est à court d’arguments, on leur donne quelques mois pour voir ce qu’on voit.

Peut-être qu’ils ont raison finalement, ou peut-être pas, je suis perdue, doit-on juste se contenter de ce qu’on a ? Doit-on oublier tout ce qu’on peut avoir, doit-on vivre dans le déni, en se disant, qu’on est bien ? Peut-on taire ses aspirations ? Je ne sais pas, je suis perdue.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

RPP, pour toujours

Posté par kahasane le 12 février 2015

Le RPP renoue avec ces pratiques ancestrales qui ont fait son succès,  si on peut parler de succès, les tournées des quartiers ont commencé, avec les vedettes du parti. Ces vedettes ne font plus recette, elles sont malmenées, huées, mais les cadres du parti, en situation de déni total, s’en foutent, et mettent tout cela sur le dos d’une manipulation des parties de l’opposition. C’est bizarre, quand on sait que ces parties ont volé en éclats. Ils ne sont plus une menace, pour personne, mais c’est bien de se faire peur, sinon le jeu n’en vaudrait pas la chandelle.

Les promesses recommencent, les jeunes désabusés, entre colère et  déception,  regardent passer ces dinosaures, ils les ont tellement vus passer, ils savent que même leur colère ne fait plus peur.

Les bonnes femmes, militantes, il y a en quelques unes dans chaque quartier, font le tour des maisons, pour faire sortir ces figurants, destinés à remplir les stades, j’entendais l’une d’elle, dire, l’air de rien, que les bouteilles d’eau et les T-shirts étaient prêts et  quelques milliers de francs pour les chefs de file. Cette femme dont je parle, a obtenu un travail pour chacun de ses enfants, et pour elle-même un petit boulot quelque part,  comme quoi, haranguer les foules, ce n’est pas gratuit,  elle n’a pas d’états d’âme pour ces jeunes chômeurs, qui se disent, que peut-être cette fois-ci ils auront quelque chose en retour, en plus de la bouteille d’eau, des T-shirts, et des quelques milliers de francs,

 

Le RPP a usé de ces pratiques jusqu’à l’os mais bon, elles leurs ont été bénéfiques toutes ces décennies,  donc pourquoi se prendre la tête, à trouver d’autres formules? Ce parti est détesté, honni par une grande majorité de la population Djiboutienne, plus personne ne lui fait confiance, mais qui s’en soucie?

Le chômage endémique, la santé qui n’est plus, l’école de la république désertée par tous ceux  qui ont un revenu décent, l’administration paralysée, la corruption, on est même à court d’adjectifs pour la qualifier, tout cela ne changera pas,  ceux qui ont cru à une opposition pouvant prendre la relève, ne savent plus à quel saint se vouer, celle-ci s’étant jetée dans les bras du RPP, sans beaucoup de contrepartie.

Les vendeurs de khat se pourlèchent déjà les babines, l’année sera faste pour eux, tout va pour le mieux dans le meilleurs du monde

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Absurde

Posté par kahasane le 2 février 2015

Qu’est ce qui se passe dans la tête de cet homme ? Nous regarde-il en se demandant pourquoi nous sommes si lâches?

Nous pousse-t-il dans nos derniers retranchements ?

Joue t il avec nous ?

Se demande t il à qui il va décerner la palme de la  lâcheté ?

Se demande t-il avec effroi si le pays est composé de ces hommes et femmes qui sont là, anesthésiés ?  Sans un seul homme ou femme  pour se lever et dire  « c’est fini », j’en ai fini, tout ceci doit prendre fin, Jeter l’éponge et passer à autre chose, la vie ne s’arrêtera pas.

L’absurde c’est bien dans les romans ou pièces de théâtre, Becket, Ionesco, mais le vivre tous les jours, non. je suis   en désarroi face à un pays que je  comprends de moins en moins, des dirigeants qui s’éloignent de plus en plus, tournant le dos à nos préoccupations quotidiennes, une population de plus en plus détachée, se complaisant dans la médiocrité totale, et n’ayant plus d’autre recours, que de se plaindre entre 4 murs,

Toute chose  a un seuil d’acceptabilité,

On peut se demander  quels crimes expie-t-ton pour vivre tout cela, pour se sentir si dépassé, d’ailleurs pourquoi ?

Commençons déjà à nous poser des questions, le reste suivra.

« Un jour seulement, le “ pourquoi ” s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement. » Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Réconciliation

Posté par kahasane le 1 janvier 2015

Cette réconciliation nationale,  ce fut un beau cadeau de fin d’année,  la crise politique est passée, en même temps, finalement elle ne nous pesait pas vraiment, je veux dire, nous les citoyens ordinaires, on menait notre petite tranquille,  et quelquefois nous avions des pensées sympathiques pour tous ceux qui passaient des moments difficile mais sans plus.

Le gouvernement non plus ne paraissait pas sous tension,  mais en parlant  de crise, et d’après-crise, on a l’impression d’être dans un pays où il y a une vie politique.

La crise est passée, et c’est agréable  de voir toutes ces accolades,  les voir tous dans ce palais du Peuple,  applaudissant aux discours des uns et des autres, on s’en réjouit. D’ailleurs, c’est le sujet de conversation favori, en même temps, sans grande passion.

La crise est donc passée, l’accord est signé,  l’opposition a fait preuve de souplesse, elle a fait beaucoup de concessions, on l’a eue à l’usure, elle a donc cédé, en n’obtenant pas toutes ses revendications et surtout les plus importantes,  mais elle dit qu’elle l’a fait pour l’intérêt général et pour préserver la paix, et c’est tant mieux, aux yeux du monde, nous sommes un peuple pacifique. Il est préférable d’avancer ainsi à petit pas. Et sur ce point, nous sommes tous d’accord.

Aujourd’hui nos compatriotes se demandent juste ce qui va réellement changer, ces députés, qui vont faire leur entrée dans l’assemblée, vont-il peser sur l’échiquier, va-t-on avoir des ministres issus de cette opposition, si oui, seront-ils différents, de ceux qui sont là, où vont-ils juste, se rattraper et prendre leur part du gâteau ?

Vont-ils introduire, petit à petit, des idéaux qui nous font défaut ? Va-t-on gagner en transparence ? La gangrène de notre pays, la corruption, celle qui freine tout développement, vont-ils s’y attaquer, vont-il exiger la  création d’une entité luttant contre cela ?

Verrons-nous à la télévision, des membres de l’opposition, interpeller le gouvernement et lui demander des comptes, sur tel ou tel dossier ? Ou serons-nous, nous, le peuple djiboutien, le dindon de la farce ? On verra, L’assemblée nationale va-t-elle devenir un endroit où il y a des vrais débats ou aurons-nous juste un groupe de gens, toujours souriants et toujours d’accord ? Les avis sont partagés, et beaucoup de nos compatriotes  pensent que les vrais perdants, ce sont eux.  Ce sont eux qu’on a bercés avec des faux espoirs et qu’on vient peut-être de lâcher.

Mais  c’est la nouvelle année, restons optimistes, donnons à tous ces efforts,  consentis de part et d’autre, une chance et essayons d’y croire.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

12345...11
 

Lechoixdelasimplicite |
Enchemin11 |
Que permet l'environne... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Changersavie
| Lapilulerouge
| Petiteppsblog