Obsessions

Posté par kahasane le 25 décembre 2014

 

Certains responsables sont friands de la feuille de présence. Je suis d’accord avec son utilité, car autrement, peu de personnes se présenteraient à leur travail. Mais cette pratique quelquefois atteint des proportions qui frisent le ridicule. Cette traque des absentéistes et retardataires devient quelquefois une fin en soi.

Dans certains services, les responsables chargés de surveiller les allers-retours des employés sont nombreux, l’énergie et les ressources mises en place  pour cette surveillance, importantes.

On tient   des réunions le matin pour trouver des nouvelles stratégies et coincer tout ce beau monde si fuyant. Des recherches sont  faites, des gens passent des   nuits blanches pour trouver des moyens efficaces  pour retenir  au bureau ces employés volatiles  Dans un service où j’ai travaillé, à une époque, on décida de mettre une feuille d’émargement, tout le monde le matin, devait la signer. Le premier jour, les employés arrivèrent, et le premier qui signa mit le stylo dans sa poche. Ceux qui vinrent après, virent la feuille, et pas de stylo, et continuèrent leur chemin.

Le chef vint :

« une seule personne a signé, pourquoi ? »

« Parce qu’il n’y avait pas de stylo ».

Le stylo fut un problème, sans stylo, comment signer ?Un des chefs chargés de cette tâche, un des   plus virulents, s’arracha les cheveux devant tant de mauvaise foi. Mais l’excuse était imparable. Il acheta un stylo avec  un support collé à la table sur laquelle était posée la feuille d’émargement.

Le problème du stylo résolu, un autre surgit, En effet, quelques temps après, des espions à la solde du chef rapportèrent que certains employés ne venaient que le matin pour signer et repartaient tout de suite après.

Dans le bureau du chef, des réunions se tinrent pour trouver une solution à cette dernière preuve de malhonnêteté de ces employés décidément fatigants. 

Je me retrouvais un jour par hasard, au milieu de ce think tank des ressources humaines, ces personnes me firent part de leurs inquiétudes et de toutes les récentes découvertes quant à la duplicité de ce personnel ingérable. Je restai un moment, me prenant au jeu  et essayant de trouver un moyen de contrer mes collègues.

Quelques temps après, nous apprîmes qu’une deuxième feuille allait être mise à 13h55 pour que tout le personnel puisse revenir signer. Ainsi il sera bien obligé de rester jusqu’à la fin de l’heure.

Dans ce couloir, où était placée la table sur laquelle on avait mis la feuille d’émargement, les employés commencèrent à s’y réunir dès 13h40 pour attendre l’arrivée de la feuille, qu’une jeune fille spécialement embauchée pour cette tâche, apportait à 13H55.

Ce furent  des moments conviviaux, les employés qui ne se voyaient presque jamais, purent bavarder, s’enquérir de la santé de chacun, de celle des enfants. On venait de plus en plus tôt, pour  ces moments de retrouvailles.

Une fois, j’ai vu un collègue, installé dans les escaliers, menant au couloir où était la table sur laquelle devait trôner cette fameuse feuille. Il n’était que 13H30, et quand je lui demandais ce qu’il faisait assis sur ces marches, il me dit qu’il l’attendait. On dirait que le but de notre présence, au delà de tout travail que nous devions produire, n’était que  la signature de cette feuille. D’ailleurs, la plupart du temps, la conversation ne commençait que par ces mots « as-tu signé ce matin ?».

De toutes façons, l’attroupement qui se formait autour de la table, dès 13h45, ne dérangeait pas les chefs, des discussions bon enfant s’engageaient, et Mr D,  le  Directeur  du Personnel, en voyant tous ces gens, souriaient, car il se disait qu’il avait réussi à retenir tout ce monde,  jusqu’à l’heure voulue Après, s’ils restaient autour de la table, même toute la journée, n’avait aucune importance.

Et puis au bout de quelques temps, M. D. apprit que certains employés venaient le matin pour signer la feuille d’arrivée et ne revenaient que vers 13 h 40 pour signer la feuille de départ.

La situation devenait difficile, les solutions les plus radicales ne semblaient donner aucun résultat. Comment retenir les employés au bureau ? Mettre une feuille de mi-journée, de quart de journée s’il le fallait ? Cette nouvelle règle s’instaura. Les gens venaient, attendaient pour signer, s’arrêtait quelques instants pour bavarder avec des collègues, retournaient quelques instants dans leur bureaux et revenaient pour signer la feuille de présence de quart de journée. Une personne de plus fut embauchée pour traiter ces fiches. Dans le couloir,  les gens se  croisaient et se recroisaient.

Monsieur D… qui n’était pas totalement idiot voyait qu’il y avait quelque chose qui n’allait mais il ne savait pas quoi. Son obsession était ‘comment retenir ces employés dans leur bureau». Il n’avait jamais pensé qu’en  leur donnant du travail, peut-être trouverait-on la solution.

 

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Les nouveaux couples

Posté par kahasane le 20 décembre 2014

Je suis toujours triste d’entendre une jeune femme, me dire «  je vais préparer le dîner de mon mari », souvent ces femmes ont un travail, aussi important que celui dudit mari, ont le même parcours universitaire et professionnel que lui, la même dure journée, mais les tâches ménagères, c’est toujours elles qui vont se les coltiner. A-t-on fait tout ce chemin, pour  un dîner qu’on s’empressera de préparer ?

Le personnel de maison étant de plus en plus évanescent, je vois ici et là des jeunes femmes se diriger tout naturellement vers la cuisine quand Monsieur lui attend tranquillement au salon,  alors que tous les deux   reviennent du travail,

Tout récemment encore, je voyais une jeune femme récemment mariée, complètement affolée : son mari n’avait plus de chemise repassée ! Je me suis demandé si on avait coupé les mains de ce jeune homme ? Son épouse, diplômée, un bon poste, apparemment quitte son travail très tôt (elle travaille à DJIBTELECOM et donc  n’a pas grand-chose à faire) pour faire la cuisine, dresser la table et quand monsieur rentre, il n’a qu’à se mettre à table, se glisser dans les vêtements fraîchement repassés et peut ainsi sortir pour une partie de khat bien méritée, et cette jeune superwoman, pourra faire une sieste avant de se remettre aux fourneaux pour le dîner. Elle m’avait glissé en substance qu’elle s’était réveillée  très tôt pour le petit déjeuner.

Pour le jeune marié, bonne ou pas bonne, sa table est toujours garnie, ses vêtements toujours prêts et son épouse, souriante par-dessus le marché.

Il est vrai que  les jeunes couples de maintenant ont moins de chance que leurs aînés, le personnel de maison se raréfie et les petites cousines de la campagne qu’on avait toujours sous la main n’existent plus. Ils n’ont qu’à compter sur eux-mêmes pour les tâches ménagères et c’est donc l’épouse qui fait office de femme de ménage, le jeune homme ne voulant changer aucune de ces bonnes habitudes.

Les Djiboutiens sont tellement dorlotés à la maison, par leur mère, leur femme de ménage, leurs sœurs, que quand ils se marient, ils s’attendent que leur vie maritale ne soit qu’un prolongement de leur précédente vie. Que sa jeune épouse prenne le relais et le sert pendant qu’il a les pieds sur la table, entrain de zapper la télévision ne lui paraitra pas anormal. Ce qui est assez déroutant, c’est que ces jeunes hommes recherchent de plus en plus des femmes éduquées, qui ont un travail, car ils savent qu’elles l’aideront dans la réalisation de beaucoup de projets (achat de voitures, ou de maisons, vacances etc,) ? En somme, ces jeunes hommes  veulent tout et la plupart d’entre eux l’ont.

Evidemment, celle qui refusera de se sacrifier à ces rituels d’un autre âge, se verra affabuler de tous les noms, et si une rupture arrive à cause de ce refus, la faute n’en incombera qu’à elle. Les femmes seront les plus sévères à la juger.

Ne nous méprenons pas, nous savons tous que dans toutes les sociétés, quel que soit leur degré de développement, les femmes ont plus de corvées que les hommes, feront certainement plus souvent la cuisine, se réveilleront plus pour l’enfant malade, au milieu de la nuit, et feront beaucoup plus de choses, à la maison, d’une façon naturelle. Mais l’aide masculine si minime soit-elle,  est là. Chez nous, il n’en est pas question.

Je ne blâme pas ces hommes, ce sont les jeunes épouses que je ne comprends pas.  De quel enfer les ont libérées ces hommes pour qu’elles acceptent d’être à leur service ? Qui a dit que le mariage était une histoire de servitude ? Ces femmes se livrent elles même pieds et poings liés. Pourquoi s’enferment-elles dans  autant d’obligations ?

Pourtant les jeunes filles sont de plus en plus ambitieuses. A l’école, elles travaillent autant que les garçons, même mieux, elles sont souvent en tête, au bac, elles vont de plus en plus à l’université, veulent faire des métiers de plus en plus intéressants, aspirent à devenir médecins, ingénieur,  cadres supérieurs dans les banques ou entreprises, elles n’ont pas fait tout cela pour n’être jugées que sur leur capacité à servir à leur mari un bon dîner, c’est le discours que j’entends de la part de beaucoup de femmes, pourtant éduquées « c’est toujours à la femme de se lever et de servir son mari »

Parlez de complicité, de compréhension, de tendresse, de tant de choses qui font un bon couple, et enlevez moi ce « je dois faire le dîner de mon mari » , ne le faites que quand vous en avez envie, mais n’en faites pas une obligation.

 

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La troisième voie

Posté par kahasane le 11 décembre 2014

 

 

Nous sommes nombreux à ne pas être satisfaits de la manière dont  les choses vont à Djibouti.

Nous sommes insatisfaits de la corruption ambiante.

Nous sommes insatisfaits du tribalisme décomplexé, qui paralyse nos services,

Nous sommes insatisfaits de notre administration centrale, morte. Essayez de construire une maison à Djibouti et vous verrez comme vous serez promené de service en service, les TP doivent vous délivrer un permis, mais quand vous allez là bas,  généralement vous ne trouvez personne, partout où on va, si on n’a pas d’amis ou de proches on risque de tourner en rond pendant longtemps.

Vous voulez branchez l’eau, l’ONEAD ne fait plus de branchement et se contente de vous donner le compteur. Le reste est à votre charge.

Allez au district, si vous avez perdu votre carte grise et vous serez effaré.

Un extrait de naissance à la population, n’en parlons pas.

Vous allez à l’un des arrondissements, l’employé vous dira qu’il faut payer pour l’enlèvement des ordures mais comme il n’a pas envie de vous embêter avec la paperasse, il faut juste lui donner la dou’a, (terme consacré pour la petite corruption) à lui et à son copain, ledit copain, à moitié endormi, fera un signe indiquant qu’il est de la partie. Vous le paierez sinon il sera là tous les matins et  viendra menacer les ouvriers à qui il demandera d’arrêter les travaux toutes les heures ; si vous demandez le document légal, il n’a aucun intérêt à vous le délivrer . Comme on est tous pour la facilité, on paiera pour avoir la paix.

Si vous vous plaignez, cela n’aboutira nulle part et en plus vous serez vu comme l’ empêcheur de tourner rond.

D’ailleurs tout le monde vous conseillera de payer les deux loubards pour en finir au plus vite.

L’éducation, on a beaucoup écrit, on est en train de satisfaire une tribu pour mettre en colère plusieurs autres, on est en train de dégoûter du travail tous les fonctionnaires d’un ministère, on est entrain de foutre en l’air l’avenir de générations entières.

La santé, on a tellement déserté l’hôpital public, qu’on s’est jeté dans les bras des hôpitaux privés tel qu’Al Rahma, où la femme de ménage, deux mois après est promue infirmière et s’y prend à plusieurs fois avant de vous faire une piqûre,  on y va parce que l’endroit est propre, mais c’est une arnaque légalisée,

Tout ceci et plus encore, tant d’autres choses, qui nous touchent, parce que nous  voyons un pays que nous  aimons s’enfoncer de plus en plus et partir à la dérive.

Pourtant, on voit d’un autre côté les efforts qui sont faits, on voit quelques progrès, on voit que la mobilité sociale existe, on voit l’émergence d’une classe moyenne, la plus durement touchée, mais qui survit, qui consomme,

On construit, il suffit d’aller dans les  quincailleries de l’avenue 13, elles sont pleines. Les restaurants sont pleins, les Djiboutiens essaient de survivre dans cette anarchie institutionnelle.

Jusqu’à l’attentat tragique, survenu en Mai, Djibouti était l’un des pays les sûrs plus au monde et les étrangers se promènaient un peu partout et dans les endroits les plus improbables.

Mais il faut reconnaître que les choses sont loin d’être comme  elles devraient être et malgré notre apparente indifférence, nous sommes très peu à être satisfaits. Même ceux pour lesquels ce système est favorable admettent que tout va mal, loin des oreilles indiscrètes.

Certains d’entre nous, ont cru, un bref instant, entrevoir chez l’ opposition un espoir, mais celui-ci s’est effondré quand on a vu que le seul but recherché était l’alternance tribale, le changement dans la continuité, nous voulons notre part du gâteau, il n’y pas de raison que ce soit toujours les mêmes, ce sont des arguments qui se tiennent aussi, mais pas satisfaisants pour ceux qui pensent à un projet de société plus ambitieux.

Peut-être est-il temps de penser à une troisième voie, et je crois que beaucoup de nos concitoyens se reconnaîtront dans cette dernière, elle serait composée des gens de la société civile, ne voulant pas faire table rase de ce qui a été fait mais ne voulant pas de cette dégradation lente et programmée de notre pays, ne voulant pas d’une population de plus en plus divisée, voulant une éducation satisfaisante, qui cible la réussite des élèves et l’épanouissement des enseignants, des services de l’état qui fonctionnent, des fonctionnaires qui travaillent, des services de santé, la rigueur dans nos services, une police propre qui commence à s’attaquer au problème de drogues et d’alcool auxquels sont confrontes nos jeunes,  une police à laquelle on devrait demander des résultats, secteur par secteur, la compétence comme seul critère, plutôt que le clientélisme, tant de choses, petites et grandes, réalisables, la réforme de l’administration. Des logements sociaux dignes de ce nom et habitables  ce qui n’est pas le cas.

 

Il est temps que tous ceux qui tiennent à ce pays se mettent autour d’une table et discutent de son devenir, il est temps d’éduquer nos compatriotes à devenir des citoyens responsables, nous n’allons pas  tous nous exiler, il faut bien qu’il en reste.

 

 

 

 

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Ailleurs

Posté par kahasane le 11 décembre 2014

On me parlait d’un pays quelque part en Afrique, certainement, où des choses bizarres se passent

Il parait que les ministres sont cupides

Il parait que les épouses ne le sont pas moins,

Il parait que les mères sont souvent des prête-noms pour des entreprises fictives

Il parait que les belle-mère gèrent des compagnies écrans,

Il parait que la fratrie n’est jamais loin,

Il parait que les choses sont ainsi et le resteront pour longtemps,

Il parait que tout ceci se fait au grand jour,

Il parait que chacun est   maître dans son domaine

Très peu ont une feuille de route,

Aucune obligation de résultat

Il parait que la cohésion est partie s’exiler ailleurs, la cohérence l’a rejointe aussitôt

Il parait qu’il n’y plus d’Etat central,

Il parait que le bien n’est pas l’ennemi du mieux

Quand j’ai entendu cela, j’ai pensé que nous avions de la chance, ceci ne risquait pas d’arriver ici

Nous étions à l’abri de ces prédateurs des temps modernes,

Nous pouvions dormir sur nos deux oreilles, et d’ailleurs j’espère que cette petite histoire n’inspirera personne

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L’ONU et ses agences

Posté par kahasane le 31 octobre 2014

Les Nations Unies font un travail formidable dans le monde, on ne peut le nier, le PAM, le HCR pour les réfugiés et autres déplacés, UNICEF, pour la santé de la mère et de l’enfant mais aussi pour l’éducation, l’Unesco, je ne sais pas trop ce qu’elle fait, cette agence, mais bon la plupart de ces agences ont leur utilité, c’est indéniable. Des millions de gens fuyant de zones de combat ou frappés par des sécheresses mourraient de faim, si des agences telle que le PAM ou le HCR, n’existaient pas. On aurait souhaité que l’ONU règle plus de conflits mais il y a des réalités géopolitiques auxquelles elle n’y peut rien. Les agences onusiennes font un travail dans tellement de domaines qu’on ne peut tous les énumérer. Rien que l’aide de la PAM pour les cantines scolaires favorisant ainsi l’assiduité des enfants des régions rurales est quelque chose d’absolument formidable. Dans certains villages du Kenya, les écoles ne seraient pas ouvertes, si le PAM ne maintenait pas les cantines scolaires. Cette agence aide beaucoup de pays dans ce domaine. Mais il y a un bémol à tout cela.

Cette semaine, le secrétaire générale de l’ONU a fait une visite dans nos régions et, apparemment, n’est pas venu les mains vides. Malheureusement, il ne faut pas trop s’enthousiasmer car ces agences onusiennes ont des frais de fonctionnement tellement exorbitants, qu’une partie de l’aide allouée, repart dans leurs poches.

J’ai souvent entendu dire cela et j’étais assez sceptique mais après avoir assisté à quelques conférences, je me suis rendue compte que ces reproches étaient fondés.

D’abord les conférences. Les agences onusiennes ont le chic de créer des événements, des programmes qui drainent des participants du monde entier. La plupart de ces invités n’apportent pas grand-chose à ces conférences. Quelquefois ces participants diront une phrase durant toute la durée de la conférence. Par contre, Ils vont coûtent cher, en billets d’avion, frais d’hôtels, per diem etc.

Un programme lancé par la FAO, financé par l’Union Européenne  dont l’intitulé était  comment sortir de la pauvreté les éleveurs des pays de l’IGAD, a pendant des années, promené dans toutes ces capitales un nombre incalculable d’experts et de participants. Durant ces conférences, les sommes dépensées en pause-café, voyages, hôtels etc auraient pu sortir de la pauvreté beaucoup d’éleveurs de l’Afrique de l’Est.

Quand ce fut le tour du bureau de la FAO de Djibouti d’accueillir les conférenciers, quelques fonctionnaires du Bureau de Nairobi aussi ont fait le voyage, on ne sait pourquoi, pour aider leurs collègues djiboutiens, disaient-ils. A faire les photocopies et distribuer les feuilles ? Ils furent logés au Kempisky, dans des chambres à 400 dollars la nuit. Entre temps, ils purent faire un peu de tourisme « Le Lac Assal, quelle merveille ! » pouvait-on les entendre dire à l’heure du déjeuner entre deux bouchées de saumon fumé.

Les employés des agences onusiennes aiment le luxe, il faut avoir côtoyé ces gens pour s’en rendre, ce qui est bizarre, étant donné qu’ils interviennent souvent auprès des personnes les plus démunies.

Toutes ces sommes qui partent en fumée sont comptabilisées dans l’aide apportée aux pays en voie de développement ou je ne sais plus appellation on nous colle maintenant. Les experts sont payés au prix fort des rapports que personne ne lit en général et qui finissent leur vie dans des tiroirs. Ces gens, très instruits, connaissent l’existence, des visioconférences, mais les voyages forment l’esprit, n’est-ce pas. Ils tournent tellement qu’ils se reconnaissent, et on peut entendre ici ou là, « Je ne t’ai pas vu à Kampala ? ».

La sémantique est importante, chez ces employés, car quelquefois entre deux programmes, il n’y a qu’une différence de terme.

Chaque haut fonctionnaire trouve en général un programme porteur, qui pendant un an ou deux, fera voyager beaucoup de gens, dans beaucoup de pays, avec beaucoup de per diem et peut-être qu’au final, quelque chose sortira de ce programme, peut-être que la vie de quelques personnes changera. Peut-être que grâce au programme de la FAO, quelques éleveurs nomades auront augmenté leur capacité de résilience face au changement climatique, mais à quel prix ?

 

 

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gouvernance locale

Posté par kahasane le 29 juin 2014

Durant le mois béni du Ramadan, des distributions de vivres ont lieu ou auront lieu, à travers tout le pays. C’est bien, il faut le reconnaitre, beaucoup de nos concitoyens sont dans la misère totale, et il est louable que les pouvoirs publics s’en rappellent.  L’opération en elle-même, on ne peut qu’en dire du bien.

Cependant, les agissements de certains élus locaux chargés de cette opération jettent le discrédit sur les efforts faits pour réconcilier un gouvernement et une population plutôt désenchantée ces derniers temps.  Des scènes de disputes autour de la distribution de vivres seraient évitées si le travail en amont était fait, si les élus locaux procédaient à des recensements réguliers   des familles les plus démunies du quartier ou du village, en se basant sur des critères objectifs. L’élu local ne devrait pas dresser sa propre liste, dans laquelle figure les gens de son choix, qui d’ailleurs ne sont pas forcément dans le besoin. Il faudrait qu’il sache qu’il est l’élu de toute une population.

Chez les élus   des régions de l’intérieur aussi, le cafouillage est avéré, ces personnes sortant de leur apathie comme par magie  dès qu’il y a une distribution de vivres, et là, les tours de passe-passe sont assurés. Beaucoup de familles nécessiteuses se retrouvent ainsi sans leur ration et ce n’est pas juste, surtout quand on sait que la ration se retrouvera quelques jours plus tard  à l’épicerie du coin. Un élu local devrait observer un certain code éthique, et ne devrait pas profiter de ces prérogatives. Mais la politique étant ce qu’elle est, ces élus s’assurent de la fidélité de la petite cour qui les assistera aux prochaines élections et haranguera les foules pour eux, en promettant que la prochaine fois, les choses se passeront mieux.

L’élu qui fait correctement son travail et qui sait pourquoi il est là, devrait connaitre les personnes les plus démunies de son secteur, faire une carte de ladite population, surtout dans les régions, c’est cela le travail de proximité souhaité dans l’esprit de la décentralisation.

Avant la décentralisation, dans les régions de l’intérieur, le pouvoir était entre les mains d’un commissaire,  aujourd’hui d’un côté il y a les élus locaux, d’un autre les préfets de région et les attributions ne sont pas clairement définies, les responsabilités non plus.

Ces responsables devraient peut-être bénéficier des formations qui les aideraient à mieux comprendre leurs tâches, et la mission qui est la leur.  Peut-être  finiraient-ils par acquérir un certain nombre de valeurs morales qui leur font défaut.

la décentralisation a été abordée chez nous d’une façon un peu hâtive et beaucoup de ses aspects les plus positifs, comme le développement local, la lutte contre la pauvreté sont encore en chantier. Ceci n’est pas anormal quand on sait que les pays qui nous devancés ont dû adapter leurs textes plusieurs fois avant de trouver la formule la plus satisfaisante et adéquate pour leur pays.

La décentralisation devrait renforcer la solidarité et contribuer à réduire la pauvreté.  Les élus locaux ne devraient pas être jugés seulement sur leurs capacité à rameuter la troupe en période électorale mais aussi sur des projet menés à bien, des réalisations, quelles qu’elles soient.

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LE RPP

Posté par kahasane le 17 mai 2014

Le RPP est issu de  la LPAI, ce parti qui nous avait portésvers l’indépendance, et c’est pour cette raison que nous avons du mal à couper le cordon ombilical.

Il faut se dire la vérité, ce parti aujourd’hui ne convainc pas, la population s’en est lassée, parce que malgré le chemin parcouru, malgré les acquis louables,  Il ne fait plus recette.

Ce parti a longtemps surfé sur la notoriété de son ancêtre et sur la nostalgie de nos concitoyens,  mais on dirait que les djiboutiens sont las d’être pris en otage par ce passé glorieux. Cela ne suffit plus pour drainer des sympathisants. Aujourd’hui il est plutôt synonyme de clientélisme, cooptation et la rupture avec la base est consommée. Et pourtant pour les élections municipales, législatives ou même présidentielles, on se replie sur cette base. Et c’est là, que ces gens, délaissés, sont à nouveau courtisés. C’est normal, me dira-t-on c’est le jeu politique qui veut cela, nous ne sommes pas les seuls à fonctionner ainsi.

 

Des élections de présidents d’annexe vont avoir lieu bientôt. Le RPP peut limiter les dégâts, en revenant au militantisme de proximité, en donnant une chance à ceux qui œuvrent dans les quartiers, aux côtés de leurs concitoyens. En décidant tout en haut, sans tenir compte des désirs des habitants des quartiers, en imposant des personnalités qu’il choisit, des personnes qui sont peut-être issues des quartiers, mais qui ne sont plus représentatives, qui se sont éloignées des réalités que vivent les gens au quotidien, le RPP continue ses pratiques d’un autre temps. S’éloigner de tout cela serait un gage de bonne volonté pour les habitants des quartiers et redonnerait aux jeunes l’envie  de faire de la politique.

 

Il y a  toujours des défis à relever, la lutte contre la pauvreté, contre le chômage,  pour un meilleur habitat, pour des meilleurs services de voirie, etc, la liste est longue.

Dans chaque quartier, il serait préférable de faire élire un habitant de ce quartier impliqué dans la vie de son quartier,  capable de fédérer les jeunes  touchés par le chômage et ne croyant plus au RPP. Seule une personne ayant ce profil peut réconcilier ces jeunes et la politique et leurs hommes politiques. Souvenez-vous ce qui s’est passé dans un certain quartier et un certain homme politique. Les erreurs du passé, il faudrait les éviter. On se rappelle encore des dernières élections municipales.

Le siège du RPP devrait être aussi un endroit où on discute des problèmes du quartier, une permanence devrait même être tenue par les élus pour répondre à leurs électeurs. Le RPP est en perte de vitesse et la seule façon de renverser cette tendance est de changer les vieilles méthodes Le reproche qui revient souvent dans la bouche de nos compatriotes est qu’ils sont considérés comme des kleenex, jetables, dès qu’on s’en est servi. IL est clair qu’aucun parti politique ne peut satisfaire les desiderata de toute une population, mais si des efforts sont faits pour répondre à certaines doléances, surtout celles qui sont à la portée de tout,  quoi de plus facile que  d’avoir un camion de la  de voirie, qui passerait dans les quartiers ? Aujourd’hui les habitants des quartiers populaires se sont rabattus sur des initiatives personnelles pour régler ces problèmes de stagnation d’eau ou de déchets. Ils payent des gens pour les débarrasser de leurs ordures. Et ces gens  les en débarrassent, certes, mais ne sachant quoi en faire,  les jettent un peu plus loin, le long des rues, des rails, etc.

Tous ces  problèmes pourrissent la vie de nos concitoyens et qui peut mieux les relayer  en haut lieu qu’une personne issue du secteur ?

Dans beaucoup de pays africains le tissu associatif a pallié le manque d’implication de l’état dans certains aspects de la vie des gens, malheureusement ce tissu associatif n’est pas très présent chez nous ;

Le RPP est dans un déni total, en pensant qu’il est encore populaire, il y a certes ceux qui y ont des privilèges qui véhiculent cette idée, mais ce n’est en en aucun cas le cas.

 

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Beaucoup de bruit pour rien

Posté par kahasane le 16 mai 2014

 

Je fais partie de ces gens qui ont beaucoup applaudi la nouvelle administration du Ministère de l’Education et leurs actions,

Je fais partie des gens qui ont pensé que tout était mieux que ces défaillances qui prévalaient depuis quelques temps, tout sauf l’immobilisme du précédent Ministre, bref j’étais euphorique.

Je fais partie de ces gens qui pensaient que la venue d’une nouvelle équipe  vigoureuse, audacieuses, bousculant un peu les vieilles habitudes allait sauver ce ministère,

J’ai fait partie, je l’avoue, de leurs fervents défenseurs ;

J’ai fait partie de ces gens qui ont applaudi certaines mesure phares, le licenciement de ceux qui ont abandonné leur poste, le débusquage de ceux qui pendant des années, s’occupaient de leurs divers commerces, tout en restant salariés, les descentes fracassantes dans certaines écoles devenues des zones de non-droit.

J’ai fait partie de ceux qui ont applaudi certaines actions non déontologiques, conformes à aucune loi, ni texte, je fais partie de ceux qui ont accepté le non-droit pour la bonne cause,

J’ai fait partie de ceux qui ont cru aux discours enflammés, je fais partie de ceux qui ont cru y voir  de la passion, une envie de remettre sur pied une institution chancelante.

Je fais partie de ces gens qui ont applaudi quand on s’est posé des questions sur l’utilisation des fonds de l’ACSES, c’est vrai, je n’accuse personne mais cette opacité n’était pas souhaitable.

J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas très heureux des nominations, mais qui ont tempéré leur déception, en se disant pourquoi pas, si les technocrates éclairés ont laissé cet héritage, pourquoi ne pas donner leur chance à d’autres, moins brillants, moins expérimentés, mais insufflant du sang neuf à cette institution moribonde ;

Je fais partie de ces gens qui ont attendu, pensant que tout ce tintamarre dont tous les djiboutiens se gargarisaient, allait être suivi de quelque chose de plus durable.

Je fais partie de ceux qui ont donc attendu en vain, et qui comme la sœur Anne dans le conte de Barbe-bleu ne voient rien venir à l’horizon.

Je fais partie de ceux qui pensent que la cohérence de la politique éducative qui était déjà mal en point, a fini par se perdre dans les méandres d’un ministère déboussolé, en emportant avec elle, l’efficacité et la continuité , et ce sur  l’ensemble du pays.

Je fais partie de ces gens qui ont compris un peu, tard, je l’avoue, il arrive que notre bon sens se mette en veille,  je reconnais mes torts.

Je fais partie de ces gens qui auraient voulu entendre une seule fois quelqu’un s’inquiéter de l’encadrement des enseignants, de la qualité des enseignements et des manuels scolaires. La qualité de l’enseignant est la chose la plus importante dans le système éducatif ; elle a un impact sur les performances des élèves, et au final, tous nos efforts ne devraient  tendre que vers ce résultat.

Je fais partie de ces gens qui pensent que les résultats scolaires qui baissent, chaque baccalauréat et chaque BEF nous montrent le niveau catastrophique de nos élèves devraient nous alerter sur l’efficacité pédagogique des enseignements fournis, la manière dont ils sont fournis, et tous nos efforts devraient tendre vers le redressement de cette situation et rien d’autre.

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on devrait engager la réflexion autour de ce thème. Il faut se dire la vérité, aujourd’hui un jeune bachelier, ne parle pas français,  et malheureusement aucune autre langue, ils ont du mal à produire une phrase correcte dans leur langue d’instruction, d’ailleurs, c’est bien que la francophonie n’ait pas été célébrée, le français, nous ne le parlons plus. Le bachelier djiboutien a du mal à écrire aussi, il n’a pas de culture générale, pas de notions d’histoire, ni de géographie.

Je fais partie de ces gens qui se demandent où s’inscrit donc la lutte contre l’échec scolaire. Ceux qui ont de l’argent ont fui l’école publique, les autres ont trouvé des solutions à mi-chemin, bourrant leurs enfants dans les écoles de soutien. Les établissements publics qu’on fuit et les privés vers lesquels on se rue ont les mêmes enseignants, il est temps peut-être de se poser des questions.

 

Je fais partie de ces gens qui pensent que   l’essentiel devrait résider  dans l’amélioration des programmes, des collèges et lycées tournés vers la création d’un environnement propice à l’épanouissement  de leurs élèves et travaillant en parfaite harmonie avec les équipes pédagogiques (ce n’est pas un rêve). Ce ne sont pas que des mots mais des choses réalisables. Beaucoup d’enseignants sont encore le maillon faible de l’éducation, un groupe de gens qu’il faut reprendre en main et tout le monde s’entend sur cela (inspecteurs, conseillers pédagogiques et chefs d’établissements). Leur absentéisme chronique, leur manque de sérieux et d’implication et leur peu de rendement sont les éléments qui tirent tout le système vers le bas. Et toutes les descentes fracassantes,  n’ont pas servi à juguler ce phénomène.

Je fais partie de ces gens qui croient que les membres d’une  haute administration devraient prendre le temps de s’asseoir, on ne dirige pas un tel ministère débout, avec des actions au lance pierre qui n’ont que le temps de naître et de mourir sans qu’on ait pu mesurer leur impact.

Je fais partie de ces gens qui ne s’y retrouvent plus dans  ce bouleversement de hiérarchie, dans  ce télescopage des tâches, dans cette anarchie ambiante, je fais partie de ces gens qui cherchent encore des notes de service, de procès-verbaux, de rapports, du courrier, et qui sont un peu perdus dans cette oralité où tout se fait par des coups de fil.

Je fais partie de ces gens qui pensent que le service du personnel chargé de la gestion du personnel devrait s’occuper du personnel, c’est vrai, j’ai parlé plus haut des enseignants mais dans ce groupe, il y a des bons enseignants, ils ont baissé les bras : Dans les collèges et les lycées, la seule punition à laquelle fait face un enseignant laxiste et absentéiste est de se faire muter dans un autre collège où il va ruiner les perspectives de centaines d’autres élèves ou il se verra décharger des classes d’examen. Et c’est le sérieux qui se retrouva surchargé de travail, à sa place.  Les promotions farfelues, faites sur des raisons qu’il ne me parait pas utile d’étaler ici, ont aussi réduit à néant les perspectives d’avenir de beaucoup de gens.

Je fais partie ces gens, toujours optimiste, qui essaient de chercher les quelques bonnes mesures comme une aiguille dans une botte de foin, et qui ont du mal à en trouver, et même s’il y en a eu, comme les évaluations des établissements scolaires, mais qui savent que ces évaluations ne seront utiles que si elles sont exploitées et dans la plus grande équité,

Je fais partie de ces gens qui pensaient qu’il y aurait une réflexion autour de  l’orientation des élèves, que ce ne serait pas juste des services fantômes qu’on ne voit que sur le papier

Je fais partie de ces gens qui voient toujours autant de professeurs dans autant de cours de soutien, délaissant ainsi le travail pour lequel ils sont payés.

.

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on ne devrait pas abandonner les établissements  privés à leur propre sort car une grande partie de nos concitoyens envoient leurs enfants dans des établissements dont personne n’a vraiment le contrôle,

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on  a fait beaucoup de bruit pour rien pour paraphraser Shakespeare, et qu’on n’a réussi qu’à accumuler ressentiment, rancœur, et rages au sein du ministère, que les rares personnes qui avaient un certain amour pour ce métier sont entrain de baisser les bras et regardent  cette vénérable institution qui d’ailleurs commence elle-même à se demander ce qu’elle a bien faire pour mériter autant de calamités, en si peu de temps

Je fais partie de ces gens qui pensent que toutes ces gesticulations ne sont qu’une manière de cacher un profond désarroi, face à l’ampleur de la tâche, ce qui d’ailleurs ne trompe personne.

Je fais partie de ces gens  qui pensaient que nos hauts responsables partageaient cette vision de l’éducation comme tremplin  au développement humain, ces errements constants sont un frein à ce développement.

Je fais partie de ces gens qui se demandent où est passé la stabilité des équipes pédagogiques et éducatives, équipes pédagogiques au-dessus desquelles  est apparemment suspendue une épée de Damoclès dont la seule utilité jusqu’à présent est qu’elle a gelé toute activité chez ces gens, qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés,

Je fais partie de ces gens qui pensent que ce n’est pas en papillonnant d’établissement en établissement qu’on peut faire avancer les choses mais en restant dans son bureau et en exigeant des rapports sur les activités de chacun, chef d’établissement, CP, inspecteurs, chefs de service, etc. La mobilité n’est pas une qualité chez une équipe dirigeante. Je fais partie de ces gens qui pensent qu’il y a longtemps, que l’élève, personnage central du dispositif éducatif, est sorti du champ de vision, de nos responsables,

Je fais partie de ces gens qui doutent de l’impact de toutes ces actions hautement médiatisées. Ces visites impromptues seraient efficaces si les anomalies constatées étaient suivies d’actes.

Je fais partie de ces gens qui trouvent qu’il y a beaucoup de mouvements au ministère, beaucoup de réunions, beaucoup de choses, mais au final, rien n’a changé. Les projets d’établissements sont inexistants, les manuels du centre d’édition sont toujours aussi truffés de fautes et d’approximation et démontre l’amateurisme de ceux chargés de concevoir les programmes.

Je fais partie de ceux qui sont persuadés que la réussite éducative n’est pas l’objectif de cette administration, les initiatives sont en pannes, les parents, grands coupables qu’on ne voit qu’en fin d’année quand leur progéniture se retrouve exclu de leur classe, ne sont jamais concertés. D’ailleurs, il n’y a pas d’association de parents.

Je fais partie de ceux  qui trouvent dommage qu’on ait  préféré la visibilité à l’efficacité,  l’esbroufe à la compétence,

 

Tout ceci sera un jour fini, par contre, je plains tous ceux qui ont participé à cette mascarade sans en être l’auteur, ceux qui se sont prêtés au jeu,  sans en avoir été les instigateurs, ceux qui tel un caméléon, se sont adaptés à la situation, sans que cela les dérange, ceux qui n’ont pas tenu compte du temps qui passe et de la volatilité des choses, ceux-là y laisseront plus de plumes sans avoir vraiment rien gagné.

Je fais partie de ces gens qui n’absolvent  personne, nous sommes tous coupables, nous avons tous failli à notre tâche, les responsabilités sont partagées. Le Ministère de l’Education est un Ministère difficile, très peu de pays sont contents de leur système éducatif, mais il ne faut pas aggraver des situations déjà catastrophiques par de l’amateurisme, en jetant aux orties le peu de professionnalisme qui subsistait encore.

 

Je fais partie de ces gens qui devraient tourner le dos à ce maudit ministère et s’en éloigner.

 

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Délestages

Posté par kahasane le 7 mai 2014

 

Encore une nuit sans sommeil, pour la plupart d’entre nous. On appréhende déjà, les heures chaudes de la journée, entre 13 heures et 15 heures, où tout d’un coup tout deviendra calme autour de nous.  Le ronronnement de la climatisation ne sera plus. On regardera le ventilateur tourner de moins en moins vite, jusqu’à s’arrêter. Et bizarrement on répètera cette sempiternelle remarque, « il y a une coupure ». Cette phrase nous aide à mesurer l’ampleur de la catastrophe, car les coupures sont une catastrophe, dans un pays où il commence à faire déjà 41°.

Cette phrase, rhétorique, met en émoi tout le monde. Ceux qui ont un groupe   font partie des happy few qui  échapperont à  cette calamité. Ceux-là,  ne sont pas heureux non plus, car ils pensent à la facture du carburant ajoutée à celle  de l’ EDD, qui elle ne baissera pas d’un iota. Ces heures de délestages, n’ont aucune incidence, c’est comme si elles tombaient dans une autre dimension

Ces jours-ci nous sommes confrontés à 6 ou 8 heures de coupures quotidiennes. C’est infernal. C’ est désagréables, c’est déstabilisant. Elles nous replongent dans un passé pas si lointain et obscur que nous pensions avoir laissé  derrière nous, mais apparemment le spectre du délestage est encore présent.  Nous avons passé  une décennie d’incertitude énergétique, plantés devons nos télévision, dans l’attente d’une bonne nouvelle.

C’est une crainte constante des djiboutiens, car malheureusement nous sommes plus dépendants que d’autres de l’électricité, dire qu’elle est vitale est même une litote.

Le matin, au bureau, ce ne sont que des yeux rouges, et des gens qui se plaignent.  Si avec l’été  et ses grosses chaleurs, les coupures sont de la partie, notre beau pays deviendra vite invivable, la nervosité se sent dans les gestes et les paroles des gens, la fatigue se lit dans les yeux.  Les conversations ne tournent qu’autour de cela, la ville est au ralenti. La plupart des gens viennent au travail après une nuit blanche, appréhendant déjà, l’après-midi sans sieste qui les attend.

Pour les plus jeunes, ce sont les examens qui approchent, à tous les niveaux, et pour ces étudiants, il n’est jamais facile de réviser sous la chaleur ou même d’avoir cours dans des salles surchauffées, les établissements scolaires n’ayant pas de groupes.

En ville,  les nuisances sonores doublent de volume, car ajouter aux klaxons ininterrompus le grondement de ces groupes que tous les commerçants de la ville font vrombir, ne vous donnent plus envie de mettre le nez dehors.

On ne peut nier les efforts qui ont été faits, et certes, nous avons eu des périodes fastes, presque sans coupures, mais apparemment, ces problèmes d’énergie dans notre pays seront  récurrents,

Les pouvoirs publics  doivent trouver  une solution à ces constantes pannes, cette géothermie, cette énergie solaire, éolienne et autres énergie renouvelable, qu’on n’arrête pas d’évoquer ne devraient pas être juste des spots publicitaires, mais des réalités qui nous permettraient d’éviter ces calamités que sont les pannes. Elles nous permettraient aussi peut-être d’avoir une électricité moins chère.

Les djiboutiens sont d’autant plus en colère que l’EDD, seul fournisseur agrée de cette énergie, pratique, des prix exorbitants, peut-être à raison, mais cela reste lourd dans le budget d’une famille.  Il faut aller un début de mois à cette agence pour voir la désolation et le découragement se lire dans le visage des usagers. Il y a ceux qui viennent payer des grosses sommes, et qui sont en colère, car malgré ces centaines de mille qu’ils déboursent, la climatisation n’est utilisée que parcimonieusement, à la maison.

Il y a ceux qui sont là pour supplier un délai, ceux qui ont été coupés et essaient d’éviter l’amende, sans succès, cette agence est un mur de lamentations, personne n’en sort heureux. Les employés, qui eux, n’ont pas de problèmes de factures, essaient tant bien que mal de trouver des solutions à des situations insolubles. Quelle solution en effet, pour un pays de plus en plus chaux et une électricité, dont malheureusement le prix ne baisse pas ?

Donc ces jours-ci, la frustration est d’autant plus grande, chez les djiboutiens, car après avoir payé leur facture, normal c’est un début de mois, ils rentrent à la maison, et dès 13 heures, la première coupure pointe son nez,  hypothéquant le repos bien mérité et ceci, après une nuit sans sommeil.

 

Souhaitons quand même bon courage à tous ces techniciens qui travaillent sans relâche, pour essayer de limiter les dégats.

 

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Ode à la Femme Djiboutienne

Posté par kahasane le 8 mars 2014

Fortes, les Djiboutiennes l’ont toujours été,

Indépendantes, les Djiboutiennes l’ont toujours été aussi.

Combatives, elle le sont,  face à l’adversité, ne courbant jamais l’échine, bravant leur destin, allant de l’avant ne se laissant pas dépasser par les événements de la vie,

Elles sont  là où on les attend, s’occupant du mari, des enfants et de la famille élargie, elle sont  aussi, là où on ne les attendait pas vraiment, caracolant en tête des examens et concours, (Chaque année, les filles sont les premières à remporter les bourses d’excellence) elles sont  là où on n’avait pas l’habitude de les voir,  dans la sphère politique, on les souhaiterait plus nombreuses, et avec des portefeuilles moins convenus que la Promotion de la Femme ou la Solidarité, mais cela viendra, j’en sûre, Rome ne s’est bâtie en un jour.

Elles sont derrière tous ces destins qu’on admire.  Derrière chaque homme qui réussit il y a  toujours une mère, une épouse, une sœur.

Dans l’adversité et face aux  aléas de la vie, les hommes baissent vite les  bras, un père qui perd son travail, va se recroqueviller à la maison, n’ayant souvent plus d’autres solutions et c’est à ce moment là qu’une mère va surgir, même celle qui a été dorlotée par la vie, même celle qui a été épargnée, va, telle cette Mère Courage, racontée par Bertolt Brecht, cet  écrivain allemand, se muer en vendeuse ambulante, en femme de ménage, en commerçante, peu importe, pourvu que les siens arrivent à vivre. elles sont tout cela, les Djiboutiennes,  comme leurs consoeurs à travers le monde.

C’est dans les épreuves de la vie que leur courage et leur dévouement sont le plus visibles.

Nous les croisons tous les jours, par dizaines, devant les écoles, collèges et lycées, devant toutes les administrations, vendant tellement de choses qu’on ne peut toutes les énumérer, bien établies, ou à la sauvette, sous ce soleil implacable.

D’autres sont là à s’échiner le dos, à ramasser les ordures, que nous jetons sans états d’âmes, dans nos rues, ne pensant pas à celles qui nettoient derrière nous, et auxquelles on ne facilite pas la tâche.

Elles acceptent  n’importe quelle vie de damnée. les métiers les plus improbables pour faire vivre les leurs, leur seule angoisse, c’est le désespoir qu’elles peuvent voir dans les yeux des leurs,

Ce sont elles qui s’accrochent à un enfant qui veut jeter l’éponge, après quelques échecs scolaires,

Ce sont elles qu’on voit autour des écoles, lycées, derrière le pire des cancres, essayant de plaider sa cause auprès de l’administration,

Ce sont elles qui ne veulent jamais abandonner leurs brebis galeuses, ayant toujours l’espoir de les remettre dans le droit chemin,

Ce sont elles qu’on voit au poste de police, derrière un jeune qui vient de faire une bêtise,

Elles sont tenaces, elles sont braves, elles sont garantes de la cohésion de toute une société, elles ont plus de résilience que nos hommes,

Les Djiboutiennes  ne sont  pas vouées à la misère,  quand elle ont  fait des études, et qu’elles deviennent enseignantes, médecins, ou cadres dans l’administration, elles sont souvent plus rentables,  plus sérieuses, plus assidues et plus dévouées au travail, les meilleures écoles et collèges sont ceux dirigés par des femmes, les enseignants dont on loue les qualités sont  souvent des femmes ;

Elles veulent réussir, les Djiboutiennes, il faut les voir à l’université, les matières scientifiques ne les rebutent plus, il n’y a plus de métiers de femmes, même si les hommes s’accrochent à leurs prérogatives, et dans ce combat, elles ne sont pas seules, toutes les femmes du monde sont assujetties aux mêmes injustices.

Dans le combat pour l’indépendance, à l’époque coloniale, certaines ont rejoint le front mais d’autres , ont, chacune à sa manière, participé à la lutte, certaines ont prêté leur voix aux chants les plus patriotiques, haranguant les foules, dans les annexes, elles ont été là.

Les Djiboutiennes sont audacieuses, elles sont souvent du côté de la justice et de la vérité, l’ espoir de voir notre société avancer vers plus d’équité et de morale réside en elles

Elles sont mères et donc pensent souvent à protéger,

Elles sont épouse, et donc restent un soutien indéfectible pour leur conjoint,  elles sont là, pour le meilleur et pour le pire,

Elle sont  filles et cherchent la fierté dans le regard du père.

Elles ne sont  jamais là pour détruire, mais pour construire. Elles voient les choses dans la durée, et s’inquiètent pour les générations futures, le développement durable, elle l’ont toujours eu en elle,

On rend souvent hommage à la femme africaine pour son endurance et son esprit de sacrifice, et il est indéniable que le salut ne viendra que d’elle, Quand tout s’effondre autour d’elle, elle choisit la vie, elle est un hymne à  la vie, à elle seule.

 

 

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